La question palestinienne

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Un foyer de conflits : le Proche et le Moyen-Orient depuis 1945
Type : Analyse de document | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
La question palestinienne
 
 

Un foyer de conflits

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Histoire

11

CORRIGE

 

Sujet inédit

analyse de documents

> Analysez ces documents pour mettre en évidence les origines et les manifestations du mouvement nationaliste palestinien.

Document 1

Du plan de partage à la guerre


 
Document 2

La charte nationale palestinienne

Première version (1964)

1. La Palestine est une terre arabe, unie par des liens nationaux étroits aux autres pays arabes. Ensemble, ils forment la grande nation arabe.

2. La Palestine, avec ses frontières de l’époque du mandat britannique, constitue une entité régionale indivisible. […]

3. Le peuple arabe de Palestine a [droit] à sa patrie. […]

15. La libération de la Palestine est un devoir national afin de refouler l’invasion sioniste et impérialiste du sol de la patrie arabe, et dans le but de purifier la Palestine de l’existence sioniste. La responsabilité intégrale en incombe à la nation arabe, aux peuples comme aux gouvernements, et à leur tête le peuple palestinien arabe. […]

17. Le partage de la Palestine de 1947 et la création d’Israël sont des décisions illégales et artificielles quel que soit le temps écoulé, parce qu’elles ont été contraires à la volonté du peuple de Palestine et à son droit naturel sur sa patrie. Elles ont été prises en violation des principes fondamentaux contenus dans la charte des Nations unies, parmi lesquels figure au premier plan le droit à l’autodétermination.

18. La déclaration Balfour, le mandat et tout ce qui en a résulté sont des impostures.

Modifications de 1968

9. La lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine. […] Le peuple arabe palestinien affirme son droit à mener une vie normale en Palestine et à y exercer […] sa souveraineté.

10. L’action des commandos constitue le noyau de la guerre populaire palestinienne de libération.

  • La consigne vous invite à étudier le mouvement nationaliste palestinien, c’est-à-dire la lutte des Palestiniens pour se doter d’un État au Proche-Orient. Les documents vous permettent de déterminer les limites temporelles du sujet : ils couvrent la période allant du plan de partage de la Palestine proposé par l’ONU (1947) au lendemain de la guerre des Six Jours (1967).
  • Votre analyse vous amènera à montrer que la question palestinienne est au cœur des conflits qui opposent Israël aux États arabes voisins.
  • Le plan de votre étude est suggéré par le libellé du sujet : dans un premier temps, vous montrerez que l’essor du nationalisme palestinien est lié à la naissance de l’État hébreu ; ensuite, vous présenterez son développement en lien avec les conflits de cette région.
Corrigé

Les titres en couleur servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Présentation des documents] Deux documents relatifs à la question palestinienne nous sont proposés. Le premier est une carte du plan de partage de la Palestine élaboré par l’ONU en 1947 ; le second regroupe deux extraits de la charte nationale palestinienne datant respectivement de 1964 et de 1968 (soit un an après la guerre des Six Jours). Appelé également « charte de l’OLP », ce texte précise les objectifs politiques des nationalistes palestiniens.

[Problématique et annonce du plan] L’analyse de ces documents nous permettra de montrer en quoi l’essor d’un mouvement nationaliste palestinien est indissociable des conflits du Proche-Orient. Pour ce faire, nous présenterons d’abord les origines de ce mouvement, avant d’en décrire les manifestations jusqu’en 1968.

I. Les origines du nationalisme palestinien

1. Des tensions nationalistes antérieures à 1947

 

Définition

Un mandat est un territoire confié par la SDN à un État européen à l’issue de la Première Guerre mondiale, avec pour mission de le conduire à l’indépendance.

  • Comme le rappellent les articles 2 et 18, la Palestine est sous mandat britannique dans l’entre-deux-guerres. Elle constitue un foyer de tensions entre Arabes et Juifs qui immigrent massivement d’Europe.
  • Ces tensions exacerbent deux nationalismes opposés : le nationalisme arabe qui préconise l’union de tous les Arabes (de Palestine et des autres régions du Proche-Orient) dans un même État ; le sionisme, soutenu par le Royaume-Uni (déclaration Balfour en 1917, évoquée dans l’article 18), qui vise à créer un État juif en Palestine.

2. Le plan de partage de 1947 (document 2)

 

Attention !

Ne retenez de la carte que les informations nécessaires à la justification de votre propos.

  • En 1945, le mandat britannique sur la Palestine prend fin. L’année suivante, le Royaume-Uni soumet la question palestinienne à l’ONU. En 1947, l’ONU propose un plan de partage de la Palestine en deux États : un État juif et un État arabe, la ville de Jérusalem bénéficiant d’un statut international. Ce plan est refusé par les Arabes.
  • En 1948 est proclamé l’État d’Israël ; les États arabes voisins l’attaquent alors : c’est la première guerre israélo-arabe. À son terme, en 1949, Israël (à 80 %), l’Égypte et la Jordanie annexent une grande partie des territoires dévolus à l’État arabe selon le plan de partage.
  • Des centaines de milliers de Palestiniens se réfugient alors à l’extérieur des frontières de l’État hébreu, notamment en Cisjordanie (annexée par la Jordanie) et dans la bande de Gaza (contrôlée par l’Égypte).

II. Les manifestations du nationalisme palestinien

1. L’émergence de revendications nationalistes

  • Les réfugiés palestiniens souffrent du déracinement et de la misère. C’est pourquoi leurs camps constituent des foyers d’agitation politique.
  • Ainsi, en1964 est fondée l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). C’est la principale organisation de résistance palestinienne.
  • L’OLP revendique un État palestinien (article 3) dans les limites du mandat britannique (article 2), au nom du droit à l’autodétermination des peuples qui figure dans la charte des Nations unies (article 17). En vertu de ce principe, elle refuse l’existence de l’État d’Israël (article 17).

2. Une lutte qui se radicalise

  • Dans sa version initiale, la charte de l’OLP appelle les Palestiniens à la lutte politique et armée contre Israël, principal obstacle à la création d’un État palestinien (article 15).
 

Info

Fondée en 1945, la Ligue arabe vise à favoriser la coopération entre États arabes.

  • Au nom de l’unité arabe (articles 1 et 15), ce texte fait appel à l’aide des États arabes. Dès 1964, l’OLP est en effet subventionnée par la Ligue arabe.
  • En 1967, la guerre des Six Jours oppose de nouveau Israël à ses voisins arabes. Elle se solde par une large victoire de l’État hébreu qui annexe notamment la Cisjordanie et la bande de Gaza où vivent de nombreux réfugiés palestiniens.
  • La défaite des États arabes entraîne la radicalisation de l’OLP. En 1968, celle-ci préconise explicitement le recours à la lutte armée (article 9) et le terrorisme (article 10) comme seuls moyens de parvenir à ses fins. À partir de 1969, sous la direction de Yasser Arafat, elle multiplie les attaques terroristes contre Israël.

Conclusion

[Réponse à la problématique] L’analyse de ces documents nous montre que les origines du problème palestinien remontent à l’époque du mandat britannique et à l’échec du plan de partage de l’ONU. Le nationalisme palestinien émerge puis se radicalise dans le contexte des premières guerres israélo-arabes (guerre de 1948-1949 ; guerre des Six Jours).

[Critique des documents] L’intérêt de ces documents est de mettre en évidence les dimensions spatio-temporelles de la question palestinienne. Cependant, ils n’en donnent qu’une vision partielle : en effet, ils n’abordent pas l’évolution politique de l’OLP qui, dès les années 1970, s’oriente vers la voie diplomatique.