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La violence des tranchées

Nouvelle-Calédonie • Décembre 2020

La violence des tranchées

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45 min

20 points

Intérêt du sujet • La puissance des armes et la nature des combats durant la Grande Guerre sont d'une brutalité effrayante. Le souvenir des horreurs vécues marque les survivants.

 

Document 1Dernière lettre de Louis Gondelon tué sur le front de la Somme le 12 septembre 1916

Le 9 septembre 1916

Bien chère maman,

Je t'écris en pleine offensive. Depuis 3 jours le régiment se bat, et se fait décimer. Le 3e et le 6e colonial1, nous subissons de lourdes pertes : les Allemands en subissent le double de nous. Mais cela ne ressuscite pas les morts. J'ai lu les journaux du pays, elles ont bien raison de rire un peu les filles de Calédonie, car elles ne riront peut-être plus beaucoup. Nombreuses sont celles qui pleureront. Les Calédoniens se sont fait massacrer. Peu nombreux sont ceux qui sont debout à l'heure actuelle !

La majeure partie a été comptée comme disparus, c'est-à-dire prisonniers ou morts ! Nombreux sont les pauvres petits déchiquetés par les obus et qui gisent dans un coin de terre où jamais ceux qui les aiment ne viendront prier. Pauvre Mère va ! C'est terrible la guerre ! J'ai fait le sacrifice de ma vie ! […]

Mon copain Henri Martin a été blessé à mes côtés, tout d'abord cela m'a fait quelque chose de voir le sang ruisseler sur celui qui était un peu mon frère. Puis j'ai été heureux lorsque j'ai vu sa blessure ! Ce n'est rien, l'éclat d'obus est venu s'arrêter sur la clavicule. Cela lui vaut 2 mois d'hôpital, de bonheur ! […] Je suis bien seul maintenant. […]

Ne t'en fais pas si je viens à tomber, ce sera en Français. Je n'aurai fait que suivre la loi commune à tant de Calédoniens. Je n'aurai pas été un lâche. […]

Ton petit qui t'aime.

Louis

Source : Mémoires océaniennes de la Grande Guerre. Chronique calédonienne. Livret pédagogique du Musée de la ville de Nouméa, 2011.

1. Régiment colonial.

Document 2Soldat blessé

© Adagp, Paris, 2021 – ph © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Volker-H. Schneider

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Source : Soldat blessé (automne 1916, Bapaume), Otto Dix, 1924.

Document 1

1. Durant quelle bataille de la Première Guerre mondiale l'auteur écrit-il cette lettre ? À quelle phase de la guerre correspond cette bataille ? (3 points)

2. Montrez que les combats sont violents et meurtriers. (4 points)

3. Pourquoi l'auteur associe-t-il l'hôpital à l'idée du bonheur ? (3 points)

Document 2

4. Comment l'artiste montre-t-il l'atrocité de la guerre ? (4 points)

Documents 1 et 2

5. À l'aide des documents et de vos connaissances, décrivez la situation des soldats au front durant la Première Guerre mondiale. (6 points)

 

Les clés du sujet

Comprendre les documents

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Répondre aux questions

 1. Sur quel front Louis Gondelon a-t-il été tué ? Quelle bataille importante dure pendant toute l'année 1916 ?

 2. Que signifie le mot « décimer » ? Quel autre mot dans le texte a un sens proche ? Comment sont les corps atteints par les obus ? Que deviennent-ils ?

 3. À quoi échappe le soldat hospitalisé ?

 4. Relève les détails du visage, du corps ou des mains qui traduisent la peur, la souffrance ou l'horreur. Quel style adopte l'artiste ?

 5. Où vivent les combattants ? Dans quelles conditions ? À quels types d'armes sont-ils confrontés ?

info +

Du 21 février au 18 décembre 1916, la bataille de Verdun est la plus longue et meurtrière de la guerre (plus de 300 000 morts).

1. L'auteur écrit sa lettre durant la bataille de la Somme. Elle se déroule en septembre 1916. L'offensive alliée a vocation à soulager Verdun où la bataille dure depuis plus de six mois.

 2. Les unités sont « décimées » (perte d'un homme sur dix), la « majeure partie » (plus de 50 % ?) des hommes a disparu ; ils se font « massacrer ». Les corps sont « déchiquetés » et abandonnés dans « un coin de terre ».

3. Le blessé est évacué, il est retiré du front. Si sa blessure n'est pas grave, il échappe à la mort et aux horreurs de la tranchée. C'est un bonheur, car il peut vraiment se reposer.

4. L'artiste traduit l'atrocité de la guerre en montrant la peur dans le regard du blessé (yeux exorbités), la souffrance dans sa bouche hurlante ou la crispation de ses mains. Le bas du corps ne ressemble plus à rien, le ventre semble troué. Le style caricatural accentue l'impression d'horreur.

5. Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats vivent dans des tranchées soumises à toutes les intempéries et peu protégées de l'artillerie adverse. Mal nourris, les combattants y passent de longues semaines d'inquiétude, l'ennemi pouvant attaquer à tout moment. Ils subissent des bombardements violents, parfois pendant de longues heures, ils peuvent être asphyxiés par des gaz mortels. Les assauts sont meurtriers, les hommes s'exposant sans protection au feu adverse. La folie guette les plus fragiles.

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