Le rôle des États-Unis dans le monde de l’après-guerre froide

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Les chemins de la puissance : les Etats-Unis et la Chine depuis 1918
Type : Etude critique de document(s) | Année : 2017 | Académie : Polynésie française

Polynésie française • Juin 2017

étude critique de document

Le rôle des États-Unis dans le monde de l’après-guerre froide

Que nous apprend ce document sur le rôle que veulent jouer les États-Unis dans le monde de l’après-guerre froide ?

Document

La guerre est finie […]. Je viens ici ce soir pour parler du monde, du monde de l’après-guerre.

Rien ne pouvait être plus clair que l’épisode qui vient de se terminer. Saddam Hussein était l’agresseur ; le Koweït était la victime. Pour aider ce petit pays, des nations d’Amérique du Nord et d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Sud, d’Afrique et du monde arabe se sont unies contre l’agresseur. Cette coalition hors du commun doit maintenant travailler vers un autre but commun : forger un avenir qui ne soit plus jamais l’otage du côté le plus sombre de la nature humaine […].

Notre engagement en faveur de la paix au Moyen-Orient ne s’arrête pas à la libération du Koweït. Ce soir, laissez-moi définir quatre objectifs :

Premièrement, nous devons travailler ensemble à mettre sur pied des accords de sécurité mutuelle dans la région. Nos amis et alliés du Proche-Orient auront la responsabilité première de la sécurité régionale. Mais qu’ils sachent que, tout comme elle les a soutenus pour repousser l’agression de l’Irak, l’Amérique est prête à travailler avec eux pour assurer la paix. […] Soyons clair, nos intérêts vitaux dépendent de la stabilité et de la sécurité du Golfe.

Deuxièmement, nous devons agir pour contrôler la prolifé­ration des armes de destruction massive et les missiles utilisés pour les envoyer. Il serait tragique que les nations du Moyen-Orient et du Golfe […] s’engagent dans une nouvelle course aux armements. L’Irak requiert une vigilance particulière. Il ne doit pas avoir accès aux instruments de guerre.

Troisièmement, nous devons travailler à créer de nouvelles occasions pour la paix et la stabilité au Moyen-Orient […]. Israël et plusieurs pays arabes ont pour la première fois affronté ensemble le même agresseur. Désormais, il devrait être clair pour tous que faire la paix au Moyen-Orient demande des compromis, mais que cette paix est aussi porteuse d’avantages pour tous. […]

Quatrièmement, nous devons favoriser le développement économique pour le bien de la paix et du progrès. […]

À tous les défis offerts par cette région du monde, il n’y a pas de solution unique, pas de réponse de la seule Amérique. Mais nous pouvons changer les choses. L’Amérique y travaillera sans relâche […]. Maintenant, nous voyons apparaître un ordre nouveau, un monde où un nouvel ordre mondial peut être construit […]. Un monde où les Nations unies, libérées de l’impasse de la guerre froide, sont en mesure de réaliser la vision historique de leurs fondateurs. Un monde dans lequel la liberté et les Droits de l’homme sont respectés par toutes les nations.

Discours de George Bush, président des États-Unis de 1989 à 1993, devant le Congrès, 6 mars 1991.

Les clés du sujet

Lisez la consigne

Cette consigne est inhabituelle dans le sens où elle ne propose ni plan ni problématique. Il faut s’aider du document et du mot « rôle » pour trouver l’un et formuler l’autre.

Le texte, en revanche, s’articule autour de quatre points (« quatre objectifs », l. 13) qui permettent de dégager les axes d’étude. Mieux vaut toutefois les regrouper par thèmes pour se limiter à un plan en deux parties.

La problématique est aussi à extraire du texte. George Bush y évoque la mise en place d’un « nouvel ordre mondial » (l. 39). On peut ainsi s’interroger sur la nouveauté en question.

Analysez le document

C’est un discours officiel de George Bush, président des États-Unis, et à ce titre chef de l’exécutif et responsable de la politique étrangère américaine. Il s’exprime devant le Congrès, la chambre des représentants qui a le pouvoir de valider ou non la politique du président. Attention à ne pas confondre George Bush avec son fils George William, président entre 2001 et 2009.

Ce discours est prononcé en mars 1991, huit jours après la capitulation de l’Irak ; mais également deux ans après la chute du mur de Berlin (1989) et dix mois avant la dissolution de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Les États-Unis s’affirment alors comme vainqueurs de la guerre froide et comme seule puissance hégémonique mondiale.

Le Proche-Orient est une région de fortes tensions. L’Irak de Saddam Hussein a annexé le Koweït pendant l’été 1990 puis tenté de transformer le conflit en guerre de soutien aux Palestiniens contre Israël. Une coalition internationale a lancé contre lui l’opération Tempête du désert qui a permis la libération du Koweït.

Définissez les axes de l’étude

Sur les quatre objectifs énoncés par George Bush, les trois premiers sont centrés sur la recherche de la paix. Ils permettent de développer un premier axe sur le rôle politique des États-Unis dans cette perspective.

Le quatrième objectif permet d’aborder la question du rôle économique des États-Unis dans le monde. Relié au souci évoqué de construire un monde respectueux des droits de l’homme, ce rôle peut donner lieu à une deuxième partie.