Le continent africain face au développement et à la mondialisation

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : L'Afrique : les défis du développement
Type : Composition | Année : 2013 | Académie : France métropolitaine
Corpus Corpus 1
Le continent africain face au développement et à la mondialisation

L’Afrique : les défis du développement

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Géographie

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France métropolitaine • Septembre 2013

composition

Les clés du sujet

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Les termes du sujet

 

Terme

Définition

continent africain

Le continent africain n’inclut pas seulement l’Afrique noire. Il faut donc insister sur la diversité des situations de développement.

développement

Processus de croissance économique qui amène une amélioration globale des conditions de vie de l’ensemble d’une population.

mondialisation

Mise en relation des différentes parties du monde par des flux. La mondialisation est inséparable du capitalisme qui l’a mise en place.

 

La problématique

Quelle est la situation de l’Afrique face aux questions de développement ? Le continent connaît-il un réel décollage économique ? Quelle place occupe-t-il dans la mondialisation ? Autrement dit, dans quelle mesure la mondialisation favorise-t-elle le développement du continent africain ?

Utilisez les mots clés


 

Évitez les pièges

  • Attention à l’expression « continent africain » : vous devez à la fois prendre en compte la totalité de la région géographique – l’Afrique n’est pas seulement « le continent noir » –, mais aussi bien nuancer les propos de portée générale.
  • Il y a deux écueils à éviter, l’afro-pessimisme et l’afro-optimisme. Le premier était à la mode dans les années 1970 à 1990. Aujourd’hui, c’est plutôt le second qui sert de cadre usuel d’analyse. Conservez donc une position équilibrée dans vos développements.
Corrigé
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Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Présentation] L’Afrique est toujours, et de loin, le continent le plus pauvre de la planète. Et les raisons d’espérer un changement fondamental de cet état de fait sont bien minces.

Conseil

La problématique est un questionnement, intégrant les termes du sujet, qui servira de fil conducteur à votre propos. Ici, un rapport de causalité lie les deux mots clés : développement et mondialisation.

[Problématique] L’Afrique est pourtant un espace d’une grande diversité, où les situations sont très variées. La mondialisation pourrait en être sa chance. Dans quelle mesure celle-ci favorise-t-elle le développement du continent africain ?

[Annonce du plan] Les enjeux et les défis, notamment démographiques, sont évidemment considérables ; le retard de développement abyssal. Mais l’insertion africaine dans la mondialisation présente des opportunités remarquables.

I. Enjeux et défis démographiques africains

1. La bombe démographique ?

  • En 1900, l’Afrique ne représentait que 7 % de la population mondiale, contre 16 % aujourd’hui et 25 % en 2050. Les Africains sont 1,101 milliard, et devraient être 2,4 milliards en 2050.
  • La cause majeure en est l’entrée du continent, depuis les années 1950, dans la transition démographique : la mortalité y a beaucoup diminué alors que la natalité reste très élevée. La fécondité y est encore plus haute (4,8 enfants par femme) que partout ailleurs.

Attention

Dans votre copie, n’oubliez pas de nuancer en montrant combien l’Afrique compte des sous-régions dont les situations sont différentes.

  • Si l’Afrique du Nord comme l’Afrique australe sont bien avancées dans cette évolution, le reste de l’Afrique voit seulement le début de la baisse de la fécondité.

2. La croissance démographique : chance ou fardeau ?

  • L’Afrique est jeune : 41 % de sa population a moins de 15 ans – 31 % en Afrique australe et septentrionale. Dans bon nombre de pays, la population double en 25 ans.
  • Cette croissance démographique génère des besoins d’investissement énormes. Il faudra ainsi créer 330 millions d’emplois d’ici 2030.
  • Mais elle permet aussi de donner naissance à de vastes marchés intérieurs. Par ailleurs, l’Afrique sera le seul réservoir de main-d’œuvre dans la seconde partie du xxie siècle.

3. L’explosion urbaine : surcharge ou modernité ?

  • L’Afrique est le continent le plus rural de la planète – 60 % de sa population vit à la campagne –, mais c’est aussi celui où l’urbanisation progresse le plus vite – son taux a été multiplié par neuf entre 1950 et 2000.
  • La brutalité de la croissance urbaine est telle que les villes africaines sont incapables d’assurer la sécurité ou de fournir les infrastructures nécessaires, notamment en logement : toutes ont ainsi leurs bidonvilles.
  • Les villes africaines constituent pourtant les laboratoires de l’évolution du continent. La baisse de la fécondité y est à présent nettement engagée.

[Transition] Avec ces contraintes, comment l’Afrique peut-elle se développer ?

