Le rôle de l’opinion dans le débat démocratique

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Le jugement
Type : Mobiliser des compétences de l’enseignement moral et civique | Année : 2018 | Académie : Pondichéry

EMC

Acquérir et partager les valeurs de la République

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Pondichéry • Mai 2018

enseignement moral et civique • 10 points

Le rôle de l’opinion dans le débat démocratique

Document 1 Débat entre amis

Vous assistez à une discussion entre deux de vos amis qui parlent des premiers pas de l’homme sur la lune.

Vous entendez Dominique dire : « L’homme n’a jamais marché sur la Lune ! »

Puis Camille lui répond : « Ah oui ? Mais qu’est-ce qui te permet de l’affirmer ? »

Enfin Dominique sans hésiter explique : « Je le sais parce que je l’ai lu sur un site Internet ! »

Document 2  La Commission européenne veut s’attaquer aux fake news1

Mariya Gabriel, la nouvelle commissaire au numérique, s’apprête à prendre une des premières mesures de son mandat : mettre sur pied un groupe d’experts sur les fake news, la propagation d’informations fausses dans les médias. […]

Elle a l’intention de « dire très clairement que les plateformes [Internet] ont une obligation de diligence », un terme juridique signifiant que les sociétés en ligne, comme Facebook ou Twitter, devraient prendre des mesures pour surveiller les posts2 de leurs utilisateurs. […]

Le mois prochain, la Commission européenne devrait annoncer des mesures […] L’Allemagne a même introduit une loi nationale plus tôt dans l’année, selon laquelle les médias sociaux risquent jusqu’à 50 millions d’euros d’amende s’ils ne retirent pas les contenus illégaux, comme les propos haineux. D’autres pays européens envisagent de suivre cet exemple.

Article publié le 1er septembre 2017 sur Ouestfrance.fr.

1. Fake news : fausses nouvelles. 2. Posts : messages ou commentaires mis en ligne.

Document 1

1. Quel est le média utilisé par Dominique ? (1 point)

2. Définissez ce qu’est un média. (1 point)

3. Montrez que la réponse finale de Dominique ne constitue pas un argument valable. (2 points)

Document 2

4. Indiquez deux raisons pour lesquelles Mariya Gabriel, la nouvelle commissaire au numérique, veut engager une réflexion dans l’Union européenne sur les fake news. (2 points)

Documents 1 et 2

5. À partir des documents 1 et 2 et de vos connaissances, indiquez en quelques lignes quelles démarches peuvent suivre les acteurs de la ­démocratie (citoyens, entreprises, institutions…) pour trouver des informations fiables. (4 points)

Les clés du sujet

Comprendre les documents

Le document 1 est un texte rapportant une discussion entre deux amis, inventé pour les besoins du sujet. Si le procédé peut paraître un peu curieux, il permet toutefois d’attirer l’attention sur un type de raisonnement (« Je le sais parce que je l’ai lu sur Internet ») qui pourrait facilement être relevé en ligne, sur des forums Internet ou réseaux sociaux.

Le document 2 est un extrait d’article, tiré du site Web d’un grand quotidien régional, Ouest-France. Là aussi, le contenu est curieux car, si les deux premiers paragraphes abordent bien la question des fake news, le troisième fait référence aux « contenus illégaux » (injure, diffamation, incitation à la haine raciale, etc.) sanctionnés par la loi.

Que sont les fake news ? Des « fausses nouvelles », telle est la traduction donnée dans le sujet. Au sens littéral, une fake news est une information (news) truquée (fake). La diffusion délibérée d’une information fausse peut tenir du simple canular (ex. : fausse annonce de la mort d’une célébrité). Elle peut aussi relever d’une intention de manipuler l’opinion publique. L’émetteur de la fake news cherche alors à intoxiquer, à désinformer.

Dans nos sociétés modernes, la maîtrise de l’information constitue une arme puissante. Parfois, ce sont des acteurs, au service d’États hostiles, qui répandent des fakes news ; parfois ce sont des particuliers ou des organisations qui cherchent à générer du trafic, des likes sur les réseaux sociaux. Une fake news n’est pas nécessairement illégale, car il n’est pas illégal de mentir ou de raconter n’importe quoi (sauf lorsqu’on le fait sous serment, au tribunal, ou en cas d’atteinte à autrui, par exemple).

