Le rôle de l’État en France depuis 1946

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Gouverner un Etat-Nation : la France depuis 1946
Type : Composition | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Le rôle de l’État en France depuis 1946
 
 

L’échelle de l’État-nation

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HISTOIRE

14

CORRIGE

 

Sujet inédit 

composition

  • Le sujet ne reprend que partiellement l’intitulé de la première question du thème 3 (Gouverner la France depuis 1946 : État, gouvernement, administration et opinion publique). Vous devez donc centrer votre devoir sur l’État, en tant qu’acteur de la vie politique, économique et sociale de la France. La période retenue couvre la IVe République (1946-1958) et la Ve République (depuis 1958).
  • La problématique est largement suggérée par le sujet. Il s’agit de montrer le caractère central de l’action de l’État en France sous ces deux régimes politiques.
  • Compte tenu de la longueur de la période (presque 70 ans), un plan chronologique semble convenir. Cependant, il ne rendrait pas suffisamment compte de la permanence du rôle central de l’État. Un plan thématique est donc plus pertinent.
Corrigé

Construire un plan thématique

1 Un plan thématique permet de décrire une situation ou un phénomène dans ses différents aspects.

2 Après avoir mobilisé vos connaissances permettant de répondre à la problématique, vous devez les regrouper en deux ou trois thèmes. Ces derniers correspondent à des domaines (ici, par exemple, politique, économique et culturel) ou aux différentes caractéristiques de la situation ou du phénomène étudié.

3 À l’intérieur de chacune des parties ainsi mises en évidence, les informations doivent être ordonnées logiquement et regroupées en plusieurs sous-parties. À ce niveau, il vous est possible d’adopter une démarche chronologique. Le présent sujet s’y prête bien car le rôle de l’État, sur cette longue durée, a connu quelques changements.

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche et présentation du sujet] La France est l’un des plus anciens États‑nations du monde. En effet, depuis le xiiie siècle, l’histoire nationale se confond avec la progressive construction de l’État ; à partir de la fin du xixe siècle, celui-ci s’identifie peu à peu à la République. Ce processus se poursuit après 1946, sous les IVe et Ve Républiques, marquées par un renforcement et une diversification du rôle de l’État.

[Problématique et annonce du plan] C’est pourquoi nous nous interrogerons : en quoi l’État exerce-t-il un rôle central en France depuis 1946 ? Pour répondre à cette problématique, nous nous intéresserons tour à tour aux rôles politique, socio-économique et culturel de l’État.

I. Un État fort et centralisé

La République française s’inscrit dans une tradition centralisatrice : l’État central est le principal centre de décision politique, les échelons régionaux et locaux ayant peu de pouvoir.

1. La stabilité du régime républicain

 

Définition

Une cohabitation est une situation dans laquelle le président de la République doit diriger le pays avec un Premier ministre issu d’une majorité parlementaire du camp adverse.

  • Depuis 1946, la France conserve le même type de régime politique. Celui-ci est démocratique (la souveraineté nationale est garantie et les pouvoirs sont séparés), républicain (le chef de l’État est désigné pour une durée limitée) et parlementaire (le gouvernement est responsable devant l’Assemblée nationale).
  •  Cependant, les institutions ont évolué : celles de la IVe République n’ont pas survécu à la crise algérienne qui a débouché sur la mise en place d’une nouvelle constitution en 1958 ; en revanche, la Ve République a résisté à l’expérience des cohabitations.

2. La stabilité du personnel politique et administratif

 

Info

Avant d’être président sous la Ve République, François Mitterrand a occupé six postes ministériels différents sous la IVe République.

  • Malgré une forte instabilité ministérielle (25 gouvernements entre 1946 et 1958), la IVeRépublique repose sur un personnel politique stable : de nombreux ministres, à l’instar de François Mitterrand, participent à plusieurs gouvernements.
  • Sous la VeRépublique, les grandes écoles (École nationale d’administration, Sciences Po) fournissent une partie notable du personnel politique et administratif. Trois présidents de la République (Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et François Hollande) sont énarques.

