Le vaccin contre le papillomavirus

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Quelques aspects de la réaction immunitaire
Type : Pratique du raisonnement scientifique 2 | Année : 2012 | Académie : Inédit
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Le vaccin contre le papillomavirus

Quelques aspects de la réaction immunitaire

Corrigé

36

Ens. spécifique

svtT_1200_00_17C

Sujet inédit

pratique du raisonnement scientifique

Exercice 2 • 5 points

Le papillomavirus est le principal agent causal du cancer du col de l’utérus. Un vaccin a été mis au point contre ce virus. Il contient des protéines antigéniques de deux des plus importantes souches du virus, les souches 16 et 18. En outre, il contient un adjuvant, l’alun (hydroxyde d’aluminium), utilisé dans beaucoup de vaccins. Des chercheurs ont voulu tester l’efficacité d’un autre adjuvant, le MLP. Ce produit est dérivé du LPS, constituant de la paroi des bactéries Gram négatif, mais est dépourvu de l’effet toxique du LPS.

> À partir des informations extraites des documents 1 et 2, comparez l’intérêt vaccinal des deux adjuvants, l’alun et le MLP, et proposez une explication à la différence d’efficacité observée.

Document 1

La réponse immunitaire aux injections vaccinales

Des femmes volontaires, de 18 à 30 ans, séronégatives vis-à-vis du papillomavirus et dont les frottis du col de l’utérus étaient normaux, ont été vaccinées les unes avec un vaccin dont l’adjuvant était l’alun, les autres avec un vaccin dont l’adjuvant était le MPL. Le vaccin a été injecté (i1, i2, i3) par voie intramusculaire aux temps 0,1 et 6 mois. Des prélèvements sanguins ont permis d’évaluer les concentrations d’anticorps anti-HPV16 et anti-HPV18 (HPV : Human Papillomavirus) à la suite de ces injections vaccinales a).

Les chercheurs ont aussi fait des prélèvements sanguins pour recueillir des lymphocytes à 0,2 et 7 mois, afin de déterminer le nombre de LB mémoires spécifiques du papillomavirus présents dans le sang des femmes de chaque groupe b).


Document 2

Réaction des macrophages aux deux adjuvants

Les chercheurs ont utilisé une culture de macrophages pour déterminer leur aptitude à produire des cytokines, lorsqu’on ajoute à la culture soit de l’alun, soit du MLP, soit les deux adjuvants.


En abscisse, les réponses pour des concentrations d’adjuvants exprimées en µg/mL ajoutées au milieu de trois cultures identiques de macrophages. En ordonnée, la concentration de cytokines du milieu en pg/mL au bout de 4 heures d’incubation.

Comprendre le sujet

  • Maîtriser la notion d’adjuvant vaccinal et son rôle dans la réaction immunitaire.
  • Il s’agit de comparer l’efficacité de deux vaccins contre le papillomavirus qui diffèrent par leur adjuvant : MLP pour l’un et alun pour l’autre.
  • Cibler les documents : deux (1, a et b) sont en rapport avec la réponse immunitaire adaptative, le troisième (2) est en rapport avec la réaction immunitaire innée. Il s’agit alors d’établir un lien entre les deux : c’est par l’intermédiaire de la stimulation des mécanismes de l’immunité innée qu’il y a amplification de la réponse immunitaire adaptative.

Mobiliser ses connaissances

L’adjuvant d’un vaccin déclenche la réaction innée indispensable à l’installation de la réaction adaptative.

Corrigé

Analyse du document 1 a

  • Il y a production d’anticorps dans les deux cas, mais la quantité d’anticorps produits en réponse au vaccin contenant le MLP comme adjuvant est supérieure à celui contenant de l’alun. Par exemple, la réponse à la suite de la troisième injection à 6 mois se traduit par un taux deux fois supérieur d’anticorps avec le MLP qu’avec l’alun.
  • En ce qui concerne la production d’anticorps, le MLP apparaît donc comme un adjuvant plus efficace que l’alun.
  • Cependant, au bout de 4 ans, les taux d’anticorps sont faibles et identiques dans les deux cas.

Analyse du document 1 b

  • Le nombre de lymphocytes B mémoire, spécifiques de l’antigène, apparus à la suite des injections vaccinales, est plus important avec l’adjuvant MLP qu’avec l’alun ; ceci est particulièrement net après l’injection au 6e mois où la fréquence de LB mémoire spécifiques est 6 à 7 fois plus élevée.
  • Ici encore, l’adjuvant MLP s’avère plus efficace que l’adjuvant alun.

Analyse du document 2

  • Les macrophages, en présence d’alun ou de MLP, sécrètent des cytokines pro-inflammatoires : ils sont activés par ces adjuvants.
  • Les MLP seuls (lot B) déclenchent une production de cytokines plus forte que l’alun seul (lot A) pour des concentrations de 1 µg/mL et plus.
  • La production de cytokines est plus importante dans le lot C que dans le lot B, ce qui indique que les effets des deux adjuvants s’additionnent.

Bilan

La production plus élevée d’anticorps avec le MLP comme adjuvant assure une meilleure protection contre le papillomavirus au moins durant les trois ou quatre ans qui suivent la vaccination (document 1 a).

La production plus importante de lymphocytes B mémoire (document 1 b) assure une protection plus efficace dans le cas du MLP que dans le cas de l’alun.

En présence de MLP, les macrophages sécrètent plus de cytokines pro-inflammatoires qu’en présence d’alun. Or, ces cytokines sont indispensables au déclenchement d’une réaction inflammatoire efficace conduisant à la formation de cellules présentatrices d’antigènes (CPA) stimulant les lymphocytes impliqués dans la réaction immunitaire adaptative. Celle-ci est donc plus importante avec le MLP qu’avec l’alun.