Répondre aux questions

4. Les raisons ne sont pas explicitement mentionnées. Mais il n’est pas difficile de comprendre que les réseaux sociaux – comme ceux qui sont mentionnés – sont très largement utilisés et que leur contrôle – ou leur absence de contrôle – peut constituer une menace dans une démocratie d’opinion.

Corrigé

Corrigé

1. Le média utilisé par Dominique est « Internet ».

2. Un média est un moyen de diffusion de l’information. La presse, la ­télévision, la radio, le cinéma, Internet, par exemple, sont des médias qui permettent une large diffusion. Avec le développement d’Internet, la diffusion de l’information ne se fait plus uniquement dans un sens (du journaliste vers ses lecteurs, par exemple), elle s’effectue de manière multidirectionnelle (du lecteur vers le journaliste, entre lecteurs). Internet permet d’échanger entre pairs, par exemple sur un réseau social ou sur le forum de discussion attaché à un journal Web. Chacun peut devenir producteur d’information.

conseil

N’en dis pas trop ici. Tu pourras développer à la question 5.

3. La réponse finale de Dominique, « je l’ai lu sur un site Internet », ne constitue pas un argument valable. En effet, n’importe qui peut écrire n’importe quoi sur un site Internet. Il aurait fallu aller plus loin, préciser la source (auteur du contenu), donner des arguments, des chiffres, construire un raisonnement, et surtout croiser cette prétendue information avec d’autres sources.

info +

Mariya Gabriel est une commissaire (bulgare) européenne, donc un membre de la Commission européenne.

4. La nouvelle commissaire au numérique, Mariya Gabriel, veut engager une réflexion sur les fake news pour deux raisons :

Une raison de fond : avec le développement très rapide des réseaux sociaux, les utilisateurs peuvent écrire n’importe quoi et donc colporter facilement toute information fausse, fantaisiste, illégale ; et ces fake news peuvent toucher beaucoup de monde très rapidement.

Une raison de forme : certains États membres de l’UE, comme l’Allemagne, ont déjà commencé à s’attaquer à ce problème par la loi. C’est le rôle de la Commission européenne de généraliser ces bonnes pratiques à l’ensemble des pays membres.

5. Les fake news sont des informations erronées, manipulées, à des fins idéologiques ou publicitaires, personnelles ou commerciales. L’utilisation massive des réseaux sociaux par tout un chacun rend ce problème aigu, surtout dans une démocratie qui n’est plus seulement représentative, mais qui est aussi devenue une démocratie d’opinion, une démocratie participative.

Pour trouver une information fiable, et éviter de tomber dans le piège des fake news, l’éducation est la seule réponse. Les acteurs de la démocratie – les citoyens au premier chef – doivent procéder avec méthode et esprit critique.

Un premier réflexe doit toujours être de vérifier la source de l’information : si le journal ou le site Web fait partie des médias reconnus, dont on a l’habitude, si la source est institutionnelle (un ministère, une agence internationale connue), c’est un premier indice.

On peut aussi faire preuve d’esprit critique et se demander quel intérêt la source peut trouver à transmettre cette information. Il faut se méfier du sensationnel qui ne fait qu’exploiter notre naïveté, et tester la logique du propos de l’auteur… s’il y en a une !

Enfin, il faut croiser les sources, c’est-à-dire vérifier dans différents autres médias que l’information est confirmée. Attention toutefois : sur Internet, une information peut rapidement être reproduite des millions de fois.

info +

Le site des ­Décodeurs est accessible à l’adresse suivante : www.lemonde.fr/les-decodeurs

Il est à noter que ce phénomène des fake news a pris une telle ampleur que des médias connus ont mis en place des sites de fact checking, c’est-à-dire de « vérification des faits ». Leur rôle est précisément de décoder les informations et de les vérifier. Le plus connu s’appelle « Les décodeurs », un site du journal Le Monde, qui a même mis en place un outil spécial de vérification de source : Decodex.