Leibniz, Remarques sur la partie générale des Principes de Descartes

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : La liberté
Type : Explication de texte | Année : 2019 | Académie : France métropolitaine


France métropolitaine • Juin 2019

explication de texte • Série ES

Leibniz

Expliquer le texte suivant :

Nous avons le libre arbitre, non pas quand nous percevons, mais quand nous agissons. Il ne dépend pas de mon arbitre de trouver le miel doux ou amer, mais il ne dépend pas non plus de mon arbitre qu’un théorème proposé m’apparaisse vrai ou faux ; la conscience n’a qu’à examiner ce qui lui apparaît. Lorsque nous décidons de quelque chose, nous avons toujours présentes à l’esprit ou bien une sensation ou une raison actuelles, ou tout au moins un souvenir actuel d’une sensation ou d’une raison passées ; bien qu’en ce dernier cas nous soyons souvent trompés par l’infidélité de la mémoire ou par l’insuffisance de l’attention. Mais la conscience de ce qui est présent ou de ce qui est passé ne dépend nullement de notre arbitre. Nous ne reconnaissons à la volonté que le pouvoir de commander à l’attention et à l’intérêt ; et ainsi, quoiqu’elle ne fasse pas le jugement en nous, elle peut toutefois y exercer une influence indirecte. Ainsi il arrive souvent que les hommes finissent par croire ce qu’ils voudraient être la vérité, ayant accoutumé leur esprit à considérer avec le plus d’attention les choses qu’ils aiment ; de cette façon ils arrivent à contenter non seulement leur volonté mais encore leur conscience.

Gottfried Wilhelm Leibniz, Remarques sur la partie générale des Principes de Descartes, 1692.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Les clés du sujet

Dégager la problématique du texte

Que se passe-t-il lorsque je fais des erreurs : est-ce un pur défaut de la raison ou une question de volonté ? La conscience semble bien distincte du libre arbitre ; pourtant, notre attention, nécessaire à la connaissance, peut être influencée par la volonté. Pour autant la perception de la réalité présente reste indépendante du libre arbitre. Dans ce texte, Leibniz montre les limites de la thèse de Descartes qui prétend que la source de l’erreur se trouve dans la précipitation de la volonté.

Repérer la structure du texte et les procédés d’argumentation

Leibniz commence par distinguer le libre arbitre de la conscience. Il explique ensuite que même s’il peut y avoir une influence indirecte de l’une sur l’autre, il ne s’agit pas pour autant d’une dépendance. Il conclut que l’intervention de la volonté dans le jugement n’est pas source d’erreur mais plutôt d’illusion.

Éviter les erreurs

Attention à l’argumentation et aux distinctions conceptuelles : la comparaison entre la conscience et le libre arbitre se fait tout en nuance car après avoir affirmé certaines thèses, Leibniz fait des concessions.

Même si, comme l’exige l’exercice, la connaissance de l’auteur n’est pas requise, savoir se référer correctement ici à Descartes peut être utile.