Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix
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dissertation
Intérêt du sujet • Ce sujet permet de synthétiser les connaissances sur l’objet de travail conclusif consacré au Moyen-Orient. Il permet d’établir une typologie des conflits et des tentatives de paix qui leur sont associées.
Le Moyen-Orient depuis 1948 : formes de conflits et tentatives de résolution
Les clés du sujet
Analyser le sujet

Dégager la problématique
Il s’agit de dégager une typologie des formes de conflits et d’y associer une réflexion sur les modalités des tentatives de paix.
En quoi la multiplicité des conflictualités présentes dans la région rend la paix de plus en plus difficile ?
Construire le plan
Dans ce sujet il faut mettre en évidence la diversité des formes de conflits qui se superposent et qui en rendent la résolution d’autant plus difficile. Un plan analytique est le plus adapté.
I. Des guerres interétatiques en diminution, résolues par des accords de paix | Quelles guerres interétatiques ont marqué la région ? Comment ces conflits classiques ont-ils été résolus par des accords de paix, négociés ou imposés ? |
II. Des conflits intraétatiques complexes, aux solutions de paix précaires | Quelles guerres civiles ont divisé les États ? Pourquoi aucune solution de paix durable ne semble pouvoir être trouvée dans la région ? |
III. Des conflits asymétriques, qui interdisent une paix positive | En quoi le conflit israélo-palestinien semble bloquer tout espoir de paix ? Comment parler d’une paix positive dans une région où des puissances s’affrontent ? |
Les titres et les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur la copie.
Introduction
[Accroche] Si le Moyen-Orient, territoire compris entre la Turquie, l’Iran et l’Égypte, est associé systématiquement à la notion d’arc de crise, c’est qu’il est le théâtre de très nombreux conflits, notamment depuis 1948 et la proclamation, le 14 mai, de l’État d’Israël. [Présentation du sujet] Depuis, les États se déchirent dans des conflits aux formes, acteurs et enjeux si divers et imbriqués qu’ils rendent le retour à une paix toujours plus difficile. [Problématique] Comment la conflictualité permanente et multifactorielle de cette
mot clé
La conflictualité est une situation intermédiaire entre paix et guerre ouverte, se manifestant par divers types de violences comme le terrorisme, la cyberguerre, la guerre économique.
Le secret de fabrication
Ce sujet vous invite à utiliser les notions apprises sur la diversité des conflits dans le monde, avec le vocabulaire spécifique associé, en l’appliquant à la région la plus conflictuelle de la planète. Proposez la typologie la plus claire possible permettant de rendre compte de la complexité de la situation.
I. Des guerres interétatiques qui trouvaient des solutions de paix
1. Des guerres israélo-arabes aux traités de paix négociés
La région est bouleversée, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, par le désengagement des puissances coloniales et par la naissance d’Israël, qui se ligue contre le nationalisme arabe. Des guerres conventionnelles de territoire se succèdent : guerre de 1948, guerre des Six-Jours, guerre du Kippour.
Les États arabes refusent la paix, mais les victoires d’Israël les obligent à admettre son existence : l’Égypte signe les accords de Camp David (1978) et ouvre la voie à la normalisation des accords d’Abraham (2020).
à noter
Accords de paix signés en 2020 par Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn.
2. La guerre Iran-Irak, guerre de haute intensité qui aboutit à un statu quo
Le seul conflit de haute intensité conventionnel est la guerre qui a opposé l’Iran à l’Irak entre 1980 et 1988. Conflit entre les deux puissances régionales, il est aussi un conflit de territoire sur fond de litige frontalier.
Très meurtrier, avec plus d’un million de morts et au moins autant de blessés, il aboutit à une paix négociée après un cessez-le-feu mis en place par l’ONU et un accord de statu quo ante bellum.
Le secret de fabrication
Ce thème interroge le sens des notions qui semblent évidentes, comme la guerre. Il est utile dans un tel sujet de montrer que l’on a réfléchi aux définitions exactes. On parle de « guerre » à partir de 1 000 morts par an, en dessous on se situe dans un « conflit de faible intensité ».
