Le Proche-Orient dans les années 1970

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale
Type : Etude critique de document(s) | Année : 2016 | Académie : Antilles, Guyane


Antilles, Guyane • Septembre 2016

étude critique de documents

Le Proche-Orient dans les années 1970

En confrontant les deux documents et en vous aidant de vos connaissances, présentez la situation géopolitique du Proche-Orient dans les années 1970, et montrez que ces années marquent un tournant dans les relations entre Israël et les pays arabes.

DOCUMENT 1 La guerre d’octobre 1973

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D’après une carte du journal Le Monde diplomatique

DOCUMENT 2 26 mars 1979, signature à la Maison Blanche du premier traité de paix israélo-arabe

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ph © Keystone-France

1 Anouar el-Sadate, président de la République arabe d’Égypte (1970-1981).

2 Jimmy Carter, président des États-Unis (1977-1981).

3 Menahem Begin, Premier ministre d’Israël (1977-1983).

Photographie (cl. Keystone) publiée dans le numéro spécial de la revue L’Histoire, « Les mystères de l’Égypte », n° 190, juillet-août 1995, p. 121.

Les clés du sujet

Lisez la consigne

La consigne invite à « confronter » les documents, à les mettre en relation. Il faut « s’aider » aussi de ses connaissances pour les interpréter.

Vous devez ensuite « présenter la situation » du Proche-Orient dans les années 1970, évoquer la guerre du Kippour (1973) et la paix qui suit entre Israël et l’Égypte (1979).

Enfin la consigne demande de montrer que ces années constituent un « tournant » dans les relations israélo-arabes.

Analysez les documents

Ce sont deux documents iconographiques, mais ils ne sont pas de même nature : une carte et une photographie. La différence des dates de référence (1967-1973 et 1979) permet de les analyser séparément. Mais la « confrontation » imposée par la consigne invite à chercher ce qu’ils incarnent d’opposé (la guerre pour l’un, la paix pour l’autre).

Didactique, la carte et sa légende (doc. 1) donnent toutes les clés pour analyser la situation à la veille de la guerre de 1973 et comprendre son déroulement.

La photographie (doc. 2) est un document témoin qui illustre la paix de 1979. Outre l’événement de référence, elle permet de rappeler ce que chacun des personnages incarne.

Définissez les axes de l’étude

Le sujet consiste à faire le point sur les relations internationales au Proche-Orient dans les années 1970. Évoquant un « tournant », la consigne fournit la problématique.

Il convient de commencer par définir les camps et les rapports de force. Puis il faut décrire les changements survenus au cours de la période à la faveur de la guerre. En conclusion, il faudra confirmer ce tournant mais aussi le caractériser.

Dans ce sujet, la carte et la photographie permettent de retrouver les informations du cours. Elles servent aussi à justifier les développements de votre copie. Mais il faut éviter la paraphrase, c’est-à-dire ne pas se contenter de décrire ces documents.

Corrigé

Corrigé

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Contexte] Depuis sa fondation en 1948, l’État d’Israël est en conflit avec ses voisins arabes. Trois guerres (1948, 1956 et 1967) les ont déjà opposés. L’occupation de territoires conquis par les Israéliens lors de la guerre des Six Jours en 1967 entretient les tensions.

[Problématique] Les années 1970 marquent-elles un tournant dans les relations entre Israël et les pays arabes ?

Conseil

Dans une étude de document(s), l’annonce du plan n’est pas obligatoire. C’est un plus qui valorise la copie mais en cas de manque de temps, vous pouvez vous en passer.

[Présentation des documents et annonce du plan] Pour répondre à cette question, nous disposons de deux documents iconographiques. Le premier est une carte didactique publiée par un journal français, Le Monde diplomatique, montrant les changements survenus au Proche-Orient à l’occasion de la guerre du Kippour de 1973. Le second est une photographie de trois dirigeants politiques (Anouar el-Sadate, Jimmy Carter et Menahem Begin), document témoin réalisé à l’occasion de la signature d’un traité de paix entre Israël et l’Égypte, le 26 mars 1979, plus de cinq ans après la guerre du Kippour.

I. Une quatrième guerre qui ne résout rien

Conseil

Justifiez vos réponses en renvoyant aux documents. Indiquez au correcteur où se trouve l’information que vous avancez.

Depuis la guerre des Six Jours de 1967, la situation géopolitique est figée au Proche-Orient. Pour leur sécurité, les Israéliens occupent les territoires pris à leurs voisins arabes lors du conflit : le Sinaï, Gaza, la Cisjordanie et le Golan (figurés en orange clair sur le doc. 1). Ils conditionnent la restitution de ces territoires à des accords garantissant la reconnaissance de leur État.

Chaque camp est surarmé et reçoit de l’aide des grandes puissances. Israël a ainsi le soutien des États-Unis ; les pays arabes sont équipés et conseillés par l’URSS (flèches bleues et rouges sur le doc. 1). La présence de pétrole au Moyen-Orient attire les convoitises et entretient les tensions.

Info

La fête de Yom Kippour, ou Jour du Grand Pardon, est l’une des plus importantes de la religion juive. Beaucoup de soldats israéliens étant en permission, Sadate choisit d’attaquer ce jour-là.

En octobre 1973, les armées égyptienne et syrienne tentent de surprendre les Israéliens en les attaquant lors de la fête de Yom Kippour. Les soldats arabes avancent dans le Sinaï et sur le plateau du Golan (flèches vertes et zones hachurées vertes le long du canal de Suez, sur le doc. 1). Un temps en difficulté, les Israéliens contre-attaquent victorieusement sur les deux fronts. Ses forces en partie détruites, le président égyptien Sadate (à gauche, sur le doc. 2) accepte un cessez-le-feu.

[Transition] La guerre du Kippour ne change rien à la situation géopolitique de la région. Non reconnu par ses voisins, Israël occupe les territoires conquis par les armes. Cependant, les échecs militaires répétés incitent les dirigeants égyptiens à chercher d’autres solutions.

II. Les accords de Camp David, une paix inédite

Déçu par son alliance avec l’URSS, Sadate se rapproche des États-Unis qui l’incitent à négocier avec les Israéliens. L’arrivée au pouvoir du président Carter (au centre, sur le doc. 2) en 1977 relance le processus de paix.

Les négociations sont longues et difficiles. Il faut créer la confiance entre les interlocuteurs sans sacrifier les intérêts des Palestiniens invités à participer aux discussions. Il faut compter aussi avec les Russes qui défendent leurs intérêts géostratégiques dans la région et soutiennent les Syriens du président Hafez Al-Assad.

Attention !

Camp David est aux États-Unis et non au Proche-Orient comme son nom pourrait le laisser croire.

Le 26 mars 1979, les trois principaux acteurs (doc. 2) signent les accords de camp David. Par ce traité de paix, l’Égypte reconnaît l’État d’Israël et établit des relations diplomatiques avec lui. En échange, Israël restitue le Sinaï à l’Égypte.

Conclusion

Le traité de paix de mars 1979 est un événement inédit dans la région depuis 1948 : comme le souligne le titre de la photographie (doc. 2), pour la « première fois » un État arabe voisin d’Israël – et même le plus puissant d’entre eux – reconnaît à ce pays son droit à l’existence. Les contemporains ne le savent pas encore, mais c’est la fin des guerres israélo-arabes. Il s’agit donc bien d’un tournant dans l’histoire du Proche-Orient. Désormais le conflit opposera davantage les Israéliens aux Palestiniens.