La vie urbaine (texte de J. Giono, oeuvre de J.-P. Stora)

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Dénoncer les travers de la société
Type : Sujet complet | Année : 2017 | Académie : France métropolitaine

 

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D’après France métropolitaine • Juin 2017

100 points

La vie urbaine

document a Texte littéraire

Giono a décidé de vivre à la campagne, au plus près de la nature. Néanmoins, il va parfois à Paris. Il évoque ici son expérience de la ville.

Quand le soir vient, je monte du côté de Belleville1. À l’angle de la rue de Belleville et de la rue déserte, blême et tordue, dans laquelle se trouve La Bellevilloise2, je connais un petit restaurant où je prends mon repas du soir. Je vais à pied. Je me sens tout dépaysé par la dureté du trottoir et le balancement des hanches qu’il faut avoir pour éviter ceux qui vous frôlent. Je marche vite et je dépasse les gens qui vont dans ma direction ; mais quand je les ai dépassés, je ne sais plus que faire, ni pourquoi je les ai dépassés, car c’est exactement la même foule, la même gêne, les mêmes gens toujours à dépasser sans jamais trouver devant moi d’espaces libres. Alors, je romps mon pas et je reste nonchalant3 dans la foule. Mais ce qui vient d’elle à moi n’est pas sympathique. Je suis en présence d’une anonyme création des forces déséquilibrées de l’homme. Cette foule n’est emportée par rien d’unanime. Elle est un conglomérat de mille soucis, de peines, de joies, de fatigues, de désirs extrêmement personnels. Ce n’est pas un corps organisé, c’est un entassement, il ne peut y avoir aucune amitié entre elle, collective, et moi. Il ne peut y avoir d’amitié qu’entre des parties d’elle-même et moi, des morceaux de cette foule, des hommes ou des femmes. Mais alors, j’ai avantage à les rencontrer seuls et cette foule est là seulement pour me gêner. Le premier geste qu’on aurait si on rencontrait un ami serait de le tirer de là jusqu’à la rive, jusqu’à la terrasse du café, l’encoignure de la porte, pour avoir enfin la joie de véritablement le rencontrer.

[…]

De tous ces gens-là qui m’entourent, m’emportent, me heurtent et me poussent, de cette foule parisienne qui coule, me contenant sur les trottoirs devant La Samaritaine4, combien seraient capables de recommencer les gestes essentiels de la vie s’ils se trouvaient demain à l’aube dans un monde nu ?

Qui saurait orienter son foyer en plein air et faire du feu ?

Qui saurait reconnaître et trier parmi les plantes vénéneuses les nourricières comme l’épinard sauvage, la carotte sauvage, le navet des montagnes, le chou des pâturages ?

Qui saurait tisser l’étoffe ?

Qui saurait trouver les sucs pour faire le cuir ?

Qui saurait écorcher un chevreau ?

Qui saurait tanner la peau ?

Qui saurait vivre ?

Ah ! c’est maintenant que le mot désigne enfin la chose ! Je vois ce qu’ils savent faire : ils savent prendre l’autobus et le métro. Ils savent arrêter un taxi, traverser une rue, commander un garçon de café ; ils le font là tout autour de moi avec une aisance qui me déconcerte et m’effraie.

Jean Giono, Les Vraies Richesses, 1936.

1. Belleville : quartier parisien dans l’Est de la ville. 2. La Bellevilloise : coopérative ouvrière qui permettait aux ouvriers d’acheter des produits de consommation moins chers. C’est aussi, en 1936, un lieu culturel très connu. 3. Nonchalant : lent et indifférent. 4. La Samaritaine : grand magasin parisien, fondé en 1870.

document b Jean-Pierre Stora, « Allées piétonnières »

© Jean-Pierre Stora

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Lavis encre de chine, 64 × 50, 1995.

Travail sur le texte littéraire et sur l'image 50 points • 1 h 10

Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.

Grammaire et compétences linguistiques

1. a) Quel est ici le sens du mot « entassement » (l. 16) ? Trouvez un synonyme de ce nom dans les lignes qui précèdent. (3 points)

b) « Elle est… personnels. » (l. 14-15) : quel est le procédé d’écriture utilisé dans cette phrase ? (2 points)

c) En vous appuyant sur vos deux réponses précédentes, expliquez comment le narrateur perçoit la foule. (2 points)

2. « Le premier geste qu’on aurait si on rencontrait un ami serait de le tirer de là jusqu’à la rive » (l. 20-22)

a) Quel est le temps et le mode des verbes soulignés ? (2 points)

b) Justifiez son emploi. (2 points)

3. « […] je connais un petit restaurant où je prends mon repas du soir. Je vais à pied. Je me sens tout dépaysé par la dureté du trottoir et le balancement des hanches qu’il faut avoir pour éviter ceux qui vous frôlent. » (l. 3-6)

