La participation politique

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : La participation politique
Type : Sujet complet | Année : 2017 | Académie : France métropolitaine


France métropolitaine • Juin 2017

sciences sociales et politiques • 20 points

La participation politique

 Vous montrerez qu’il existe une diversité de répertoires ­d’action politique. (Sujet B)

document

Quelques chiffres témoignent, dans les pays démocratiques, de la faiblesse de la participation : 1 % des citoyens détient une fonction politique, 2 à 4 % participent à des campagnes électorales, environ 10 % prennent contact avec des hommes politiques pour des problèmes d’intérêt collectif, autant versent des fonds à des organisations ou assistent à des meetings, 2 à 30 % appartiennent à un parti. Notons que la participation protestataire ne mobilise en moyenne que 10 % des citoyens (pour manifester), les autres activités dépassant rarement le chiffre de 2 % (grève sauvage, boycott, occupation de locaux, etc.).

À côté de ces activités qui relèvent de la sphère publique, celles qui concernent la vie privée sont plus nombreuses : 20 à 40 % discutent politique, 50 % suivent les informations politiques dans les médias, 30 à 50 % manifestent un intérêt pour la politique et de 50 à 70 % pour les élections. Au regard de ces chiffres, seul le vote engage la participation de plus de la moitié des citoyens tandis qu’un tiers est apathique ou passif. […]

Ce phénomène n’est cependant pas nouveau. Que l’on songe à la démocratie athénienne aux ve et ive siècles : le peuple athénien a non seulement le droit de voter mais aussi le devoir. Seule une partie du corps civique assiste pourtant effectivement aux séances de l’Ecclésia1, prenant les décisions importantes. En pratique, sur les 6 000 votants, une minorité de gens intéressés aux affaires de la Cité participe aux séances, les autres préférant vaquer à leurs occupations journalières.

Dominique Chagnollaud, Science politique, 2010.

1. Ecclésia : assemblée du peuple citoyen.

Les clés du sujet

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Les répertoires d’action politique font référence aux travaux de l’historien et sociologue américain Charles Tilly. Ils désignent l’ensemble des registres et des modalités de l’action politique connus et utilisables par les individus dans le cadre de leur participation politique.

Comprendre les documents

Le document présente les différents modes de participation politique tout en insistant sur le faible degré d’implication des citoyens dans les démocraties. La participation politique peut se faire dans le cadre d’élections (militantisme, présence à un meeting, vote…) ou prendre des formes protestataires diverses comme la manifestation, la grève, le boycott. Même si le taux de participation électorale reste faible, c’est encore le vote qui mobilise le plus les citoyens aujourd’hui.

Structurer sa réponse

Nous montrerons qu’un répertoire d’action politique, centré sur l’acte électoral, coexiste avec un autre répertoire regroupant des formes très variées de participation protestataire, et qui tend lui-même à s’élargir.

Corrigé

Corrigé

Introduction

Depuis l’instauration du suffrage universel, le vote fait partie d’un répertoire d’action politique. On désigne ainsi un ensemble de registres et de modalités d’action politique connus et utilisables par les individus dans le cadre de leur participation politique. Aujourd’hui les répertoires sont diversifiés. Nous montrerons qu’il en existe un centré sur l’acte électoral, nous présenterons ensuite celui regroupant des actions politiques protestataires et enfin mettrons en évidence la tendance à l’élargissement des répertoires.

Développement

Dans une démocratie représentative, on accorde une place centrale au répertoire d’action politique lié aux élections. Bien que l’abstention ne cesse d’augmenter, le vote reste la forme de participation politique qui mobilise le plus les citoyens (document). La ritualisation de la procédure en a accentué le caractère symbolique. Sensibilisée à cette pratique politique, la majorité des citoyens en font un devoir. Mais ce répertoire ne se limite pas au vote : les citoyens peuvent aussi militer ou assister à des meetings. Ces formes de participation politique concernent néanmoins une minorité d’individus : par exemple, seuls 2 à 4 % des citoyens « participent à des campagnes électorales » (document).

Remarque

La protestation peut aussi passer par les urnes : l’abstention, le vote blanc ou nul ou encore le vote en faveur de partis « antisystème » permettent aux citoyens de manifester leur opposition.

Les citoyens ont la possibilité de protester contre des décisions politiques en dehors des échéances électorales. Il existe ainsi un répertoire qui regroupe une multitude d’actions politiques protestataires, actions longtemps qualifiées de « non conventionnelles ». En effet il s’agit de s’opposer directement au système politique en place. Ces formes de participation politique peuvent être légales ou non, individuelles ou collectives. On peut citer les grèves, l’occupation des locaux, la signature de pétition ou encore la désobéissance civile. Il s’agit de pratiques minoritaires pour les citoyens, mais elles font partie d’un répertoire connu dans lequel ils peuvent puiser (document).

Le répertoire d’action politique peut s’interpréter différemment selon la nature des groupes sociaux qui se mobilisent. Les citoyens choisissent des modes d’action qui correspondent à leur culture. Par exemple, les syndicats, les militants écologistes ou encore les sans-papiers ne vont pas manifester selon les mêmes modalités. En effet, les acteurs sociaux doivent faire preuve d’inventivité afin de rendre visibles les causes à défendre dans un environnement de plus en plus médiatisé. Ce phénomène tend à élargir aujourd’hui les répertoires d’action politique.

Conclusion

Il existe dans notre société une diversité des répertoires d’action politique selon les formes de participation politiques privilégiées, liées ou non au ­comportement électoral, et à la diversité des acteurs menant ces actions.