La varicelle, une maladie virale

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Quelques aspects de la réaction immunitaire
Type : Restitution des connaissances | Année : 2016 | Académie : Asie


Asie • Juin 2016

restitution des connaissances • 8 points

La varicelle, une maladie virale

Pauline, fillette de 5 ans, découvre sur sa peau de nombreuses vésicules, remplies de liquide, qui provoquent d’intenses démangeaisons. Le médecin diagnostique une varicelle, maladie extrêmement contagieuse due à un virus, qui oblige la fillette à rester chez elle.

Des camarades de classe de Pauline sont également atteints de la varicelle. Seule Lili, vaccinée contre la varicelle, peut lui rendre visite sans crainte.

Expliquez comment les cellules de la réaction immunitaire adaptative reconnaissent puis éliminent une cellule infectée par le virus de la varicelle chez Pauline. Décrivez ensuite comment la vaccination garantit l’immunité de Lili contre ce virus.

La réaction immunitaire innée n’est pas attendue.

Votre exposé comprendra une introduction, un développement structuré et une conclusion. Il sera accompagné d’un schéma illustrant une étape de la réaction immunitaire adaptative dans le cas du virus de la varicelle.

Les clés du sujet

Comprendre le sujet

Le libellé du sujet implique d’expliquer comment les cellules de la réponse immunitaire adaptative reconnaissent puis éliminent une cellule infectée par le virus de la varicelle. Au sens strict, les seules cellules détruisant les cellules infectées après les avoir reconnues sont les lymphocytes cytotoxiques.

On pourrait se limiter à décrire leurs modalités d’action sur les cellules infectées. Cependant, ces cellules effectrices résultent d’une étape précédente de la réponse immunitaire adaptative à partir de lymphocytes T CD8 naïfs. L’expression « les cellules de la réponse immunitaire adaptative » et la mention d’un schéma « sur une étape de la réaction immunitaire adaptative » peuvent laisser penser qu’il faut décrire cette étape.

Le corrigé présenté propose une solution évitant de développer trop longuement la réaction immunitaire, sachant qu’il faut répondre à la deuxième partie sur la vaccination. Le corrigé présente ainsi succinctement les mécanismes aboutissant à la production de lymphocytes cytotoxiques et développe l’action de ces derniers.

Si les lymphocytes cytotoxiques jouent un rôle essentiel dans la maladie déclarée, il ne faut pas oublier que, dans l’immunité assurée par la vaccination, l’immunité humorale productrice d’anticorps est très importante.

Mobiliser ses connaissances

Les cellules de l’immunité adaptative ne deviennent effectrices qu’après une première rencontre avec un antigène grâce aux phénomènes de sélection, d’amplification et de différenciation clonales.

Les défenses adaptatives permettent normalement d’éliminer la cause du déclenchement de la réaction immunitaire.

La vaccination permet d’agir sur l’évolution du phénotype immunitaire d’un individu. Elle provoque la formation d’un pool de cellules mémoires dirigées contre l’agent d’une maladie.

Corrigé

Corrigé

Introduction

La varicelle est une maladie virale dont l’organisme guérit généralement grâce aux réactions immunitaires qu’il développe contre ce virus, particulièrement celle qui aboutit à la formation de lymphocytes T cytotoxiques.

Après avoir rappelé sous la forme d’un schéma l’origine des lymphocytes T cytotoxiques, nous étudierons comment, en éliminant les cellules infectées, ils contribuent ainsi à la guérison de Pauline. Dans une dernière partie, nous verrons comment la vaccination de Lili la protège de la maladie.

I. Origine des lymphocytes T cytotoxiques

Le schéma suivant présente les caractéristiques de la réaction immunitaire conduisant à une forte production de lymphocytes T cytotoxiques à partir d’un petit nombre de lymphocytes T CD8 naïfs.

svtT_1606_05_01C_01

Figure 1. La réaction immunitaire

II. Reconnaissance et destruction des cellules infectées

Les cellules infectées par un virus expriment à leur surface des peptides antigéniques viraux présentés par l’intermédiaire de leur CMH.