Réécrivez ce passage en remplaçant « je » par « nous » et en mettant les verbes conjugués à l’imparfait. (10 points)

Compréhension et compétences d’interprétation

4. En vous appuyant sur le premier paragraphe, expliquez la formule du narrateur (l. 4) : « Je me sens tout dépaysé ». (4 points)

5. Lignes 30 à 38 :

a) Quelles remarques pouvez-vous faire sur la disposition et les procédés d’écriture dans ce passage ? Trois remarques au moins sont attendues. (5 points)

b) Quel est, selon vous, l’effet recherché par le narrateur dans ce passage ? Développez votre réponse. (2 points)

6. Dans le dernier paragraphe, pourquoi le narrateur est-il déconcerté et effrayé (l. 42-43) ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte. (4 points)

7. Ce texte est extrait d’un livre intitulé Les Vraies Richesses. Quelles sont, selon vous, les « vraies richesses » auxquelles pense l’auteur ? Rédigez une réponse construite et argumentée. (6 points)

8. Que ressentez-vous en regardant l’œuvre de Jean-Pierre Stora (document B) ? Expliquez votre réponse. (4 points)

9. Cette œuvre (document B) peut-elle illustrer la manière dont le narrateur perçoit la foule dans le texte de Jean Giono (document A) ? Développez votre réponse. (4 points)

dictée 10 points • 20 min

Le nom de l’auteur et le titre de l’œuvre sont écrits au tableau au début de la dictée.

Jean Giono

 

Les Vraies Richesses, 1936

De temps en temps, je m’arrête, je tourne la tête et je regarde vers le bas de la rue où Paris s’entasse : des foyers éclatants et des taches de ténèbres piquetées de points d’or. Des flammes blanches ou rouges flambent d’en bas comme d’une vallée nocturne où s’est arrêtée la caravane des nomades. Et le bruit : bruit de fleuve ou de foule. Mais les flammes sont fausses et froides comme celles de l’enfer. En bas, dans un de ces parages sombres est ma rue du Dragon, mon hôtel du Dragon. Quel ordre sournois, le soir déjà lointain de ma première arrivée, m’a fait mystérieusement choisir cette rue, cet hôtel au nom dévorant et enflammé ? Il me serait facile, d’ici, d’imaginer le monstre aux écailles de feu.

Rédaction 40 points • 1 h 30

Vous traiterez au choix l’un des deux sujets. Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Sujet de réflexion

Pensez-vous comme Jean Giono que la ville soit un lieu hostile ? Vous proposerez une réflexion organisée et argumentée en vous appuyant sur vos lectures et vos connaissances personnelles.

Sujet d’imagination

Vous vous sentez vous aussi « dépaysé(e) » en arrivant dans une ville. Racontez cette expérience. Vous décrivez les lieux que vous découvrez, vous évoquez vos impressions et vos émotions.

Vous ne signerez pas votre texte de votre nom.

Les clés du sujet

Les documents

Le texte littéraire (document A)

Dans Les Vraies Richesses, Jean Giono dénonce la vanité de la vie citadine et chante la gloire de la campagne et d’une vie plus proche de la nature. L’extrait présenté ici se situe au début de l’ouvrage.

L’image (document B)

Jean-Pierre Stora s’est passionné pour les foules qui déambulent dans des centres commerciaux ou des aéroports. Nombre de ses œuvres soulignent l’absurdité de certains comportements dans ces lieux.

Rédaction (sujet de réflexion)

Recherche d’idées

Pour appuyer la thèse de Jean Giono, reprends des idées présentes dans le texte : l’anonymat de la foule, le rythme de vie trop rapide, la perte de sens et le dédain des vraies richesses.

Pour terminer ton devoir, en guise d’ouverture, tu peux introduire la notion d’espace périurbain : désormais la différence entre ville et campagne n’est plus aussi nette qu’avant.

Conseils de rédaction

Tu peux répondre positivement ou négativement à la question posée ; tu peux aussi choisir une réflexion opposant les deux thèses : la ville perçue comme hostile ; puis la ville considérée comme accueillante et agréable.

Utilise des expressions comme existence citadine ou mode de vie urbain pour éviter de trop répéter le mot ville.

Rédaction (sujet d’imagination)

Recherche d’idées

Tu peux choisir d’évoquer une grande ville réelle connue de tous, une ville réelle de taille plus modeste, ou encore une ville fictive.

Le sentiment d’étrangeté ressenti en arrivant dans cette ville peut avoir plusieurs causes : une différence avec ta région d’origine, ou un décalage par rapport à tes attentes concernant cette ville.

Conseils de rédaction

Rédige le texte à la première personne. Tu peux consacrer un premier paragraphe à la description de la ville, et un second à tes impressions ; ou bien mêler description et récit des émotions ressenties.

