Le sport : enjeu géoculturel, géopolitique et géoéconomique

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle L - Tle ES | Thème(s) : Des cartes pour comprendre le monde
Type : Etude critique de document(s) | Année : 2012 | Académie : Inédit
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Le sport : enjeu géoculturel, géopolitique et géoéconomique

Des cartes pour comprendre le monde

Corrigé

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Géographie

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Sujet inédit

étude critique de documents

>Après avoir étudié la géographie des villes et pays organisateurs des Jeux olympiques et des Coupes du monde de football, vous mettrez en évidence que la géographie du sport est au croisement de lectures géoculturelle, géoéconomique et géopolitique du monde.

Document 1

Les canaux de la mondialisation des sports


Source : Atlas du sport mondial, Autrement, 2010.

Document 2

Villes olympiques et pays hôtes de la Coupe du monde de football


Source : CIO et FIFA, 2010.

Lire la consigne

  • Le sujet et les cartes doivent être lus très attentivement. Il faut prendre la mesure de leur complexité : à partir d’une étude apparemment simple, il vous faut analyser ces cartes en croisant les grilles de lecture du programme.
  • Il est nécessaire de connaître précisément les définitions de ces différentes approches.
  • Il faut en connaître les grands éléments et processus, ainsi que les inter­actions existant entre ces différentes approches : par exemple, l’occidentalisation constitue le volet culturel de la mondialisation, mais aussi d’une géopolitique et d’une géoéconomie longtemps dominées par les pays occidentaux. Aujourd’hui, l’affirmation des pays émergents change la donne.

Observer les documents

  • Dans un premier temps, décrivez le contenu des documents, de manière à bien mettre en évidence leurs enseignements. Cela vous aidera dans votre réflexion pour en dégager les limites.
  • Pour une meilleure analyse, rattachez les documents au programme et mobilisez les connaissances et le vocabulaire adéquats.
  • La critique de la carte nécessite des connaissances. Efforcez-vous de voir ce qui manque dans la carte. Soyez attentif à l’inégalité de traitement des faits par le cartographe.
Corrigé

Comparer deux cartes

1 Il faut faire une analyse très attentive des deux cartes, et notamment de leurs titres, légendes et contenus.

2 L’analyse doit se faire à différentes échelles. Qu’apporte chaque carte d’une manière générale et sur les différentes régions du monde ?

3 Pour établir des points de comparaison, votre regard doit passer alternativement de l’une à l’autre, confronter les deux cartes. Il faut établir les différences, mais aussi les points communs existant entre les deux cartes, aux échelles mondiale et régionale.

4 Vous devez vous poser des questions qui permettent d’affiner la ­comparaison. Dans quelle mesure leurs thématiques respectives sont-elles proches, sont-elles distinctes l’une de l’autre ? Dans quelle mesure les différentes régions du monde sont-elles dans des situations proches, identiques ou différentes d’une carte à l’autre ?

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche] Le sport est un fait de culture. Dans le contexte actuel de mondialisation, on observe que certains sports comme le football se diffusent plus que d’autres : inventé en Angleterre, il se pratique aujourd’hui de Rio à Pékin. De même, certaines compétitions sportives prestigieuses ont un écho planétaire, surtout si elles réunissent un très grand nombre de pays comme les Jeux olympiques (JO).

[Présentation des documents] Les deux cartes nous informent sur la localisation des villes olympiques et sur la chronologie de l’organisation des JO.

[Problématique] La géographie sportive est très inégalitaire. Quels liens permet-elle de mettre en évidence entre les dimensions géoculturelle, géoéconomique et géopolitique de notre monde ?

I. JO et Mondial de football :
une géographie très contrastée et inégalitaire

  • Dans les deux cas, l’Europe, surtout occidentale, a un rôle à part, mis en évidence par le cartographe à l’aide d’un encart qui zoome sur elle. Les premiers JO s’y organisent. Sur 28 Olympiades, 15 (avec Moscou) y ont été organisées. Trois villes les ont organisés plusieurs fois. Le football amène au même constat : sur 20 Mondiaux, 10 ont eu lieu en Europe.
  • Le reste du monde est en retrait, à des degrés divers. L’Amérique du Nord se signale plutôt par les JO, l’Amérique du Sud par le football. L’Asie et l’Afrique sont sous-représentées : villes et pays organisateurs sont très peu nombreux, l’attribution de ces organisations y est récente.

II. Le sport dans la mondialisation :
un enjeu géoculturel, géopolitique et géoéconomique

  • Le document 1 met en évidence le fait que le sport participe de l’occidentalisation du monde, processus géoculturel majeur de la mondialisation : de nombreux sports nés en Europe, comme le football, se diffusent au gré de la mondialisation. Les JO, nés en Grèce dans l’Antiquité, relancés en 1896 avec les Jeux d’Athènes, sont une invention européenne. Ils réunissent de plus en plus de pays, et les organiser confère un prestige international.
  • Mais le sport témoigne aussi des rapports de force entre les pays, sous l’angle géopolitique et géoéconomique. La diffusion des sports européens a été parallèle à la colonisation et au peuplement du Nouveau monde par les Européens. L’inégale géographie des villes et pays organisateurs rend compte du poids géopolitique et géoéconomique inégal des différentes parties du monde, qui pèse au moment de la désignation des villes et États organisateurs.
  • Héritiers de l’Europe, superpuissance du xxe siècle, les États-Unis ont une place de choix, seconde après l’Europe. Les autres pays du Nouveau monde de culture européenne sont bien représentés. L’Afrique, périphérie économique et géopolitique, est marginale alors que le football y est très populaire. Culturellement éloignés du centre européen, mais sujets à l’occidentalisation et en quête de reconnaissance internationale, les pays asiatiques s’affirment sur la scène géopolitique et géoéconomique mondiale. À l’instar de l’Afrique du Sud, leur émergence est reconnue par l’attribution de l’organisation de ces compétitions : la chronologie des manifestations est parallèle à leur montée en puissance dans la mondialisation.

III. Une approche partielle

  • Seuls deux événements sportifs, très particuliers et exceptionnels, sont étudiés ici. Ceci constitue une forme d’approche médiatique des phénomènes.
  • Les cartes ne rendent pas compte de la pratique réelle du football, par exemple, faible en Asie, forte en Afrique. L’approche par l’événement est donc partielle, mais s’inscrit bien dans une mondialisation où l’information et les médias jouent un rôle majeur.
  • Les sports mondialisés ne sont pas tous européens : le judo est japonais, le ping-pong chinois. Le second n’est pas évoqué. La carte est construite de telle sorte qu’elle met davantage en valeur les sports européens : les sports asiatiques se limitent aux arts martiaux. Les flèches qui en partent sont plus claires. L’Europe n’apparaît pas comme réceptrice.

Conclusion

Certains événements sportifs se prêtent bien à une lecture géoculturelle, géopolitique et géoéconomique de notre monde. L’occidentalisation est-elle si profonde ?