Le rôle de l’État selon le président de Gaulle

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Gouverner un Etat-Nation : la France depuis 1946
Type : Analyse de document(s) | Année : 2018 | Académie : Polynésie française

HISTOIRE

L’échelle de l’État-nation

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Polynésie française • Juin 2018

analyse de documents

Le rôle de l’État selon le président de Gaulle

En vous appuyant sur ces documents, vous expliquerez comment le président de Gaulle justifie la présidentialisation et le renforcement du rôle de l’État sous la Ve République. Vous montrerez que cette vision du régime suscite des critiques.

document 1 Conférence de presse donnée par le président de Gaulle le 14 janvier 1963

En décidant que le chef de l’État sera élu au suffrage universel […] ;

en approuvant après quatre ans d’expérience, la façon dont sont exercées les attributions du Président de la République ;

en consacrant le principe et les conditions d’emploi du référendum ;

tout le monde pense que notre pays a tranché les controverses qui s’étaient présentées en ce qui concerne le caractère, le sens, la portée de la réforme constitutionnelle que nous avons accomplie.

Ce qui saute aux yeux dans cette réforme constitutionnelle, c’est, me semble-t-il, qu’elle a réussi parce qu’avant tout, elle correspond à une nécessité vraiment absolue des temps modernes. Il est banal de constater que l’évolution actuelle rend toujours, et de plus en plus essentiel le rôle de l’État. Et il n’y a pas d’activité nationale qui dès à présent puisse s’exercer sans son consentement. Souvent, sans son intervention. Et parfois sans sa direction. Tout et même le sort de chacun est donc lié plus ou moins directement à l’action des pouvoirs publics, laquelle se traduit par une orientation nationale, par des règlements et par des lois.

À cette action-là comme à toute action, il faut une tête et comme cette tête est une personne, […] il convient que cette personne reçoive l’expression personnelle de la confiance de tous les intéressés. Mais il faut en tenir compte aussi, de ce fait écrasant, que dans la situation politique et stratégique où se trouve le monde, il y a des pays, en particulier le nôtre, qui sont tout le temps, on peut le dire, en danger de mort subite. […]

Je crois que ce sont ces conditions qui ont exclu dorénavant notre ancien système, assez instable, assez incertain, assez inconstant qu’on appelle le système des partis.

 

Source : fresques.ina.fr

document 2 Le président de Gaulle vu par le caricaturiste R. Moisan

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© Adagp, Paris, 2018 – Cliché : Adagp images

Le Canard enchaîné, 11 décembre 1963

Les clés du sujet

Lire la consigne

La consigne porte sur le régime de la Ve République, tel qu’il fonctionne sous la présidence de Charles de Gaulle (de 1958 à 1969). Elle est centrée sur deux phénomènes : la présidentialisation du régime, notion qui désigne l’accroissement du rôle du président de la République ; le renforcement du rôle de l’État dont il est à la tête.

Cette consigne vous invite aussi à vous intéresser à la remise en cause de ces évolutions justifiées par le président de Gaulle.

Observer les documents

Le premier document est un extrait d’une conférence de presse donnée par de Gaulle le 14 janvier 1963, peu de temps après la réforme constitutionnelle de 1962 qui instaure l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Il y défend le renforcement du rôle de l’État ainsi que celui du président.

Le second document est un dessin satirique du journal Le Canard enchaîné du 11 décembre 1963 réalisé par Robert Moisan dans le même contexte. L’auteur dénonce la dérive monarchique de la Ve République.

Définir les axes de l’analyse

Une première solution s’offre à vous : suivre les indications données par la consigne en abordant dans un premier temps la présidentialisation et le renforcement du rôle de l’État puis les critiques suscitées par ces évolutions. Son inconvénient est qu’elle ne permet pas d’associer les deux documents.

De façon plus pertinente, vous pouvez consacrer une première partie au renforcement du rôle de l’État et à sa critique ; une seconde à la présidentialisation du régime et à sa critique.