II. L’Afrique face au développement

1. Les retards différenciés du développement africain

  • Le développement africain est en retard sur le reste du monde, plus encore en Afrique subsaharienne : l’indice de développement humain (IDH) y est de 0,475 en 2013 et la région compte 33 pays les moins avancés (PMA) sur 48.
  • La part de la population dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté dépasse les 80 % au Burundi ou encore au Libéria. Tous les indicateurs socio-économiques attestent de ce retard africain : analphabétisme, mortalité infantile, malnutrition, etc.
  • Pourtant, l’économie informelle et les solidarités familiales représentent un filet de sécurité vital pour les populations.

2. Un retard multifactoriel

  • Le poids de l’histoire est fondamental : les traites négrières européennes et arabes déportèrent environ 42 millions de personnes. La domination coloniale de l’Europe a créé des économies de rente, littoralisées et extraverties.
  • Les pays africains ont connu par ailleurs de nombreuses guerres depuis les indépendances, dont les causes résident dans la fragilité des constructions étatiques, les différends ethniques ou religieux, la convoitise des profits tirés des ressources naturelles.
  • Enfin, les États africains sont minés par une corruption endémique et des choix économiques hasardeux.

3. Aide au développement et nouveau contexte global

  • La crise de la dette des années 1980 a obligé les États africains à accepter les programmes d’ajustement structurels du Fonds monétaire international (FMI) tandis que la fin de la guerre froide est synonyme de baisse de l’aide publique au développement (APD).
  • Mais lexxiesiècle change le contexte : avec les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), l’APD reprend en direction de l’Afrique.
  • Une fenêtre d’opportunité s’ouvre alors pour le continent.

[Transition] La forte croissance économique mondiale jusqu’en 2008 et depuis 2010 propulse l’Afrique dans la mondialisation. Pour quel résultat ?

III. L’Afrique dans la mondialisation

1. L’intégration par les matières premières

Conseil

Vous pouvez développer un cas que vous aurez préparé, par exemple le pétrole du golfe de Guinée.

  • L’Afrique est riche de tous types de matières premières (agricoles, minières ou énergétiques) qu’elle exploite souvent via des firmes transnationales (FTN).
  • Cette richesse a généré des économies de rente. 64 % des exportations africaines concernent des matières premières, dont la croissance des pays émergents renchérit le prix.
  • Le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) des États africains a été de 4,8 % par an en moyenne de 2002 à 2012, malgré la crise. L’augmentation des exportations africaines prouve cette insertion croissante dans la mondialisation.

2. De nouvelles formes d’intégration

  • Les besoins annuels en infrastructures sont évalués à 90 milliards de dollars. L’Afrique est devenue une zone attirant les investissements directs étrangers (IDE), lesquels ont quintuplé entre 2000 et 2012.
  • Mais l’intégration à la mondialisation se fait aussi par la consommation, avec la montée en puissance des classes moyennes africaines. En 2011, le tiers de la population du continent est ainsi sorti de la pauvreté.
  • L’intégration par les technologies de l’information et de la communication (TIC) est plus manifeste encore : l’Afrique est devenue le 2e marché mondial pour la téléphonie mobile, avec 750 millions d’abonnés fin 2012.

3. L’Afrique, enjeu des anciennes et nouvelles puissances

  • Les liens avec l’Europe, ancienne puissance coloniale, restent forts, via notamment les Accords de partenariat économique (APE) de l’Union européenne. La France intervient aussi militairement, en Côte d’Ivoire, en Libye, au Mali, en Centrafrique.
  • L’Afrique a acquis un intérêt géopolitique pour les États-Unis avec la guerre contre le terrorisme et les gisements pétroliers du golfe de Guinée.
  • La Chine surtout investit massivement dans l’énergie et les mines africaines, mais également dans le secteur manufacturier et l’agriculture.

Conclusion

[Reprise] Au total, les enjeux et les défis sont considérables : l’Afrique est le dernier continent en croissance démographique. Face au rythme de celle-ci, le développement économique a beaucoup de mal à sortir ses États de la pauvreté. Mais l’Afrique s’insère de plus en plus fortement dans la mondialisation, que ce soit par l’exploitation de ses matières premières, par les IDE ou par la montée en puissance de ses classes moyennes.

[Réponse] Cette intégration accélérée dans la mondialisation représente donc une opportunité pour le continent. Il s’agit certes d’une insertion dominée et dépendante, mais elle offre les perspectives de croissance et de développement les plus prometteuses depuis les indépendances.

[Remise en perspective] La mondialisation, que les sociétés européennes rendent souvent responsable de leur déclin économique, n’est donc pas négative pour tous !