3. Aux commandes, le président de la République

  • La Constitution de 1958, révisée en 1962, confère au président de la République une forte légitimité (élection au suffrage universel direct) et de larges pouvoirs (ex. : possibilité d’organiser un référendum).
  • Placé au centre des institutions, leprésident arbitre et fixe les grandes orientations politiques et économiques du pays, mises en œuvre par le gouvernement. Dans la pratique, il se réserve certains domaines : la défense, la politique extérieure puis la culture.

II. L’État, pilote de la vie économique et sociale

1. L’État, acteur économique majeur

  • À partir de 1945, l’État oriente le développement économique dans le cadre d’une planification indicative. De plus, les nationalisations lui permettent de contrôler les secteurs clés (banque, énergie, transports).
 

Définition

La DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) est un organisme interministériel créé en 1963.

  • Dès les années 1960, l’État initie de grands projets industriels (ex. : Concorde, train à grande vitesse) et, avec la DATAR, entreprend l’aménagement du territoire (ex. : villes nouvelles, aménagements touristiques).

2. L’État-providence

  • En 1945 est créée la Sécurité sociale qui assure une protection des salariés contre les risques de la vie (maladie, chômage, vieillesse). Cette protection est financée par des cotisations salariales et patronales.
  • D’autres mesures de justice sociale complètent ce dispositif : création d’un salaire minimum (SMIC) en 1970, d’un revenu minimum d’insertion (RMI) en 1988.

3. La remise en cause du rôle de l’État

 

Définition

À l’inverse d’une nationalisation, une privatisation est la vente par l’État d’une entreprise publique.

  • L’influence du libéralisme économique à l’heure de la mondialisation entraîne, à partir de 1986, des vagues de privatisations.
  • La construction européenne, qui connaît une nouvelle impulsion avec le traité de Maastricht (1992), conduit l’État à abandonner une partie de sa souveraineté (ex. : abandon du franc pour l’euro).
  • Le processus de décentralisation, amorcé par les lois Defferre de 1982-1983, génère un transfert de compétences de l’État vers les collectivités territoriales.

III. L’État, acteur culturel

1. La volonté des présidents de la Ve République

  • En 1959, de Gaulle crée un ministère des Affaires culturelles qu’il confie à l’écrivain André Malraux, titulaire du poste jusqu’en 1969. L’objectif est de démocratiser et de diversifier les pratiques culturelles des Français. Dans cet esprit, des centaines de maisons de la culture ouvrent leurs portes sur l’ensemble du territoire et la création artistique est soutenue (ex. : festival d’Avignon).
 

Info

Le budget du ministère de la Culture est alors doublé.

  • Durant ses deux septennats (1981-1995), François Mitterrand fait de la culture, confiée à Jack Lang, une priorité : lancement de grands travaux à Paris (Grand Louvre, opéra Bastille) ; soutien à la création artistique (ex. : festival de la bande dessinée à Angoulême) ; organisation de grandes manifestations (ex. : fête de la Musique).

2. Un recul de l’État culturel ?

  • À partir des années 2000, le coût des grands projets culturels, l’accroissement du déficit budgétaire et la décentralisation amènent l’État à revoir ses ambitions à la baisse : depuis 2006, année de l’inauguration du musée du Quai Branly, voulu par Jacques Chirac, il n’y a plus de grand chantier présidentiel.
 

Info

Les collectivités locales ont bénéficié des transferts de fonds et de compétences liés à la décentralisation.

  • D’autres acteurs s’affirment : des mécènes privés (grandes entreprises, riches industriels et collectionneurs) ; les collectivités territoriales (régions, départements).

Conclusion

[Réponse à la problématique] Ainsi, depuis 1946, l’État joue un rôle crucial dans l’organisation institutionnelle et dans la vie économique, sociale et culturelle de la France. Cependant, le changement de conjoncture économique contraint aujourd’hui à reconsidérer sa place et certaines de ses prérogatives.

[Ouverture] Toutefois, à l’heure de la crise économique mondiale, l’État reste l’ultime recours : ainsi, la recapitalisation de banques en difficulté en 2011 a sans doute évité de nombreuses faillites.