Le management stratégique : les choix en matière d’animation et de mobilisation des hommes

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle STMG | Thème(s) : Le management stratégique : les choix en matière d’animation et de mobilisation des hommes

Sujet de type Bac – Changement de statut et de management à la Monnaie de Paris

Créée en 864, la Monnaie de Paris est l’une des plus anciennes institutions françaises. Son histoire se conjugue avec celle de notre pays. Ces dernières années, des évolutions majeures ont pourtant eu lieu, fragilisant son statut et son personnel.

Vous analyserez la situation de management décrite dans les annexes ci-jointes en réalisant les travaux suivants :

1. Précisez le nouveau statut juridique de la Monnaie de Paris et de son personnel.

2. Montrez que ce changement de statut répond à une évolution des objectifs et des missions de Monnaie de Paris.

3. Identifiez les problèmes de management auxquels la direction de Monnaie de Paris doit faire face.

4. Proposez des pistes de solution permettant d’apaiser le climat social au sein de l’organisation.

Annexe 1 : Les Métamorphoses de la Monnaie de Paris

Au 11, quai de Conti, face au Pont Neuf, l’un des plus beaux monuments de la capitale n’est plus qu’un immense chantier. La Monnaie de Paris fait peau neuve. Une transformation qui n’est pas uniquement superficielle puisque la plus ancienne institution française (fondée en 864, elle fête ses 1 150 ans !), longtemps noyée dans le giron de Bercy, a pris son envol en 2007 et acquis son autonomie. « Nous demeurons certes un établissement public, souligne Gilles de Gouyon, mais à caractère industriel et surtout « commercial », possédant désormais sa comptabilité et ses objectifs propres, une véritable entreprise, donc. C’est une mutation d’envergure, complexe, mais passionnante ! ». Si la mission de la Monnaie reste triple : monopolistique via la frappe des pièces d’euros français, culturelle avec les collections de monnaies et les expos (qui rouvriront fin 2014 renforcés d’un restaurant Guy Savoy !) et enfin commerciale : vente de produits de collection, cadeaux et d’objets d’art, c’est surtout sur ce dernier point que les choses évoluent.

« Sur les 137 millions d’euros de CA réalisés en 2014, un tiers vient du monopolistique et le reste du commercial, le culturel ayant surtout vocation à attirer les gens jusqu’à nous. Mais la vraie inversion culturelle vient du fait qu’avant, nous vendions ce que nous produisions, et que désormais nous produisons ce que nous vendons, c’est-à-dire ce qui plaît au public. À terme, le petit village que nous occupons et qui fut longtemps un blockhaus va s’ouvrir pour devenir une sorte de Murano du métal, où les visiteurs pourront même voir les artisans de notre petite manufacture à l’œuvre » (…). Passer de plus d’un millénaire de fonctionnariat à l’économie de marché a forcément impliqué le renouvellement d’une partie de l’encadrement et la recherche de nouveaux talents.

Grandes écoles et universités magazine - Numéro 63 • avril 2014

Annexe 2 : Quels emplois à la Monnaie de Paris ?

Les fonctionnaires techniques de l’établissement public de la Monnaie de Paris comprennent :

• L’ingénieur en Chef, Chef du service de l’exploitation

• Les ingénieurs en Chef et les ingénieurs

• Le graveur général des monnaies

• Les chefs de fabrication et les chefs de fabrication adjoints

• Les chefs mécaniciens

• Les chefs d’atelier principaux et les chefs d’atelier

• Les maîtres graveurs et les graveurs

• Les adjoints techniques mécaniciens

Le corps des fonctionnaires techniques des Monnaies et médailles est en outre placé en voie d’extinction.

http://www.emploitheque.org/metier-etat-Fonctionnaires-techniques-des-Mo...

Annexe 3 : Une culture de la qualité

« C’est principalement du côté du marketing et du commercial (Quels produits dérivés ? Quelles expos ?) que nous prévoyons du renfort. Le projet MétaLmorphoses implique de la création de contenu, du travail sur les NTIC et le web et, dans un second temps, la recherche de profils plus techniques pour entrer en production. Ce qui est certain – industrie du luxe oblige – c’est qu’une certaine culture de la qualité est indispensable, une appétence également pour les produits manufacturés et le bel ouvrage ; l’attractivité de l’entreprise étant réelle : cadre magnifique, produits « sexy » liés au luxe mais aussi à la culture et l’histoire de France, vastes projets et ambitions, le tout dans une institution à taille humaine (500 collaborateurs) en plein essor. »

Grandes écoles et universités magazine - Numéro 63 • avril 2014

Annexe 4 : Quel avenir pour la Monnaie de Paris ?

Depuis le 1er janvier 2007, la Monnaie de Paris est un établissement public à caractère économique et commercial. Sept ans plus tard, entre un hall d’exposition à Paris et une aire de stockage à Pessac, que devient la mission régalienne de frapper la monnaie ? Certes, la réalisation des produits artistiques, médailles, bijoux, décorations et fontes était réservée aux ateliers parisiens et la fabrication des pièces à l’usine de Pessac.

