Le roman à la fin du xxe siècle (1) : Le Clézio, Ernaux, Quignard, Echenoz

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Annales corrigées
Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
Corpus Corpus 1
Le roman à la fin du xxe siècle (1) : Le Clézio, Ernaux, Quignard, Echenoz

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À la fin du xxe siècle, de nombreux auteurs s’interrogent sur la place de l’homme dans le monde et la société.

1 Le Clézio (né en 1940) et les mondes premiers

Jean-Marie Gustave Le Clézio, écrivain et grand voyageur, naît à Nice de parents originaires de l’île Maurice. En 2008, il obtient le prix Nobel de littérature.

 Le héros du Procès-verbal (Renaudot 1963), Adam Pollo, est un être en marge qui vit dans une maison abandonnée face à la mer, dans un rapport quasi fusionnel avec la nature. Les hommes l’arrêtent, le jugent puis l’incarcèrent dans un asile psychiatrique.

J’espère qu’on me condamnera à quelque chose, afin que je paye de tout mon corps la faute de vivre.

Le Procès-verbal, © Éditions Gallimard

 Lalla, l’héroïne de Désert (1980), est née dans le Sahara. À Marseille où elle a émigré, elle mène une vie de misère jusqu’au jour où elle devient une cover-girl célèbre. Mais rien ne peut lui faire oublier les « hommes bleus » du désert.

Il y a des gens maintenant qui la reconnaissent dans la rue, des jeunes filles qui lui donnent une de ses photos, pour qu’elle mette sa signature. Mais comme [Lalla] ne sait pas écrire, elle dessine seulement le signe de sa tribu, celui qu’on marque sur la peau des chameaux et des chèvres, et qui ressemble un peu à un cœur.

Désert, © Éditions Gallimard

L’essentiel sur…

les romans de Le Clézio

  • Le « procès » d’une société moderne violente et déshumanisée, la quête d’une vie plus authentique.
  • Une écriture poétique, inventive et audacieuse.

2 Annie Ernaux (née en 1940) : le poids de la condition sociale

 Annie Ernaux est issue d’un milieu modeste. Des études supérieures lui permettent une ascension sociale qui l’éloigne de ses parents. Par l’écriture, elle remédie à la trahison que représente le passage d’une classe sociale à une autre.

 Dans La Place (1983), la narratrice trace le portrait de son père disparu, resté socialement à sa « place » et dont elle a parfois eu honte. Mais, en lui donnant toutes les chances de « se déplacer » dans un monde qui n’était pas le sien, il a joué le rôle de « passeur entre deux rives ».

Peut-être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence : que j’appartienne au monde qui l’avait dédaigné.

La Place, © Éditions Gallimard

3 Pascal Quignard (né en 1948) : le silence et le repli

Auteur d’essais et de romans, passionné de musique baroque (il joue de la viole), Quignard vit dans l’Yonne, loin de l’agitation parisienne.

Tous les matins du monde (1991), adapté au cinéma, fait découvrir la musique pour viole de M. de Sainte-Colombe, maître de Marin Marais, qui vit à l’écart du monde.

 Dans Villa Amalia (2006), roman lui aussi adapté au cinéma, Ann Hidden quitte tout. Elle trouve un moment de paix en Italie, dans une petite île au milieu de la mer.

4 Jean Echenoz (né en 1947) : l’art de la mise à distance

Après des études de sociologie, Echenoz, né à Orange, se consacre à la littérature.

 Dans Je m’en vais (prix Goncourt 1999), Ferrer, galeriste, quitte sa femme. Des aventures rocambolesques le conduisent jusqu’au Grand Nord, à la recherche d’objets d’art inuit. S’y ajoute une sombre histoire d’escroquerie. À son retour, alors que de nouveaux locataires fêtent la fin de l’année dans son ancien domicile, il est invité à entrer.

[Voici la première et la dernière phrase du roman].

Je m’en vais, dit Ferrer, je te quitte. […] Je prends juste un verre et je m’en vais.

Je m’en vais, © Éditions de Minuit

 Dans 14 (2012), le narrateur raconte la guerre à hauteur d’homme, avec un humour désespéré.