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La myasthénie

Afrique • Juin 2017

restitution des connaissances • 8 points

La myasthénie

La myasthénie est une maladie dont l'un des symptômes est une faiblesse musculaire des membres, caractérisée par une difficulté à la contraction musculaire et une fatigabilité excessive.

Cette maladie résulte d'une réaction immunitaire adaptative à médiation humorale, dépendant d'une coopération avec des lymphocytes T et aboutissant à la production d'anticorps spécifiques dirigés contre les récepteurs post-synaptiques de la synapse neuromusculaire.

 Après avoir décrit la réponse immunitaire aboutissant à la libération d'anticorps, expliquez comment la production d'anticorps spécifiques des récepteurs post-synaptiques rend difficile la contraction musculaire chez un patient atteint de myasthénie.

Votre exposé comportera une introduction, un développement structuré, une conclusion et sera illustré d'un schéma comparant le fonctionnement d'une synapse neuromusculaire d'un individu sain au fonctionnement d'une synapse neuromusculaire d'un patient myasthénique. La sélection des lymphocytes impliqués n'est pas attendue.

Les clés du sujet

Comprendre le sujet

Le sujet porte sur deux parties du programme : la réaction immunitaire adaptative et le fonctionnement de la synapse neuromusculaire.

Généralement, il n'y a pas de réaction immunitaire adaptative contre des molécules du soi. Dans le cas de la myasthénie, qui est une maladie auto-immune, les manifestations de la maladie résultent d'une réaction immunitaire humorale contre des molécules du soi, les récepteurs à l'acétylcholine. Néanmoins, les mécanismes aboutissant à la production d'anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine sont les mêmes que ceux aboutissant à la production et la libération d'anticorps contre des antigènes externes. L'introduction du sujet vous indique d'ailleurs les points à développer.

En ce qui concerne l'action des anticorps, il ne faut pas décrire les modalités de leur action en général. Les consignes du sujet vous demandent de n'exposer que la façon dont les anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine perturbent le fonctionnement des synapses neuromusculaires et, par là, la réponse des muscles aux messages moteurs qu'ils reçoivent.

Mobiliser ses connaissances

L'immunité adaptative assure une action contre des molécules ou des parties de molécules.

Les cellules de l'immunité adaptative, lymphocytes B et T, ne deviennent effectrices qu'après une rencontre avec un antigène grâce aux phénomènes de sélection, d'amplification et de différenciation clonales.

La commande de la contraction musculaire met en jeu le fonctionnement des synapses neuromusculaires.

Corrigé

Introduction

L'entrée d'un antigène dans un organisme entraîne une réponse immunitaire à médiation humorale se traduisant par la production d'anticorps spécifiques.

Généralement, il n'existe pas de réaction immunitaire contre les molécules propres à l'organisme. Mais, dans le cas de certaines maladies, cela peut arriver et conduire à la libération d'anticorps dirigés contre des molécules du soi : les récepteurs à l'acétylcholine (RACh) dans le cas de la myasthénie.

Nous allons exposer dans une première partie les étapes de la réaction immunitaire aboutissant à la formation d'anticorps. Puis, dans un deuxième temps, nous expliquerons comment les anticorps anti-RACh contribuent à l'apparition des symptômes de la myasthénie.

I. La réaction immunitaire à médiation humorale

A. La reconnaissance de l'antigène par des lymphocytes B

Les lymphocytes B reconnaissent les antigènes grâce à des récepteurs, molécules protéiques ancrées dans leur membrane. Ces récepteurs sont des anticorps membranaires. Il existe, avant toute introduction d'antigène, des milliards de clones de lymphocytes B différant par les caractéristiques de leurs anticorps membranaires.

Chaque lymphocyte B possède des milliers de molécules d'anticorps identiques et les lymphocytes B d'un clone possèdent le même type d'anticorps. En revanche, ces anticorps membranaires diffèrent d'un clone à un autre.

Dans les ganglions lymphatiques, l'antigène va être reconnu par des lymphocytes B, mais uniquement par ceux possédant des anticorps membranaires susceptibles de se lier à lui. Cette reconnaissance est donc spécifique : chaque lymphocyte ne reconnaît qu'un antigène bien déterminé.

B. La coopération entre lymphocytes B et lymphocytes T4 et la libération d'anticorps

Les lymphocytes B ayant reconnu l'antigène sont activés par cette reconnaissance, mais cela ne suffit pas pour les amener à se multiplier et se différencier. Ils doivent pour cela recevoir un second signal émis par les lymphocytes T4.

Comme pour les lymphocytes B, il existe des milliards de clones de lymphocytes T4 différant par leurs récepteurs membranaires, chacun reconnaissant un antigène spécifique présenté par une cellule dendritique (CPA).

attention !

