Le continent africain face au développement et à la mondialisation

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'Afrique : les défis du développement
Type : Composition | Année : 2015 | Académie : Inédit
Corpus Corpus 1
Le continent africain face au développement et à la mondialisation

L’Afrique : les défis du développement

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Géographie

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Sujet inédit

composition

Les clés du sujet

Entrer dans le sujet

  • Le sujet qui vous est proposé correspond à un intitulé du programme. L’échelle retenue est l’échelle continentale, même si, au cours de votre devoir, vous pouvez prendre en compte d’autres échelles.
  • Deux notions clés seront au cœur de votre réflexion : celle de développement, c’est-à-dire de l’accroissement des richesses conjugué à l’amélioration des conditions de vie de la population ; celle de mondialisation, qui désigne la mise en relation progressive des territoires et des sociétés à l’échelle mondiale.

Dégager la problématique

La problématique que vous formulerez doit mettre en relation les deux notions clés du sujet, en vous rappelant que le continent africain connaît depuis une quinzaine d’années un réel développement et s’insère rapidement dans l’espace mondialisé. La formulation suivante pourrait convenir : « Dans quelle mesure le continent africain se développe-t-il tout en s’intégrant dans la mondialisation ? »

Définir le plan

  • Dans l’élaboration de votre plan, vous devez éviter de dissocier développement et intégration dans la mondialisation. Pour répondre de façon pertinente et complète à la problématique, un plan analytique est le plus adapté.
  • Vous rappellerez d’abord les difficultés de développement et la faible insertion dans l’espace mondialisé du continent africain ; puis les signes de décollage et d’intégration ; enfin, les défis qu’il lui reste à relever.
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Les titres en couleur servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

Info

La République démocratique du Congo, l’Érythrée, le Mozambique, le Congo et la Tanzanie ont une croissance supérieure à 7 % (2014).

[Accroche et présentation du sujet] Parmi les dix premiers pays ayant connu la plus forte croissance économique en 2014 figurent cinq États africains, d’après Le Monde en 2015 publié par les journaux The Economist et Courrier international. Ce classement est un des signes du récent décollage économique du continent africain. En effet, depuis une quinzaine d’années, l’Afrique se développe, avec la croissance des richesses et l’amélioration des conditions de vie de sa population ; en même temps, elle s’insère rapidement dans l’espace mondialisé avec l’intensification des flux qui la relient au reste du monde.

[Problématique et annonce du plan] C’est pourquoi nous répondrons à la question suivante : dans quelle mesure le continent africain se développe-t-il tout en s’intégrant dans la mondialisation ? Nous rappellerons d’abord les difficultés chroniques de l’Afrique en termes de développement et d’insertion, puis les signes récents de décollage et d’ouverture, avant de préciser les défis auxquels elle doit faire face.

I. Un continent longtemps en marge du développement et de la mondialisation

1. De nombreux indicateurs de mal-développement

Gagnez des points !

Ne retenez que les indicateurs les plus parlants pour donner de la force à votre argumentation.

  • L’Afrique comprend 34 PMA sur 49 dans le monde. Ils se situent dans la partie subsaharienne (exemples : Niger, Madagascar).
  • 300 millions de personnes (sur 1,1 milliard d’habitants) vivent en dessous du seuil de pauvreté (moins de 1 dollar par jour).
  • L’espérance de vie (57 ans) est beaucoup plus faible que la moyenne mondiale (69 ans). La sous-alimentation touche 225 millions de personnes. Les risques sanitaires demeurent nombreux : paludisme, sida et, plus récemment, virus Ebola.

2. Une faible insertion dans la mondialisation

Avec 15 % de la population mondiale, l’Afrique ne réalise que 3 % du commerce mondial.

Info

Cette situation est caractéristique des économies de rente fondées sur l’exploitation des ressources naturelles.

  • Les échanges commerciaux restent très déséquilibrés : le continent exporte des produits bruts (pétrole, minerais, bois) et importe des produits industriels.
  • L’exploitation des nombreux gisements énergétiques et miniers est contrôlée par des firmes transnationales des pays occidentaux et émergents (Chine, Inde, Brésil).

II. Le décollage de l’Afrique

1. Des signes de croissance économique

  • La croissance économique de l’Afrique s’accélère : le taux de croissance est passé de 2,6 % pour la décennie 1990-2000 à 5 % pour 2000-2010.

Attention !

L’Afrique du Sud, membre des BRICS, est la seule puissance économique compétitive à l’échelle mondiale.

  • Les « Lions africains » (l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria, l’Algérie, le Maroc, l’Angola) qui réalisent 65 % du PIB du continent se distinguent par leur dynamisme.
  • Des classes moyennes, représentant environ 100 millions de personnes, émergent dans certains pays (Afrique du Sud, Maghreb). Elles constituent un marché de consommation important.

2. Une rapide ouverture à la mondialisation

  • Les investissements étrangers sur le continent ont augmenté de plus de 80 % entre 2003 et 2010 : les pays émergents, Chine en tête, exploitent des gisements miniers et d’hydrocarbures, financent des infrastructures de transport et achètent des terres agricoles.
  • De grands ports ont été aménagés, notamment pour les adapter à la conteneurisation (Tanger au Maroc, Durban en Afrique du Sud).

Définition

Les NTIC désignent les nouvelles technologies de l’information et de la communication, comme Internet ou la téléphonie mobile.

  • Les flux d’informations reliant l’Afrique au reste du monde ont explosé grâce à l’usage des NTIC : le nombre d’internautes a été multiplié par 7 entre 2004 et 2013.

III. De nombreux défis à relever

1. Une forte croissance démographique

  • L’Afrique comptera 1,5 milliard d’habitants en 2030, 2 milliards en 2050. De nombreux besoins seront donc à satisfaire pour une population jeune (40 % de moins de 15 ans) : alimentation, santé, éducation, etc.

Info

Le Caire (16 millions d’habitants), Lagos (13 millions) et Kinshasa (10 millions) sont les plus peuplées.

• Le continent connaît aussi une véritable explosion urbaine : le taux d’urbanisation est passé de 14 % en 1950 à 40 % en 2010. La croissance des mégapoles africaines entraîne l’extension des bidonvilles sans connexion aux réseaux de transport, d’eau, d’électricité.

2. De fortes inégalités territoriales et sociales

  • De nombreuses disparités territoriales divisent le continent : opposition entre « Lions africains » insérés dans la mondialisation et pays en marge ; contraste entre régions urbaines riches et espaces ruraux peu développés.
  • L’insertion dans la mondialisation profite aux élites, aux classes moyennes urbaines et aux diasporas (chinoise, indienne). La masse de la population vit dans une situation de grande précarité, ce qui alimente tensions et violence.

3. L’instabilité politique, frein majeur au développement

  • De nombreuses régions sont touchées par de graves conflits : le Sahara, foyer du terrorisme islamiste et plaque tournante du trafic de drogue ; la corne de l’Afrique, base de repli de la piraterie ; l’Afrique centrale où s’affrontent des groupes armés pour le contrôle des ressources naturelles.
  • Ces conflits maintiennent de nombreux États dans le mal-développement et freinent leur insertion dans la mondialisation (exemple : République démocratique du Congo).

Conclusion

[Réponse à la problématique] Ainsi, le continent africain, resté longtemps à l’écart du développement et de la mondialisation, connaît un véritable décollage depuis les années 2000. Cependant, d’importants défis démographiques, sociaux et politiques sont à relever.

[Ouverture] Pour l’économiste nigérian Tony Elumelu, la promotion de l’« africapitalisme » doit permettre d’y parvenir.