Exprime la surprise (stupéfait, ébahi, ahuri…), la fascination (émerveillé, enthousiaste, enchanté…) ou le rejet (malaise, répugnance…).

Corrigé

Corrigé

Travail sur le texte littéraire et sur l'image

Grammaire et compétences linguistiques

1. a) Le mot entassement désigne un amas d’éléments rassemblés en tas ou en pile. Dans le texte, le synonyme conglomérat est employé.

b) Le procédé employé est une énumération.

c) La foule est vue comme un rapprochement d’éléments disparates, étrangers les uns aux autres. Cette foule est perçue négativement, comme hostile : « Mais ce qui vient d’elle à moi n’est pas sympathique. »

2. a) Les deux verbes sont conjugués au conditionnel présent.

b) Le conditionnel exprime ici l’irréel du présent, et fonctionne en association avec la conditionnelle introduite par « si ».

attention !

Le mot « tout » ne s’accorde pas, car c’est ici un adverbe : il peut être remplacé par « très » ou « absolument ».

3. Les modifications sont mises en couleur.

« Nous connaissions un petit restaurant où nous prenions notre repas du soir. Nous allions à pied. Nous nous sentions tout dépaysés par la dureté du trottoir et le balancement des hanches qu’il fallait avoir pour éviter ceux qui vous frôlaient. »

Compréhension et compétences d’interprétation

4. À Paris, le narrateur, qui habituellement vit à la campagne, se sent hors de son habitat naturel : il a du mal à s’adapter aux trottoirs, à la foule, aux habitudes urbaines.

5. a) Ces lignes sont construites selon un même modèle : une succession de phrases interrogatives, où l’on relève à chaque fois une anaphore (« qui saurait ») et un parallélisme de construction (qui + verbe au conditionnel + verbe à l’infinitif + COD). Chaque interrogation est précédée d’un alinéa : la mise en page crée ainsi une rupture avec le reste du texte.

zoom

Les interrogations oratoires (ou rhétoriques) sont des questions qui n’attendent pas de réponse, car celle-ci est évidente.

b) Ces questions sont des interrogations oratoires : la réponse évidente qu’elles supposent, « personne », souligne l’incapacité des hommes modernes à accomplir les tâches essentielles qui ont permis la survie de l’espèce humaine à travers les siècles (s’orienter, faire du feu, se nourrir…). Le mode de vie urbain est donc complètement dissocié de la nature. L’accumulation de questions, comme une démonstration implacable, aboutit à la conclusion finale : personne ne saurait plus vivre.

6. Le narrateur est déconcerté de voir à quel point les talents de l’homme moderne sont vains ; il constate que les gens se contentent d’exécuter des gestes futiles, comme « arrêter un taxi » ou « commander un garçon de café », et il est effrayé de voir qu’ils se sentent à l’aise dans ce monde qui n’a pas grand sens, alors même qu’ils ne connaissent plus les gestes essentiels à la survie.

7. Les « vraies richesses » dont parle Giono n’ont rien à voir avec ce que savent faire les citadins. L’expression désigne les savoir-faire utiles et concrets dont l’homme a besoin quand il vit en harmonie avec la nature (faire du feu, tisser l’étoffe, vivre), mais aussi les rencontres individuelles, à l’écart de la foule (« le premier geste qu’on aurait si on rencontrait un ami serait de le tirer de là jusqu’à la rive, […] pour avoir enfin la joie de véritablement le rencontrer »).

8. L’œuvre présente une série d’allées séparées dans lesquelles des gens se pressent et avancent : tous sont en mouvement, personne ne s’arrête, chacun marche seul.

Les silhouettes humaines, isolées mais toutes identiques, sont semblables à des robots qui défilent sans fin, sans que l’on ne connaisse ni l’origine ni le but du déplacement.

Le comportement humain apparaît donc sous un jour très négatif : tristesse et pessimisme l’emportent lorsqu’on regarde cette image.

9. Les points communs sont nombreux entre les deux documents. On ne peut identifier sur le lavis les individus dans la foule : tous se ressemblent, sans distinction d’âge ou de sexe, ce qu’accentue l’usage du noir et blanc. Ils sont obligés d’avancer, au sein d’une foule indifférente. De même Jean Giono parlait d’un « entassement », d’« une anonyme création ». De plus, cette vision de la foule est triste, angoissante, ou ainsi que le disait Giono, « pas sympathique ». Cette œuvre peut donc illustrer le texte.

dictée

Point méthode

1 Deux phrases présentent des sujets inversés ; identifie-les avec précision pour accorder correctement les verbes : […] où s’est arrêtée la caravane des nomades ; […] est ma rue du Dragon.