3. Une guerre érigée en modèle de sécurité collective : la 1re guerre du Golfe (1990-1991)
Dernier conflit interétatique, la guerre du Golfe de 1990-1991 oppose l’Irak à une coalition internationale de 34 États sous bannière de l’ONU menée par les États-Unis. Après un ultimatum, quarante-deux jours de combat suffisent à mettre fin à l’invasion du Koweït.
Cette guerre est montrée en modèle de résolution d’un conflit dans le cadre de la sécurité collective portée par l’ONU.
[Transition] Ces guerres conventionnelles tendent à disparaître dans la région avec la fin de la guerre froide, alors que les guerres civiles continuent à voir ses populations s’affronter à toutes les échelles.
II. Des conflits intraétatiques sans solution de paix durable
1. La guerre civile au Liban (1975-1990) : des tensions encore larvées
Le Liban est déchiré par une guerre civile qui oppose des groupes politiques et religieux, alimentés par des pressions étrangères (Iran, Israël). C’est un conflit à la fois idéologique, territorial et d’influence.
Si les accords de Taëf mettent fin aux combats, les milices et les groupes politiques (Hezbollah) font perdurer l’instabilité du pays.
2. Le conflit syrien (depuis 2011) : un rapport de force complexe
La dictature de l’alaouite Bachar al-Assad est contestée par des factions rebelles diverses, engagées dans des actions de guérilla (Kurdes) ou terroristes (Daech).
Cette guerre civile est caractérisée par de fortes influences extérieures, notamment russes ou turques. Fin 2024, le régime tombe sous les assauts du groupe rebelle HTC d’Ahmed Al-Charaa, nouvel homme fort du pays.
3. La guerre au Yémen (depuis 2015) : un conflit d’influence
Le petit État du Yémen a sombré depuis 2015 dans une guerre caractéristique des conflits d’influence de la région. Les sunnites, soutenus par l’Arabie saoudite, s’opposent aux chiites, appuyés par l’Iran.
La guerre économique est aussi un paramètre, dans la mesure où la Chine arme les rebelles houthis qui perturbent le commerce international en mer Rouge, en échange d’une immunité des navires chinois.
[Transition] La région glisse progressivement des guerres conventionnelles à des conflits asymétriques, dans un contexte d’impasse qui ne permet pas d’envisager une paix positive.
mot clé
On appelle paix positive une paix caractérisée par une reconnaissance mutuelle assurant la sécurité, une coopération durable et une forme de justice sociale.
III. Des conflits asymétriques, éloignant l’idée même de paix ?
1. L’enlisement du conflit israélo-palestinien et l’impossible dialogue
Après l’échec du plan de partage de l’ONU de 1947 et la tragédie de l’exode palestinien (la Nakba), la solution à deux États reste privilégiée, même après l’occupation de Gaza et d’une partie de la Cisjordanie. La résolution 242 de l’ONU (1967) exige l’évacuation de ces territoires.
Les accords d’Oslo avec l’Organisation de libération de la Palestine (1993) semblent ouvrir la voie de la paix, mais les négociations s’enlisent et la deuxième intifada (2000), l’accélération de la colonisation israélienne en Cisjordanie, la construction du mur et la guérilla menée par le Hamas y portent un coup d’arrêt. La prise d’otages du 7 octobre 2023 puis la réplique implacable d’Israël sur Gaza plongent la région dans le chaos, le conflit s’étendant au Liban à partir de septembre 2024.
2. La guerre avec l’État islamique ou comment négocier la paix face au terrorisme ?
La guerre terroriste marque la région, des avions détournés de l’OLP aux attentats menés par le Hamas, le Hezbollah ou les Houthis. C’est dans ces territoires que se développent Al-Qaïda et l’État islamique, qui sème la terreur en se proclamant califat en 2014.
Ces conflits asymétriques non conventionnels laissent peu de place à des opérations de paix, malgré la médiation de l’ONU et la constitution en 2014 d’une coalition internationale contre Daech.
Conclusion
[Réponse à la problématique] Les conflits nombreux et multiformes qui se déploient depuis plus de soixante-dix ans dans la région n’ont permis jusqu’ici que des trêves et des paix instables. La guerre conventionnelle disparaît au profit de conflits asymétriques de plus en plus incontrôlables. [Ouverture] Une solution de paix positive ne sera possible que si la région cesse d’être le terrain d’action de puissances étatiques et non étatiques qui y mènent une guerre idéologique, d’influence et économique sans merci.