La participation au commerce international

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Mondialisation et intégration européenne
Type : Dissertation | Année : 2016 | Académie : Polynésie française


Polynésie française • Juin 2016

dissertation • 20 points

La participation au commerce international

La participation au commerce international est-elle toujours avantageuse ?

document 1 Croissance en volume des exportations mondiales de marchandises et du PIB mondial (1950-2013)

sesT_1606_13_00C_01

Source : OMC, 2014.

document 2 Spécialisation commerciale de quelques pays en 2013 : les cinq premiers avantages comparatifs par catégories de biens et services

Allemagne

France

Chine

Brésil

Nigeria

Avantages comparatifs

1

Auto­mobiles, cycles

Aéronautique et espace

Matériel de télécommunication

Minerais de fer

Pétrole brut

2

Machines pour l’industrie

Voyages (tourisme)

Matériel informatique

Produits agricoles comestibles autres que les céréales

Gaz naturel

3

Moteurs

Produits de toilette (parfums…)

Vêtements de bonneterie (chaussettes, lingerie…)

Sucre

Produits agricoles non comestibles

4

Instruments de mesure

Boissons

Cuirs

Viandes et poissons

Produits agricoles comestibles autres que les céréales

5

Quincaillerie

Produits pharmaceutiques

Articles manufacturés divers

Aliments pour animaux

Minerais non ferreux

Source : d’après Profils pays, CEPII 2015.

document 3 Le secteur du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure en France

Production intérieure, importations et consommation des ménages (en milliards d’euros de 2005)

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Source : d’après l’Insee, 2015.

document 4 Droits de douane1 appliqués par l’UE aux importations en 2013 (taux en % du prix des biens importés)

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Source : d’après l’OMC, 2015.

1. Droits de douane : taxes prélevées sur les marchandises importées.

2. La colonne « vêtements » correspond à un type de produit non agricole.

Les clés du sujet

Entrer dans le sujet

Le commerce international recouvre les échanges de biens et de services entre agents économiques résidant dans des pays différents. Au sens large, on parle d’exportations et d’importations de biens et de services.

Dégager la problématique

Il s’agit de montrer que le commerce international présente des avantages, mais qu’il existe également des limites à ces avantages.

Exploiter les documents

Les données du graphique du document 1 mettent en relation la croissance annuelle moyenne en volume des exportations mondiales et la croissance annuelle moyenne du produit intérieur brut (PIB) mondial en volume au cours de la seconde moitié du xxe siècle et jusqu’en 2013. L’évolution durant ces décennies montre qu’une accélération de la croissance des exportations s’accompagne d’une accélération de la croissance économique mondiale. Mais cette corrélation n’est pas vérifiée pour la décennie 1990-2000, pendant laquelle la croissance mondiale s’accélère alors que la croissance des exportations diminue par rapport à la décennie précédente.

Le document 2 compare la spécialisation de différents pays. Parmi ceux-ci, on distingue des pays anciennement industrialisés (France et Allemagne) et des pays émergents (Chine, Brésil et Nigeria). Les premiers, mais aussi la Chine, sont plutôt spécialisés dans des produits manufacturés, et le Brésil et le Nigeria, dans l’extraction de matières premières.

Le document 3 caractérise l’évolution du secteur textile, habillement, cuir et chaussure en France entre 1980 et 2010. Au cours de cette période, la consommation des Français pour ce type de produits a tendance à augmenter. Pourtant, la production baisse régulièrement alors que les importations augmentent.

Le document 4 permet de comparer les droits de douane appliqués par l’Union européenne pour divers produits. On constate que les taux appliqués aux prix des biens importés sont plus élevés pour les produits agricoles que pour les autres produits, sauf pour les vêtements.

Définir le plan

Après avoir analysé les avantages du commerce international pour les économies nationales, vous étudierez les limites de ce commerce.

Corrigé

Corrigé

Introduction

Le commerce international regroupe l’ensemble des échanges internationaux de marchandises entre des agents économiques résidant sur des territoires économiques nationaux différents.

Alors que le commerce international, depuis les années 1990, connaissait une augmentation continue, la crise de 2008 semble avoir mis fin à cette évolution. On peut donc se demander si la participation au commerce international est toujours avantageuse.

Avec Smith et Ricardo, les libéraux insistent sur l’effet positif des échanges internationaux de biens et de services. Pourtant, les bienfaits du commerce international ont des limites.

Nous étudierons les avantages du commerce international puis ses limites.

I. Les avantages du commerce international

1. Théoriquement, le commerce international favorise la croissance

Pour les économistes classiques, les pays doivent se spécialiser dans les productions pour lesquelles ils sont les plus efficients, que ce soit d’une manière absolue pour Smith (théorie des avantages absolus) ou relative pour Ricardo (théorie des avantages relatifs). Pour les économistes néoclassiques, Hecksher, Ohlin et Samuelson, les pays doivent se spécialiser en fonction de leurs dotations relatives en facteurs de production (théorème HOS) : un pays qui dispose relativement de plus de capital doit se spécialiser dans les productions qui demandent relativement plus de capital que de travail. La spécialisation permet des gains de productivité qui favorisent la croissance.

