Le continent africain face au développement et à la mondialisation

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'épreuve orale
Type : Sujet d'oral | Année : 2016 | Académie : Inédit

 

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Sujet d’oral no 7

avec document

Le continent africain face au développement et à la mondialisation

Document Éditorial de la revue Problèmes économiques

Une décennie de croissance forte et continue

Au cours de la dernière décennie, l’Afrique a connu une croissance économique vigoureuse. Le taux annuel moyen de croissance dans la production réelle est passé de 1,8 % entre 1980 et 1989 à 2,6 % entre 1993 et 2000, puis environ 5 % entre 2000 et 2010. À partir du nouveau millénaire, le continent a enregistré un taux moyen de croissance économique supérieur à celui de l’économie mondiale. En Afrique subsaharienne, la croissance s’est établie en 2013 à 5 % et devrait être de 5,8 % pour 2014. Ces performances remarquables laissent à penser que l’Afrique a atteint un tournant dans son développement et qu’elle devrait dorénavant jouer un rôle plus important dans l’économie mondiale.

De multiples facteurs à la source de la croissance

De multiples facteurs sont à l’origine de la dynamique de croissance de l’Afrique depuis l’année 2000 : une meilleure gestion macroéconomique, une forte demande intérieure, en particulier en raison de l’émergence des classes moyennes, un climat politique relativement plus stable, le niveau élevé des prix des produits de base, le renforcement de la coopération économique avec les pays émergents, l’augmentation de l’aide publique au développement ou encore l’accroissement des flux d’investissement direct à l’étranger (IDE).

Un développement fragile et inégal selon les pays

Toutefois, les épidémies du virus Ebola qui sévit au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone depuis l’hiver 2013 ou l’insécurité que font régner dans la région sahélo-saharienne les groupes armés islamistes rappellent que le « miracle africain » reste fragile. En dépit de la croissance économique des dernières années et des réels progrès accomplis par de nombreux pays, le continent reste en effet confronté à des difficultés considérables. D’une manière générale, l’insécurité alimentaire, un taux de chômage élevé, la pauvreté et les inégalités, la dépendance à l’égard des produits de base, l’absence de transformation économique, la dégradation de l’environnement et une intégration insuffisante du continent dans l’économie mondiale sont des obstacles majeurs qui continuent de se dresser sur la voie du développement.

Problèmes économiques no 3102, janvier 2015.

Corrigé

 

Préparation

Entrer dans le sujet

Le sujet porte sur la mise en œuvre générale de la question 2 du thème 3 intitulée L’Afrique : les défis du développement.

Le libellé du sujet vous invite à mettre en évidence deux défis du continent africain : le développement (c’est-à-dire l’accroissement des richesses d’un territoire conjugué à l’amélioration des conditions de vie de sa population) et l’insertion dans l’espace mondialisé. En d’autres termes, dans quelle mesure l’Afrique se développe tout en s’insérant dans la mondialisation ?

Organiser l’exposé

Le document qui vous est proposé, un éditorial de revue économique, fournit de nombreuses informations sur le sujet. Vous pourrez cependant le compléter par vos connaissances : en citant des exemples plus précis ou en prenant en compte d’autres échelles que l’échelle continentale (échelle subcontinentale, nationale voire régionale ou locale).

Deux choix s’offrent à vous pour structurer votre présentation : soit un plan analytique comme celui adopté par cet éditorial (la croissance économique, ses facteurs, ses limites) ; soit un plan dialectique opposant les réussites aux faiblesses de l’Afrique en matière de développement et d’insertion dans la mondialisation. La seconde formule, plus personnelle, est susceptible d’être davantage valorisée par l’examinateur.

Présentation

Introduction

Le document proposé est un éditorial de la revue Problèmes économiques, paru début 2015. Il traite des défis du continent africain. Nous l’analyserons pour répondre à la question suivante : dans quelle mesure l’Afrique se développe-t-elle et s’insère-t-elle dans l’espace mondialisé ? Pour ce faire, nous soulignerons les réussites du continent puis ses difficultés à répondre à ce double défi.

I. Le « miracle africain »

1. Une croissance économique exceptionnelle

En trente ans, de 1980 à 2010, le taux annuel de croissance économique de l’Afrique passe de 1,8 % à 5 %. Durant cette période, il est ainsi supérieur à la moyenne mondiale.

Cette croissance est inégale : elle touche davantage l’Afrique subsaharienne (Nigeria, Mozambique) que l’Afrique du Nord (Tunisie, Libye).

Les causes de cette croissance sont multiples : une relative ­stabilisation ­politique liée aux transitions démocratiques ; l’émergence de classes moyennes soutenant la demande intérieure ; le cours élevé des matières premières (pétrole, métaux) ; une meilleure insertion dans la mondialisation.

2. Une rapide insertion dans l’espace mondialisé

Les investissements étrangers (IDE) sur le continent, en provenance de la Chine notamment, sont en rapide augmentation. Ils financent l’exploitation des gisements miniers et d’hydrocarbures, les infrastructures de transport (ports, voies ferrées, barrages) et l’achat de terres agricoles.

Les échanges commerciaux avec les pays émergents (Chine, Inde, Brésil) s’intensifient : les pays africains exportent des produits bruts et importent des produits manufacturés. Depuis 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique.

D’autres signes d’une plus grande ouverture sur l’espace mondialisé sont visibles : l’aménagement de ports à conteneurs (ex. : Tanger au Maroc, ­Durban en Afrique du Sud) ; l’explosion des flux d’information (téléphonie mobile, Internet).

II. Les limites du miracle

1. De nombreux signes de mal-développement

Une majorité de la population (1 milliard de personnes) vit dans des conditions difficiles, marquées par l’insécurité alimentaire, les épidémies (Ebola en Afrique de l’Ouest), le chômage et la pauvreté. La forte croissance démographique (2 milliards d’habitants prévus en 2050) et l’explosion urbaine dans les mégapoles (Le Caire, Lagos) risquent d’aggraver ces difficultés.

De fortes inégalités sociales (entre ceux qui profitent de la croissance économique et ceux qui en sont exclus) caractérisent de nombreux États africains (ex. : Afrique du Sud). Elles sont aggravées par le clientélisme et la corruption pratiqués par les élites politiques.

De grandes disparités territoriales divisent aussi le continent : opposition entre pays intermédiaires (Ghana) ou émergents (Afrique du Sud) et PMA (Mali, Somalie) ; entre métropoles et espaces ruraux ; entre littoral et intérieur ; entre quartiers résidentiels et bidonvilles.

2. Une inégale insertion dans la mondialisation

L’exploitation des richesses minières et énergétiques de l’Afrique reste dépendante des investisseurs étrangers (européens, américains, chinois). Le néologisme « Chinafrique » traduit l’influence économique de la Chine sur l’ensemble du continent.

Les échanges commerciaux du continent sont très déséquilibrés : les recettes d’exportations reposent sur des produits bruts. Les variations des cours des matières premières rendent ces recettes aléatoires.

L’insécurité de nombreuses régions (Sahel, Grands Lacs) est un obstacle aux investissements étrangers et au développement. De nombreux États sont ainsi déstabilisés par l’activisme de groupes islamistes affiliés à l’État islamique ou Al Qaïda (Libye, Niger, Nigeria).

Conclusion

En somme, un certain nombre d’indicateurs témoignent des performances du continent africain quant au développement et à l’insertion dans la mondialisation. Cependant, l’Afrique souffre encore de mal-développement et reste un pôle dominé dans l’espace mondialisé. Il n’y a donc pas de véritable « miracle africain ».