Les interleukines sont des protéines non spécifiques, mais seuls réagissent les lymphocytes B ayant reconnu l'antigène car, à la suite de cette reconnaissance, ils ont acquis des récepteurs aux interleukines.

Ces récepteurs membranaires appelés récepteurs T ne sont pas des anticorps membranaires, mais leur spécificité repose sur le même principe que celui des anticorps. Les lymphocytes T4 ayant reconnu l'antigène se multiplient et se différencient en lymphocytes sécréteurs de messagers chimiques : les interleukines.

Dans les ganglions lymphatiques où ont lieu les réactions immunitaires, les interleukines stimulent les lymphocytes B activés (lymphocytes B ayant reconnu l'antigène), qui se multiplient et se différencient en cellules sécrétrices d'anticorps, les plasmocytes. Les anticorps sécrétés par voie sanguine peuvent ainsi atteindre les différents organes du corps.

C. Les anticorps sécrétés et la neutralisation de l'antigène

Les anticorps sécrétés possèdent les mêmes sites de reconnaissance de l'antigène que les anticorps membranaires. Ils sont capables de se lier spécifiquement aux molécules d'antigène qui ont déclenché leur formation.

II. Les anticorps anti-RACh et les symptômes de la myasthénie

A. Le déclenchement normal de la contraction musculaire

La contraction d'un muscle est déclenchée par l'arrivée d'un message nerveux sous forme d'un train de potentiels d'action arrivant à l'extrémité des axones moteurs au niveau des synapses (jonctions) neuromusculaires (figure 1a).

L'extrémité de l'axone constitue l'élément pré-synaptique de la synapse, alors que la membrane plasmique de la fibre musculaire (appelée plaque motrice) située juste en dessous est l'élément post-synaptique. Un espace synaptique sépare les deux éléments de la synapse.

L'extrémité pré-synaptique de l'axone possède des vésicules qui contiennent des molécules d'un neuromédiateur, l'acétylcholine (ACh). L'arrivée d'un potentiel d'action provoque l'exocytose des vésicules pré-synaptiques et la libération des molécules d'acétylcholine dans l'espace synaptique.

Les molécules d'acétylcholine ainsi libérées se fixent alors sur des récepteurs à l'acétylcholine (RACh) situés sur la membrane de la fibre musculaire au niveau de la plaque motrice. Cette liaison acétylcholine-récepteur entraîne la genèse d'un potentiel d'action musculaire qui se propage le long de la fibre musculaire et déclenche sa contraction.

B. Les effets des anticorps anti-RACh sur le fonctionnement de la synapse neuromusculaire

Dans la réaction immunitaire humorale, les anticorps sécrétés possèdent les mêmes sites de reconnaissance de l'antigène que les anticorps membranaires. Ils sont capables de se lier spécifiquement aux molécules d'antigène qui ont déclenché leur formation.

C'est le cas pour les anticorps produits au cours de la réaction immunitaire anti-RACh : les anticorps anti-RACh présents dans l'espace synaptique se fixent par leurs sites de reconnaissance sur les récepteurs à l'acétylcholine. Les récepteurs liés à un anticorps anti-RACh ne peuvent alors plus fixer les molécules d'acétylcholine (figure 1b).

À la suite de l'arrivée d'un message nerveux pré-synaptique à la synapse, le nombre de récepteurs fixant l'acétylcholine est donc réduit, et la fibre musculaire s'en trouve moins stimulée. La fibre musculaire n'émet pas de potentiel d'action musculaire, et ne se contracte donc pas.

Ce processus se produisant au niveau de nombreux muscles est à l'origine des symptômes observés : faiblesse musculaire des membres, fatigabilité excessive, etc.

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Figure 1. Comparaison du fonctionnement de la synapse neuromusculaire : normal (a) ou dans le cas de la myasthénie (b)

Bilan

La réaction immunitaire humorale est basée sur la reconnaissance d'un antigène par un clone de lymphocytes B spécifiques de cet antigène. Cette reconnaissance active les lymphocytes B qui, en collaboration avec les lymphocytes T4, produisent et libèrent des anticorps spécifiques de l'antigène.

Les mécanismes à l'origine de la genèse des lymphocytes B dans les organes lymphoïdes produisent non seulement des lymphocytes capables de reconnaître les antigènes étrangers, mais également des lymphocytes B capables de reconnaître des molécules du soi. Ces derniers sont normalement inactivés ou détruits.

Il arrive que certains clones de ces lymphocytes B auto-réactifs échappent à l'inactivation. Ils peuvent alors déclencher une réaction immunitaire à l'origine d'une maladie auto-immune (production d'anticorps contre une molécule du soi) comme la myasthénie.

Dans le cas de la myasthénie, les anticorps se fixent sur les récepteurs de l'acétylcholine des plaques motrices et perturbent le fonctionnement des synapses neuromusculaires. Cela empêche les muscles squelettiques des membres de fonctionner normalement en réponse à leur stimulation.

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