Le conflit israélo-arabe depuis 1948

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale
Type : Composition | Année : 2012 | Académie : Inédit
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Le conflit israélo-arabe depuis 1948

Un foyer de conflits

Corrigé

17

Histoire

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Sujet inédit

composition

Entrer dans le sujet, définir les mots clés

  • Le sujet porte sur le conflit qui oppose l’État d’Israël, proclamé en 1948, aux nations arabes du Proche et du Moyen-Orient (le conflit a en effet une dimension internationale), en particulier la communauté arabe palestinienne.
  • Il faut donc cerner ce à quoi le sujet vous invite à réfléchir. La date de début est celle de la création de l’État d’Israël (1948). Le mot « conflit » est au singulier, ce qui invite à travailler plus précisément sur le problème israélo-palestinien. Le terme « arabe » exige d’évoquer dans le devoir les nations qui soutiennent la cause palestinienne.

Dégager la problématique

Votre développement peut se construire autour de la question suivante : comment est-on passé d’un état de guerre à un processus de paix, au fur et à mesure que le jeune État israélien continue de se construire ?

Définir le plan

Nous vous proposons un plan chronologique, car il traduit une évolution (comment le conflit a-t-il évolué depuis 1948 ?). Si le plan thématique est possible (autour de trois grands axes : les acteurs, les guerres, les traités par exemple), il permet plus difficilement de montrer les changements dans la nature et les modalités du conflit.

I. Un conflit entre pays arabes et Israël (1948-1967)

II. Un conflit qui se recentre sur la cause palestinienne (1967-1988)

III. Les échecs de la mise en œuvre d’un processus de paix depuis le début des années 1990

Corrigé

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Contexte] Le 14 mai 1948, le Premier ministre israélien Ben Gourion fait proclamer l’État d’Israël, aussitôt reconnu par les États-Unis et l’URSS. Dès lors, un conflit durable d’envergure internationale se déclenche dans la région du Proche et du Moyen-Orient.

[Problématique et annonce du plan] On peut s’interroger sur la manière dont on est passé d’un état de guerre à un processus de paix, au fur et à mesure que le jeune État israélien continue de se construire. Dans un premier temps, nous verrons comment la question palestinienne devient un enjeu de combat entre les États arabes et Israël jusqu’en 1967, puis nous évoquerons les nouvelles formes prises par le conflit jusqu’en 1988 avant d’analyser la mise en œuvre d’un processus de paix.

Un conflit entre pays arabes et Israël (1948-1967)

1. La naissance de l’État d’Israël et le début du conflit

  • L’accélération de l’arrivée des Juifs en Palestine, sous mandat britannique, pousse l’ONU à recommander la division en deux États juif et arabe le 19 novembre 1947. La ville de Jérusalem est placée sous contrôle des Nations unies. Depuis ses origines, le conflit israélo-arabe est donc d’essence territoriale.
  • Aussitôt après la proclamation de l’État d’Israël, une première guerre débute. Elle se termine en 1949 au profit de l’État israélien qui augmente la superficie de son territoire de 40 %. De nombreux Palestiniens vont se réfugier dans les États arabes environnants.

2. L’internationalisation du conflit

  • La crise de Suez (1956) inscrit le conflit dans la guerre froide. L’URSS soutient l’Égypte de Nasser et la Syrie, alors que les États-Unis font d’Israël un point d’ancrage de leur diplomatie dans la région.
  • La guerre des Six-Jours (1967) aggrave les sources de tension avec Israël et les États de la région. Israël occupe alors le Sinaï, la Cisjordanie, le plateau du Golan et Jérusalem-Est. Malgré le désaccord de l’ONU, l’État hébreu refuse de céder et de rendre les territoires, et pose comme préalable la reconnaissance de son existence par ses adversaires.

Un conflit qui se recentre sur la cause palestinienne (1967-1988)

1. La déstabilisation de la région

  • Les États voisins d’Israël sont déstabilisés par la menace palestinienne en Jordanie (difficultés avec les réfugiés).
  • La guerre au Liban fait caisse de résonance avec le conflit israélo-palestinien. Le pays, déstabilisé par l’installation des Palestiniens chassés de Jordanie en 1970, entre dans une guerre civile qui commence par un accrochage entre phalangistes chrétiens et Palestiniens en 1975 à Beyrouth.
  • Le 6 octobre 1973, la guerre du Kippour sonne comme une revanche des Arabes et un avertissement pour les puissances occidentales. L’Égypte lance une attaque contre Israël, mais l’échec militaire est total. Les deux Grands mettent fin à cette nouvelle crise.

2. La difficile affirmation de l’OLP

  • Yasser Arafat prend la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1969. Il est à la tête d’une organisation qui se fixe comme objectif la destruction d’Israël (charte de 1964). En 1974, l’OLP accède à un siège d’observateur à l’Assemblée de l’ONU. Les Palestiniens entament alors une guerre d’un type nouveau : actions terroristes, lutte contre les Israéliens dans les territoires occupés (première intifada en 1987).
  • En juin 1982, le Liban est utilisé à la fois par Israël, la Syrie, l’Iran et l’OLP dans leur stratégie politique. Cherchant à détruire l’OLP, Israël envahit le Liban en 1982 et assiège Beyrouth. L’OLP doit alors quitter la ville.
  • L’OLP doit faire face à son éloignement géographique par rapport à la population palestinienne depuis son exclusion du Liban en 1982. En 1988, l’organisation proclame l’existence d’un État palestinien indépendant fondé sur des résolutions de l’ONU et affirme sa condamnation du terrorisme.

Les échecs de la mise en œuvre d’un processus de paix depuis le début des années 1990

1. Succès et échecs de la négociation des États-Unis

  • Dès 1988, les États-Unis dialoguent avec l’OLP pour lui faire admettre des frontières sûres et reconnues pour l’État hébreu.
  • Le 13 septembre 1993, une poignée de main historique entre le Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, et le chef de l’OLP, Yasser Arafat, conclut une déclaration de principe en vue d’une paix.
  • L’assassinat de Yitzhak Rabin par un extrémiste juif, en novembre 1995, entraîne l’arrivée de premiers ministres moins favorables au processus de paix en Israël. En 2000, le président américain Bill Clinton tente à nouveau un sommet israélo-palestinien à Camp David, mais c’est un échec.

2. Un processus en panne

  • Une seconde intifada est déclenchée en Palestine au début des années 2000. Les attentats extrémistes du Hamas (mouvement de résistance islamique), hostile à Arafat, mettent en échec le processus de paix.
  • En 2003, Israéliens et Palestiniens se sont engagés à mettre en application les termes d’une feuille de route pour la paix au Proche-Orient. Cette dernière comportait un calendrier et des dates limites à respecter. La création d’un État palestinien indépendant, démocratique, viable était affirmée. En 2006, Mahmoud Abbas, successeur de Yasser Arafat, œuvre pour la création d’un État palestinien et annonce un référendum.

Conclusion

[Réponse à la problématique] Le conflit entre Israël et la Palestine a donc connu trois grandes phases. Au départ, un certain nombre de nations arabes sont entrées en guerre contre le nouvel État d’Israël. Rapidement, les Palestiniens vont recentrer leurs conflits sur leur cause et organiser un mouvement de résistance. L’intervention de nombreux pays à l’échelle internationale a permis de conduire un processus de paix qui reste à ce jour inachevé.

[Ouverture] Si une majorité d’États a reconnu l’existence de la Palestine, les changements politiques intervenus depuis 2011 au Proche et Moyen-Orient isolent un peu l’État d’Israël, qui refuse pour l’instant de négocier.