Le théâtre de l’absurde : Beckett, Ionesco, Genet

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
Corpus Corpus 1
Le théâtre de l’absurde : Beckett, Ionesco, Genet

FB_Bac_99066_Lit1_F101

101

185

6

À partir des années 1950 apparaît un théâtre d’avant-garde* cultivant l’absurde* et la dérision. Le langage, disqualifié, perd sa fonction de communication.

1  Samuel Beckett (1906-1989) : le tragique de l’attente

Irlandais d’expression française, romancier, c’est au théâtre que Beckett se révèle.

 Dans En attendant Godot (1953), « sur une route à la campagne », deux marginaux tuent le temps en vains bavardages : ils attendent un certain Godot qui ne viendra jamais.

Oh les beaux jours (1963) met en scène Winnie et son mari Willy. Winnie, « la cinquantaine », enterrée jusqu’à la taille dans un mamelon de terre, s’y enlise peu à peu. Elle se réfugie dans le bavardage, chantant les beaux jours passés.

L’essentiel sur…

le théâtre de Beckett

  • Des personnages déchus réduits à des voix : clochards, vieillards, clowns enfouis dans des poubelles…
  • Une mise en spectacle del’homme face au temps et à l’absurde de sa condition, où se mélangent le comique et le tragique.

2 Eugène Ionesco (1909-1994) : le tragique farcesque

Né d’un père roumain et d’une mère française, Ionesco est partagé entre deux cultures. D’abord professeur de français, il se tourne vers le théâtre.

La Cantatrice chauve (1950) est une « anti-pièce » : pas d’intrigue, des personnages inconsistants, les Smith et les Martin, un dialogue qui tourne à vide.

[La sonnette a retenti trois fois, et personne à la porte…]

M. Smith. – Tiens, on sonne, il doit y avoir quelqu’un.

MmeSmith, qui fait une crise de colère. – Ne m’envoie plus ouvrir la porte. Tu as vu que c’était inutile. L’expérience nous apprend que lorsqu’on entend sonner à la porte, c’est qu’il n’y a jamais personne.

MmeMartin. – Jamais.

M. Martin. – Ce n’est pas sûr.

M. Smith. – C’est même faux. La plupart du temps, quand on entend sonner à la porte, c’est qu’il y a quelqu’un.

La Cantatrice chauve, scène 7, © Éditions Gallimard

Rhinocéros (1960) dénonce l’hystérie collective qui conduit au totalitarisme. Les habitants d’une petite ville succombent un à un au charme de la métamorphose en rhinocéros. Tous sauf un, Bérenger, qui résiste, défendant son humanité.

Bérenger. – Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas !

Rhinocéros, acte III, © Éditions Gallimard

Le roi se meurt (1962) montre la confrontation de Bérenger Ier, un roi d’opérette, avec sa mort. Il oscille entre la révolte, la résignation et la peur. Ses deux épouses assistent à son agonie.

Marguerite. – Il s’imagine qu’il est le premier à mourir.

Marie. – Tout le monde est le premier à mourir.

Le roi se meurt, © Éditions Gallimard

L’essentiel sur…

le théâtre de Ionesco

  • Sur le mode de la dérision, un théâtre tragique, construit autour de l’absurdité du langage et de l’incommunicabilité.
  • Une méditation sur la mort, « condition inadmissible de l’existence » (Notes sur le théâtre).

3 Jean Genet (1910-1986) : la beauté du mal

 Enfant abandonné, Genet a une jeunesse difficile et fait de fréquents séjours en prison. La littérature est pour lui un moyen d’expression privilégié.

Les Bonnes (1947) mettent en scène deux sœurs, Solange et Claire, domestiques de Monsieur et Madame. En l’absence de Madame, elles jouent au jeu de la patronne et de la servante. Le jeu tourne au drame et finit par un meurtre.

L’essentiel sur…

le théâtre de Genet

  • Un monde du travestissement et du simulacre, voué au mal.
  • Un théâtre provocant et pervers, métamorphosé par la force poétique de l’écriture.