Le FMI, outil de gouvernance économique mondiale ?

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Gouverner à l'échelle mondiale
Type : Etude critique de document(s) | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Le FMI, outil de gouvernance économique mondiale ?
 
 

L’échelle mondiale

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Histoire

27

CORRIGE

 

Sujet inédit

étude critique de documents

> Après avoir présenté les documents en précisant leur contexte, présentez de façon critique le rôle initialement assigné au FMI, puis expliquez les reproches dont il peut faire l’objet aujourd’hui.

DOCUMENT 1

Les objectifs du FMI selon Eisenhower

« La coopération internationale est la clé décisive de la paix. Elle doit advenir. Elle doit progresser d’année en année ou bien le monde sera plus pauvre à cause de cet échec. […] Avec la Banque mondiale et le FMI, nous avons la possibilité d’étendre le champ de la coopération à notre vie économique, à la vie économique internationale. Comme la compréhension mutuelle, la bonne volonté et, par-dessus tout, la confiance réciproque sont la base de toute transaction économique dans une nation, elles le sont aussi le monde. […] Comme la confiance grandira, nous irons vers une augmentation générale des niveaux de vie dans le monde. L’économie se renforcera dans la confiance ainsi engendrée. »

Déclaration de Dwight D. Eisenhower, président des États-Unis, 28 septembre 1956.

DOCUMENT 2

Le rôle du FMI face au printemps arabe

« “Notre situation n’est pas bonne et le FMI ne vient pas proposer un prêt à un pays. Au contraire, c’est le pays qui vient vers le FMI”, a déclaré Elyes Fakhfakh, ministre [tunisien] des Finances, devant l’Assemblée nationale constituante, le 23 mai. Le 19 avril, Christine Lagarde, la directrice de l’institution internationale venue en février 2012, a annoncé l’accord d’un prêt de 1,75 milliard de dollars sur deux ans et remboursable en cinq, qui servirait de réserve d’urgence alors que la Tunisie va engager une batterie de réformes. Ces réformes "ne sont pas imposées par le FMI. L’institution ne fait qu’accompagner les efforts du gouvernement", plaide Ferjani Doghmane, député Ennahda et président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale constituante.

Augmentation des prix du carburant – qui ont déjà augmenté, engendrant une hausse des coûts des transports en commun –, baisse des impôts sur les sociétés, déplafonnement des taux d’intérêt, audit des entreprises publiques de l’énergie, des banques, réforme du code d’investissement, mais aussi de la caisse de compensation générale qui subventionne les prix de base…, toutes les réformes envisagées risquent de faire mal, mais c’est cette dernière mesure qui est la plus controversée. Le but de la réforme est de mieux cibler les aides vers les ménages nécessiteux. Mais en 1984, à la demande du Fonds monétaire international de stabiliser l’économie, Habib Bourguiba avait augmenté les prix du pain et des céréales. Des émeutes avaient éclaté, faisant, officiellement, 70 morts. »

Julie Schneider, « Le FMI, sauveur de la Tunisie ou fossoyeur de la révolution ? », Le point.fr, 27 mai 2013.

Lire la consigne

Le sujet porte sur le rôle du FMI comme outil de gouvernance économique mondiale (question 3 du thème 4 du programme). La consigne commande trois opérations : présenter le contexte des documents, définir le rôle du FMI, puis expliquer les reproches dont l’institution peut faire l’objet. Confirmé par le point d’interrogation placé à la fin de l’énoncé, le travail consiste à confronter l’ambition initiale du Fonds monétaire international à sa mise en œuvre sur la longue durée. L’invitation à présenter le FMI de « façon critique » oblige à discuter le bien-fondé des propos tenus par Eisenhower. De même, l’explication des reproches énoncés dans le second document est l’occasion de relativiser ceux-ci ou de les mettre en perspective. Le second document porte sur la Tunisie. Pour autant, il ne faut pas hésiter à recourir aux connaissances personnelles pour montrer que ce pays n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Analyser les documents

Le premier document est une déclaration officielle de 1956 émanant du président des États-Unis. Il permet de définir la ligne politique de la première puissance économique mondiale de l’époque, douze ans après qu’elle ait institué le FMI dans le cadre des accords de Bretton Woods. Le second document est le point de vue récent d’une journaliste française. Ce document est moins représentatif que le premier. Ni par sa date ni par son auteur, il ne peut être mis sur le même plan. La confrontation des deux textes permet toutefois de poser les bases d’un débat contradictoire sur le rôle du FMI tel qu’il existe.

Organiser la réponse

La consigne impose deux parties, une première pour définir le rôle du FMI tel qu’il fut conçu, une seconde pour énoncer les limites de l’institution. Chacune de ces parties se décomposera en sous-ensembles, afin de mettre en perspective historique les propos d’Eisenhower en premier lieu, ensuite pour présenter les critiques recensées et/ou les relativiser. Les deux démarches sont possibles.

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