Grâce à ses récepteurs T spécifiques d’un antigène du virus de la varicelle, le LT cytotoxique se fixe sur le complexe CMH-peptide viral présenté par la cellule infectée (figure 2).

svtT_1606_05_01C_02

Figure 2. La fixation sur le complexe CMH-peptide

Cette fixation provoque la stimulation du lymphocyte T, qui sécrète alors une protéine, la perforine, qui s’insère dans la membrane de la cellule cible et forme un canal en se polymérisant. Cela affaiblit la cellule et favorise la pénétration d’une enzyme également sécrétée par le LT cytotoxique, la granzyme B.

Perforine et granzyme B associées déclenchent un signal de mort qui entraîne la destruction de la cellule infectée.

Un lymphocyte T CD8 cytotoxique peut tuer plusieurs cellules, limitant la production de nouveaux virions et maîtrisant ainsi l’infection.

III. La vaccination de Lili et ses conséquences

Lors de sa vaccination, Lili a reçu une première injection de virus de la varicelle atténué, incapable de provoquer la maladie (virus non pathogène) mais ayant conservé la capacité de déclencher une réaction immunitaire dans l’organisme de Lili.

Cette réaction immunitaire adaptative se présente sous deux aspects :

une réaction immunitaire humorale, qui aboutit à la production d’anticorps antivaricelle, mais également de lymphocytes B mémoire ;

une réaction immunitaire à médiation cellulaire, qui aboutit à la production de LT CD8 cytotoxiques, de LT CD4 et de LT CD8 mémoire.

Quelques semaines après la première injection, Lili reçoit une seconde injection (rappel) qui fait intervenir la mémoire immunitaire. Cela débouche sur une production d’effecteurs et de lymphocytes mémoire plus nombreux.

Suite à sa vaccination, le phénotype de Lili a changé. Parmi ces changements, la présence d’anticorps antivaricelle joue le rôle le plus important. En effet, en cas d’infection par le virus de la varicelle, ces anticorps reconnaîtront spécifiquement des antigènes de ce virus et se lieront à lui. Les virus ne pourront plus pénétrer dans les cellules et l’organisme de Lili sera préservé.

Les anticorps et les virus qu’ils neutralisent forment des complexes immuns qui sont éliminés par phagocytose.

Si le taux d’anticorps antivaricelle est faible chez Lili au moment de l’infection, les cellules B mémoire réagiront très rapidement à la présence du virus en déclenchant une réaction immunitaire qui, pratiquement sans délai, aboutira à une forte production d’anticorps. Ces anticorps neutraliseront ainsi le virus.

Si les anticorps ne suffisent pas à neutraliser le virus, des lymphocytes T CD8 cytotoxiques très nombreux, résultant de la mobilisation des lymphocytes T CD 4 mémoire et T CD8 mémoire, interviendront en éliminant rapidement les cellules infectées.

Conclusion

Les réactions immunitaires adaptatives contre le virus de la varicelle font intervenir à la fois l’immunité humorale productrice d’anticorps spécifiques des antigènes du virus, et l’immunité cellulaire productrice de lymphocytes cytotoxiques spécifiques des antigènes du virus présentés par le CMH des cellules infectées.

Lorsque la maladie est déclarée, comme c’est le cas chez Pauline, c’est l’immunité cellulaire qui joue un rôle essentiel. En reconnaissant et détruisant les cellules infectées, elle bloque la production des virus et supprime ainsi l’infection.

Le vaccin contre le virus de la varicelle, tout en étant non pathogène, entraîne des réactions immunitaires du même type que le virus pathogène. En particulier, il entraîne la production de lymphocytes mémoire spécifiques du virus qui assureront une réponse immunitaire rapide et importante en cas d’infection par un virus de la varicelle pathogène. Dans le cas d’immunité assurée par le vaccin comme chez Lili, c’est l’immunité humorale qui joue un rôle majeur, car les anticorps, en neutralisant les particules virales, les empêchent d’infecter les cellules cibles du virus.