2 Attention aux homophones ou (= ou bien) et , présents à quatre reprises dans le texte.

3 Veille à l’accord des adjectifs au pluriel : éclatants, piquetées, sombres… Attention au nom ténèbres qui est féminin pluriel.

De temps en temps, je m’arrête, je tourne la tête et je regarde vers le bas de la rue Paris s’entasse : des foyers éclatants et des taches de ténèbres piquetées de points d’or. Des flammes blanches ou rouges flambent d’en bas comme d’une vallée nocturne s’est arrêtée la caravane des nomades. Et le bruit : bruit de fleuve ou de foule. Mais les flammes sont fausses et froides comme celles de l’enfer. En bas, dans un de ces parages sombres est ma rue du Dragon, mon hôtel du Dragon. Quel ordre sournois, le soir déjà lointain de ma première arrivée, m’a fait mystérieusement choisir cette rue, cet hôtel au nom dévorant et enflammé ? Il me serait facile, d’ici, d’imaginer le monstre aux écailles de feu.

Rédaction

Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets. Attention les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur ta copie.

Sujet de réflexion

[Introduction] Dans son ouvrage Les Vraies Richesses, Jean Giono présente la ville comme un lieu hostile qui ne permet pas les rencontres individuelles. La ville est-elle réellement un lieu désagréable et nuisible ? Nous nous demanderons d’abord pour quelles raisons la ville est un environnement parfois néfaste pour l’homme ; nous verrons ensuite que la ville peut aussi être synonyme d’épanouissement personnel.

[Un lieu hostile] La vie urbaine n’est pas toujours agréable, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les citadins vivent entassés : les logements en appartements offrent souvent peu d’espace et les déplacements se font dans la foule et la promiscuité. Dans cet environnement anonyme, personne ne se préoccupe de savoir qui nous sommes vraiment. Ensuite, comme Jean Giono le fait remarquer, la vie en ville éloigne l’homme de la nature et des connaissances indispensables à sa survie : nul citadin ne sait plus aujourd’hui allumer un feu en pleine nature sans briquet ni allumettes.

[Un lieu d’épanouissement] Néanmoins, le mode de vie urbain a quelques conséquences positives. En effet, la ville favorise de multiples rencontres, ce qui n’est pas le cas de l’environnement rural. Nombre de jeunes gens sont ravis de s’installer en ville pour suivre leurs études : ils nouent de nouvelles relations, avec des gens ayant les mêmes centres d’intérêt. Par ailleurs, la vie citadine, en concentrant les activités humaines, offre un accès privilégié à la culture et aux savoirs : les formations et les expositions ne sont jamais aussi nombreuses qu’en ville.

[Conclusion] La ville est désagréable par certains aspects et éloigne l’homme de la nature, elle peut pour cela être considérée comme hostile. Mais elle permet également de multiplier les rencontres, ce qui en fait un lieu d’épanouissement. Aujourd’hui toutefois, la distinction entre ville et campagne n’est plus aussi marquée qu’auparavant : ainsi, les espaces périurbains présentent en même temps les caractéristiques de la ville et celles de la campagne.

Sujet d’imagination

[Circonstances] Un matin, lorsque j’étais enfant, ma mère m’annonça qu’à Pâques nous nous rendrions à Nice pour une réunion de famille chez le parrain de mon frère, dont je n’avais absolument aucun souvenir. Je n’étais pas ravie à l’idée de m’éloigner de mes amis durant les vacances. Je n’imaginais pas alors à quel point j’allais être dépaysée en arrivant là-bas.

conseil

Pense à solliciter tous les sens dans ta description : vue, ouïe, odorat…

[Découvertes et émotions] Lorsque le train s’arrêta en gare de Nice, je crus arriver dans un pays étranger. La chaleur, la lumière, la décontraction des passants me semblèrent d’emblée à mille lieues de ma Normandie natale. Chez moi, quand il ne pleut pas, le ciel est souvent couvert, l’herbe est verte et l’humidité omniprésente. Mais là, je découvrais une autre France. C’était la ville certes, mais pas la ville grise : une ville orange, une ville lumineuse, une ville aérée. Que de couleurs ! Et les odeurs…

Notre chemin nous fit passer devant un grand parc, et la profusion de fleurs odorantes, dont je me souviens encore, me bouleversa : la nature, bien que cadenassée entre les grilles d’un parc, réussissait à imposer sa force et sa beauté. Je fus immédiatement séduite par cet environnement et n’eus qu’une envie : voir la mer qui bordait cette cité. Je dus attendre le lendemain pour l’apercevoir, mais je ne fus pas déçue : elle était grandiose et se faisait entendre avant même d’être vue.

[Bilan] Frappée d’une évidence, je compris à cet instant que mon univers ne se bornait pas à ce que je connaissais et que ce sentiment de dépaysement que je ressentais alors était d’une richesse infinie.