Le Japon et la Chine : deux concurrents en Asie orientale

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'Asie du Sud et de l'Est : les enjeux de la croissance
Type : Analyse de document | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Le Japon et la Chine : deux concurrents en Asie orientale
 
 

L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de la croissance

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GÉOGRAPHIE

42

CORRIGE

 

Sujet inédit

analyse de documents

> Analysez ces documents pour dégager les fondements et les limites de la rivalité sino-japonaise en Asie orientale.

Document 1

Deux géants asiatiques ravivent leurs querelles

Le conflit territorial des îles Diaoyu-Senkaku, qui oppose la Chine et le Japon, se réveille. De part et d’autre, les sentiments nationalistes sont attisés par des forces internes qui jouent avec le feu.

Le 18 septembre, les protestations contre la nationalisation des îles Senkaku [rattachées à la préfecture d’Okinawa] par le gouvernement japonais ont gagné la province du Liaoning, théâtre de l’incident de Mukden en 1931 qui a servi de prétexte à l’invasion de la Mandchourie par le Japon. Ainsi, les manifestations antijaponaises ont atteint leur paroxysme en cette « journée d’humiliation nationale » pour les Chinois. […]

Cependant, les autorités chinoises continuent d’annuler les programmes d’échanges officiels avec le Japon [même la cérémonie de célébration des 40 ans de la normalisation des relations bilatérales prévue pour le 27 septembre a fini par être repoussée]. Il faut dire que le gouvernement japonais n’est pas non plus irréprochable. Certes, les îlots font partie du territoire japonais, mais, diplomatiquement parlant, le moment de les nationaliser était très mal choisi. En effet, la décision a été prise à peine deux jours après que le président chinois Hu Jintao a fermement insisté auprès du Premier ministre Yoshihiko Noda pour qu’on ne nationalise pas les îles lors du sommet de l’Apec (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique). […]

Par ailleurs, ce qui est particulièrement frappant dans les dégâts causés lors des manifestations, c’est que même l’usine du groupe Panasonic a été prise pour cible par les protestataires. Panasonic est pourtant un symbole de l’amitié sino-japonaise : la marque a été la première entreprise nipponne à s’être implantée en Chine en 1987, contribuant ainsi à la modernisation du pays. Nombreuses sont les sociétés nippones qui, comme Panasonic, contribuent encore au développement de la Chine.

Article paru dans le Tokyo Shimbun, repris dans Courrier international, n° 1143, 27 septembre 2012.

Document 2

Les litiges territoriaux sino-japonais


 

Courrier international, n° 1143, 27 septembre 2012.

  • La consigne porte sur la concurrence entre les deux principales puissances de l’Asie de l’Est : la Chine et le Japon. Il s’agit d’en montrer les facteurs (fondements) et de la relativiser (les limites). Vous devez vous limiter à l’échelle régionale.
  • Vous pouvez formuler votre problématique de la façon suivante : comment se manifeste la rivalité entre le Japon et la Chine en Asie orientale ?
  • La consigne indique assez clairement le plan que vous pouvez suivre : dans un premier temps, vous préciserez les raisons de cette rivalité ; dans un second temps, vous mentionnerez ses limites.
Corrigé

Les titres en couleur servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Présentation des documents] Le premier document est extrait d’un article d’un journal japonais (Tokyo Shimbun) traduit dans le Courrier international du 27 septembre 2012 ; il évoque le réveil du conflit territorial entre la Chine et le Japon autour des îles Diaoyu-Senkaku. Le second est une carte, provenant de la même source, qui illustre les litiges entre ces États en Asie orientale.

[Problématique et annonce du plan] L’analyse de ces deux documents soulève la question suivante : comment se manifeste la rivalité entre le Japon et la Chine en Asie orientale ? Pour y répondre, nous présenterons d’abord les fondements de cette concurrence avant d’en relativiser l’intensité.

I. Les fondements de la rivalité sino-japonaise en Asie orientale

1. De lourds contentieux historiques

  • En 1931, la Mandchourie (Nord-Est de la Chine) est envahie par l’armée japonaise (document 1), puis devient l’État du Mandchoukouo, sous contrôle japonais (document 2). À partir de 1937, les Japonais occupent également la Chine littorale, et affrontent les Chinois jusqu’en 1945.
  • Durant la guerre froide, la logique des blocs oppose la Chine communiste (à partir de 1949) et le Japon, allié des États-Unis. Les îles Senkaku (Diaoyu pour les Chinois), restituées au Japon par les États-Unis, sont alors revendiquées par la Chine.
  • De nos jours, ce lourd passé exacerbe encore les nationalismes japonais et chinois. Ainsi, la nationalisation par le Japon des îles Senkaku est perçue par les Chinois comme une « humiliation nationale » (document 1).

2. Des enjeux stratégiques et économiques (document 2)

 

Attention !

Pensez à faire le lien avec les autres thèmes du programme.

  • Le litige concernant les îles Senkaku souligne un enjeu stratégique : la présence maritime des deux puissances en mer de Chine orientale. Toutes les deux se réfèrent à la délimitation établie par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
  • Il met aussi en évidence un enjeu économique : les îles Senkaku se trouvent dans une zone riche en poissons et en hydrocarbures.

II. Les limites de cette rivalité

1. Le choix du dialogue et de la diplomatie

  • En 1972, les relations sino-japonaises ont été normalisées (document 1), ce qui a mis fin à plusieurs décennies d’antagonisme. Depuis, tous les désaccords entre les deux pays ont été réglés par voie diplomatique. Ainsi, la riposte chinoise à la nationalisation des îles Senkaku consiste à annuler les programmes d’échanges officiels avec le Japon (document 1).

2. Des coopérations économiques

 

Info

Contrairement à d’autres organisations économiques, l’APEC n’est ni un marché commun, ni même une zone de libre-échange.

  • Le Japon et la Chine sont engagés dans des programmes de coopération régionale, tels que l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) : ce forum de discussion entre États riverains du Pacifique constitue actuellement la zone de plus forte croissance économique mondiale.
  • Ils sont également partenaires économiques. En investissant et en délocalisant, les entreprises japonaises comme Panasonic ont contribué au décollage économique de la Chine (document 1).
  • Enfin, Japon et Chine ont réussi à se mettre d’accord sur le partage des ressources marines : un accord de 1997 a délimité une zone de pêche commune (document 2).

Conclusion

[Réponse à la problématique] La rivalité sino-japonaise repose sur de lourds contentieux historiques et sur la défense d’intérêts stratégiques et économiques. Ravivée par la montée en puissance économique de la Chine, elle doit cependant être nuancée par la prise en compte de paramètres géopolitiques et économiques.

[Critique des documents] L’intérêt de ces documents est de nous proposer une lecture nuancée de la compétition entre les deux grandes puissances d’Asie orientale. Néanmoins, le point de vue exprimé dans l’article est celui d’un journaliste japonais, plutôt défavorable à la Chine.