Les faits semblent confirmer l’analyse libérale du commerce international. Par exemple, au cours des années 1960, la croissance annuelle moyenne des exportations mondiales augmente de près d’un point de pourcentage par rapport à celle des années 1950, en parallèle de la croissance annuelle moyenne du PIB mondial, qui augmente également d’un point (document 1). Inversement, lorsque la croissance des exportations baisse, l’augmentation du PIB mondial diminue également. On peut aussi remarquer que la spécialisation des économies nationales correspond à leurs dotations en facteurs de production : l’Allemagne ou la France, relativement plus riches en capital, sont spécialisées dans des productions utilisant du capital ; à l’inverse, la Chine, riche en main-d’œuvre peu coûteuse, est spécialisée dans les productions utilisant relativement plus de travail (document 2).

2. Le commerce international est favorable pour les producteurs et les consommateurs

Comme la théorie économique le suggère, le commerce international incite les producteurs à augmenter leur productivité. Ces gains de productivité peuvent entraîner une baisse des prix améliorant la compétitivité-prix des entreprises. De plus, l’ouverture internationale accroît la taille des marchés, favorisant les économies d’échelle, qui accentuent la baisse des coûts de production. Enfin, une concurrence plus intense au niveau international encourage les innovations afin d’acquérir une plus grande compétitivité hors-prix.

Les consommateurs vont bénéficier de la baisse des prix induite par le commerce international. De plus, les innovations peuvent améliorer la ­qualité des produits ; les échanges internationaux ne sont alors plus seulement fondés sur la spécialisation, car les échanges intrabranches deviennent majoritaires. On échange des produits identiques, mais de qualités différentes : la France produit et exporte des voitures de moyenne gamme alors qu’elle importe des voitures haut de gamme, en particulier d’Allemagne. Ainsi, les consommateurs peuvent profiter d’une plus grande variété de produits.

II. Les limites de ces avantages

1. Tous les pays ne profitent pas du commerce international

Tous les pays ne profitent pas de leur insertion dans les échanges internationaux, car les effets de celle-ci dépendent de la nature de leur spécialisation. Un certain nombre de pays en voie de développement peuvent présenter un degré d’ouverture important aux échanges internationaux et ne pas bénéficier de cette situation. Par exemple, le Nigeria dispose d’avantages comparatifs dans l’exploitation de matières premières (document 2). Les prix de ces produits sont très volatils et les revenus tirés des exportations sont insuffisants pour enclencher le processus de développement.

Remarque

Si le prix des importations croît plus vite que le prix des exportations, les termes de l’échange se dégradent.

La croissance économique au niveau mondial peut se traduire par une dégradation des termes de l’échange (rapport entre les prix des exportations et les prix des importations) pour les pays qui exportent essentiellement des produits primaires. Or, la demande de produits primaires tend à baisser relativement dans les pays développés, entraînant ainsi la dégradation des termes de l’échange pour les pays exportateurs de ces produits. Ce processus est qualifié de « croissance appauvrissante ».

2. Une trop grande ouverture au commerce international entraîne des effets sociaux néfastes

L’insertion dans le commerce international peut avoir des effets négatifs, aussi bien pour les pays développés que pour les pays en développement. Ces effets négatifs peuvent nécessiter la mise en place de mesures protectionnistes pour protéger le marché intérieur d’une économie nationale contre la concurrence extérieure : pour les pays en développement, le protectionnisme, qualifié d’éducateur, vise à favoriser des industries naissantes ; pour les pays développés, le protectionnisme peut permettre la reconversion ­d’industries vieillissantes qui ne peuvent résister à la concurrence des pays disposant d’une main-d’œuvre à bas coût.

Le secteur qui regroupe le textile, l’habillement, le cuir et les chaussures est un exemple d’industrie vieillissante pour la France. Bien que la consommation augmente d’une manière quasi continue depuis les années 1980, la production intérieure ne fait que baisser, une baisse compensée par une hausse des importations (document 3). Dans ce cas, des mesures protectionnistes peuvent permettre de sauver des emplois. Le protectionnisme vise également à favoriser certaines activités, comme l’agriculture. Ainsi, pour que l’agriculture européenne puisse assurer l’alimentation de la population, des droits de douane élevés ont été appliqués sur les importations de produits agricoles (document 4).

Conclusion

Comme le montre la théorie économique libérale, la participation au ­commerce international favorise la croissance économique. En effet, en se spécialisant dans les activités pour lesquelles les pays sont les plus efficaces, les moyens de production sont utilisés d’une manière efficiente. Cependant, les avantages du commerce international dépendent de la nature de la ­spécialisation. Ainsi, pour les pays les moins développés, la spécialisation dans les produits primaires peut avoir des effets néfastes sur leur développement. De même, pour les industries naissantes ou vieillissantes, il peut être nécessaire de mettre en place des mesures protectionnistes.