Le brouillage des frontières entre les classes sociales

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Classes, stratification et mobilité sociales
Type : Dissertation | Année : 2013 | Académie : France métropolitaine
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Le brouillage des frontières entre les classes sociales
 
 

Classes, stratification et mobilité sociales

sesT_1309_07_02C

Ens. spécifique

30

CORRIGE

 

France métropolitaine • Septembre 2013

dissertation • 20 points

> Pourquoi les frontières entre les classes sociales ont-elles tendance à se brouiller ?

Document 1

Le sentiment d’appartenance à une classe sociale (en %)


 

Source : Serge Bosc, Stratification et classes sociales, 6e édition, 2010.

Lecture : En 2002, 55 % des personnes interrogées ont déclaré avoir le sentiment d’appartenir à une classe sociale.

Le total ne fait pas 100 % car certaines personnes interrogées ne se prononcent pas.

Document 2

Temps hebdomadaire consacré aux écrans selon le sexe, l’âge, le niveau de diplôme1 et le milieu social, sur 100 personnes de chaque groupe


 

Source : Pratiques culturelles 2008, Département des études, de la prospective et des statistiques, ministère de la Culture et de la communication, 2009.

1. Élèves et étudiants exclus.

2. Temps passé devant les programmes télévisés en direct.

3. Temps passé devant un ordinateur ou une console de jeux et à regarder des vidéos, quel que soit l’écran.

4. CEP : certificat d’études primaires  CAP : certificat d’aptitude professionnelle  BEPC : brevet d’études du premier cycle remplacé par le diplôme national du brevet.

Document 3

Répartition de l’emploi par catégorie socioprofessionnelle de 1962 à 2007 (en %)


 

Source : 50 ans de mutations de l’emploi, Insee Première, septembre 2010.

Lecture : en 1962, la part des agriculteurs exploitants dans l’emploi était de 16 %  en 2007, elle n’est plus que de 2 %.

Champ : actifs ayant un emploi, France métropolitaine.

Document 4

Taux de chômage au sens du BIT1 par sexe et âge et part des chômeurs de longue durée

 

En %

1990

2003

2006

2007

2008

2009

Ensemble dont :

7,9

8,5

8,8

8,0

7,4

9,1

– moins de 25 ans

– 25 à 49 ans

– 50 ans ou plus

15,4

7,0

5,6

18,8

7,9

5,9

22,3

8,0

5,9

19,5

7,3

5,3

19,1

6,6

4,9

23,7

8,2

6,1

Hommes dont :

6,2

7,6

8,1

7,5

6,9

8,9

– moins de 25 ans

– 25 à 49 ans

– 50 ans ou plus

13,1

5,2

4,8

18,1

6,8

5,5

21,0

7,0

5,7

18,8

6,6

5,2

19,1

5,8

4,9

24,6

7,6

5,9

Femmes dont :

10,2

9,5

9,7

8,6

7,9

9,4

– moins de 25 ans

– 25 à 49 ans

– 50 ans ou plus

18,3

9,4

6,8

19,8

9,2

6,4

23,9

9,0

6,2

20,4

8,1

5,5

19,1

7,5

5,0

22,5

8,8

6,2

Part des chômeurs de longue durée dans le chômage

41,0

42,2

40,4

37,9

35,4

 

Source : Emploi, chômage, population active : Bilan de l’année 2009, n°  050, DARES Analyses, juillet 2010.

Champ : population des ménages de France métropolitaine.

1. Bureau international du travail.

Entrer dans le sujet

  • Une classe sociale est un groupe social ayant une existence de fait dont les membres partagent un certain nombre de caractères sociaux (valeurs communes, mode de vie, conscience collective…)
  • L’expression « brouillage des frontières de classe » évoque l’idée que les différences sociales apparaissent moins marquées entre les groupes sociaux.

Dégager la problématique

Il s’agit de montrer que la structure sociale contemporaine est caractérisée par une atténuation des clivages traditionnels entre groupes sociaux qui limite la portée des analyses en termes de classes sociales.

Exploiter les documents

Document 1

Ce graphique met en évidence la diminution au cours des trente dernières années du sentiment d’appartenance à une classe. Alors que 68 % des personnes interrogées en 1976 partageaient ce sentiment, ils ne sont plus que 55 % en 2002, soit une baisse de treize points. Parallèlement, le sentiment de ne pas appartenir à une classe voit sa part augmenter au cours de la même période, passant de 26 à 44 % des personnes interrogées.

Document 2

Ce graphique compare le temps hebdomadaire passé devant la télévision et des écrans selon plusieurs critères : sexe, âge, niveau de diplôme, groupe socioprofessionnel. L’appartenance à un groupe socioprofessionnel reste un critère déterminant de différenciation des pratiques, particulièrement dans l’usage de la télévision, puisque les ouvriers la regardent en moyenne dix heures de plus par semaine que les cadres supérieurs.

Mais d’autres critères apparaissent importants :

  • les femmes passent en moyenne quatre heures de moins par semaine devant les écrans 
  • le critère de l’âge est particulièrement clivant, beaucoup plus que le niveau de diplôme.

Document 3

Ce graphique met en évidence deux transformations de la population active entre 1962 et 2007 :

  • le déclin des actifs indépendants (agriculteurs en premier lieu) et des ouvriers, dont la part dans la population active a baissé de quinze points 
  • la progression de la catégorie des employés, professions intermédiaires et cadres qui représente aujourd’hui les deux tiers de la population active et qui illustre une relative homogénéisation sociale.

Document 4

Ce tableau montre que le taux de chômage est sensible à deux variables :

  • les femmes sont en moyenne plus touchées par le chômage que les hommes, même si cet écart se réduit 
  • les jeunes actifs de moins de 25 ans sont particulièrement frappés avec un taux de chômage trois fois plus élevé (23,7 %) que les 25-49 ans (8,2 %).

Définir le plan

Le sujet invite à montrer que les frontières entre classes sociales ont tendance à se brouiller d’une part car la société tend à s’homogénéiser, d’autre part car les critères de différenciation sociale se diversifient.

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