En 2015, après plusieurs années de travaux pharaoniques, le bâtiment du quai de Conti à Paris est ouvert au public. Il a été transformé en complexe culturel avec un restaurant gastronomique, des boutiques, un grand jardin, des expositions d’art contemporain. Les promeneurs peuvent visiter les ateliers et découvrir les métiers d’art spécifiques : graveurs, bijoutiers, fondeurs d’art, estampeurs, émailleurs…

Le cœur de métier des ouvriers de la Monnaie de Paris est recentré sur le merchandising où le profit est le seul indicateur qui vaille. « Conserver le savoir-faire » est une expression à la mode, reprise dernièrement encore dans l’accord de génération signé en novembre 2013. Mais les ouvriers seront-ils encore là pour en bénéficier ?

En effet, depuis 2010, l’effectif est passé de 700 à 500 pour les deux établissements. Si aujourd’hui on recrute, c’est plutôt dans les fonctions de support que dans les métiers d’art et technique.

À Pessac, les conditions de travail aussi ont changé : malgré un plan de charge en déclin, les journées de travail s’organisent en 2×8, sur 5 ou 6 jours.

La direction demande toujours plus de flexibilité pour faire face aux commandes étrangères temporaires. L’usine de Pessac doit trouver des nouveaux marchés d’export car la demande des euros France est en baisse : 1.5 milliards de pièces par an, soit 2 fois moins qu’il y a quelques années (principalement des pièces de 1, 2, et 5 centimes).

La disparition envisagée par la Banque Centrale Européenne des pièces de 1 et 2 centimes inquiète le personnel. Déjà, la suppression de 20 emplois d’ici fin 2015 est annoncée sur le site de Pessac.

http://www.miroirsocial.com/actualite/10017/quel-avenir-pour-la-monnaie-...

Corrigé

1. Jusqu’en 2007, la Monnaie de Paris est une administration placée sous le contrôle direct de l’État.

En 2007, la Monnaie de Paris devient un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC). Ce statut lui permet de mener une politique commerciale et de développement de nature entrepreneuriale. L’activité de frappe de la Monnaie de Paris reste cependant encadrée par l’État : chaque frappe de monnaie à valeur faciale fait ainsi l’objet d’un arrêté préalable du ministre en charge des finances.

Les nouveaux salariés relèvent d’un contrat de droit privé. Les anciens salariés ont conservé leur statut de fonctionnaire.

2. La Monnaie de Paris s’est engagée dans un ambitieux projet de transformation : le projet MétaLmorphoses. Il s’agit de proposer une approche inédite du patrimoine à travers :

une nouvelle offre culturelle permettant de découvrir les ateliers d’art, ainsi que les trésors jusqu’alors invisibles des collections de la Monnaie de Paris. Ce parcours permanent aura en écho des expositions temporaires présentant des artistes contemporains français et internationaux ;

une nouvelle offre commerciale mettant en valeur les productions d’art et l’excellence de l’artisanat français avec une nouvelle boutique Monnaie de Paris pour les arts du métal ; d’autres marques des entreprises françaises du luxe et du savoir vivre à la française, ainsi qu’un concept store, viendront également s’installer autour des cours et des nouvelles rues piétonnes ;

une offre gastronomique composée de deux espaces tenus par Guy Savoy : son restaurant gastronomique 3 étoiles dans les salons du bord de l’eau, et une brasserie, le Métalcafé dans une des cours intérieures.

Ces nouvelles missions étaient difficilement compatibles avec l’ancien statut de l’entreprise. Le statut d’EPIC permet de mieux intégrer les contraintes de performance et de rentabilité économique : la logique commerciale se substitue ainsi à la logique administrative.

3. L’évolution de l’institution est génératrice d’inquiétudes pour les salariés : crainte de perdre son emploi, crainte sur la pérennité du statut de fonctionnaire pour les anciens salariés, craintes liées à l’évolution de l’organisation et des méthodes de travail… De plus, la diminution des commandes publiques a entraîné une baisse de l’effectif et la recherche de nouveaux clients étrangers.

Enfin, il s’agit de mettre en œuvre une nouvelle logique économique tournée vers la rentabilité économique, et l’évolution rapide de l’offre en fonction des goûts des clients…

4. Parmi les axes de travail possibles, il est possible de citer les éléments suivants, récemment mis en œuvre par Monnaie de Paris :

– le groupe de travail « Rénover la culture interne » a rédigé et présenté une « charte des valeurs » de l’entreprise qui a été diffusée à l’ensemble des salariés. Il s’est ensuite efforcé de faire vivre cette charte et de la transformer en outil fédérateur et en un instrument de progrès ;

– le groupe de travail « Accompagner le changement » (communication interne), après avoir conçu un nouveau journal interne, travaille aujourd’hui à la mise en place d’un nouvel intranet plus informatif et participatif ;

– le travail du groupe « Anticiper l’avenir et préparer les transitions » - Organisation et GPEC » a centré ses réflexions en 2013 sur la préparation des accords d’entreprise, notamment « l’accord relatif à la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC) et sur le contrat de génération » signé en avril 2014 : il s’agissait de définir les outils à mettre en œuvre pour améliorer la prévisibilité des besoins en compétence, et permettre d’anticiper sur ces besoins, par le biais de formations ou de recrutement ; il s’agissait aussi de définir les objectifs de l’entreprise en termes de recrutement de jeunes et de maintien dans l’emploi des collaborateurs seniors.