Les barrières à l’entrée

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Stratégies d'entreprises et politique de concurrence dans une économie globalisée
Type : Sujet de spécialité | Année : 2014 | Académie : France métropolitaine
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Les barrières à l’entrée
 
 

Question de spécialité • Économie approfondie

sesT_1406_07_05C

Sujet complet

6

CORRIGE

 

France métropolitaine • Juin 2014

économie approfondie • 20 points

> Les barrières à l’entrée résultent-elles toujours de stratégies d’entreprises ? (Sujet B)

DOCUMENT 1

 

Le premier obstacle à l’entrée dans une activité est le niveau des investissements requis. Si le « ticket d’entrée » est particulièrement onéreux, il élève une barrière majeure à l’entrée pour les acteurs à faible surface financière. Par exemple, les investissements dans les unités de fabrication d’écrans plats sont très élevés (environ 2 milliards de dollars pour une usine), ce qui constitue une barrière d’entrée importante […].

Dans le domaine bancaire, le capital d’une banque est la seule protection contre les pertes et les défauts de paiement susceptibles de survenir. Les autorités de tutelle1 définissent donc un niveau minimal de capital à respecter pour opérer dans l’industrie bancaire. Ce seuil est défini selon des normes simples et universelles. […]

Ce raisonnement laisse supposer que l’entrée dans une industrie donnée sera plus aisée pour un grand groupe que pour une start-up. Ceci est vrai pour une activité déjà existante et fortement structurée.

Laurence Lehman-Ortega, Frédéric Leroy, Bernard Garette,

Pierre Dussauge, Rodolphe Durand, Strategor, 2013.

1. Autorités de tutelle : administrations nationales et internationales qui encadrent l’activité des banques commerciales.

DOCUMENT 2

Demandes de brevets auprès de l’Office européen des brevets selon le domaine technique et évolution par rapport à 2011

 

Domaine technique

Nombre de demandes de brevets en 2012

Nombre moyen de demandes de brevets par demandeur en 2012

Variation du nombre de brevets de 2011 à 2012 (en %)

Technologies médicales

10 412

3,05

1,6 %

Machines, appareils et énergies électriques

9 799

4,39

11,4 %

Communication numérique

9 592

11,90

20,4 %

Technologies informatiques

8 288

4,58

3,3 %

Transport

6 633

4,07

7,2 %

Mesure

6 428

3,03

1,9 %

Chimie organique fine

6 002

4,32

– 6,9 %

Moteurs, pompes, turbines

5 668

4,67

20,0 %

Produits pharmaceutiques

5 364

2,42

– 0,2 %

Biotechnologies

5 309

2,84

– 4,3 %

 

Source : Office européen des brevets, 2013.

Définir les mots clés

Les barrières à l’entrée sont des obstacles que peut connaître une entreprise pour pénétrer sur un marché. Elles peuvent être naturelles ou artificielles. Dans ce dernier cas, elles s’inscrivent dans une stratégie concurrentielle des entreprises.

Comprendre le document

  • Le document 1 porte sur l’existence de barrières à l’entrée des activités pouvant nécessiter de lourds investissements. Ainsi, seules les entreprises disposant d’importantes ressources financières peuvent accéder au marché concerné. Mais ces barrières naturelles trouvent également leur origine dans la réglementation de l’activité comme c’est le cas pour l’activité bancaire.
  • Le document 2 mesure le nombre de brevets en Europe en 2012 et son évolution par rapport à 2011. On constate que la plus forte augmentation concerne l’activité « moteurs, pompes, turbines » alors que les « biotechnologies » connaissent une baisse conséquente entre 2011 et 2012.

Structurer sa réponse

Après avoir étudié les barrières à l’entrée résultant des stratégies d’entreprises, les barrières naturelles seront développées dans une seconde partie.

Corrigé

Introduction

  • La Commission européenne est la gardienne sourcilleuse d’une concurrence loyale entre entreprises dans l’espace européen. C’est ainsi qu’elle peut être amenée à sanctionner certaines entreprises qui dressent des barrières à l’entrée sur un marché. La question est de savoir si toutes ces barrières sont la conséquence de stratégies d’entreprises.
  • Les barrières à l’entrée sont des obstacles que peut connaître une entreprise pour pénétrer sur un marché. Elles peuvent être mises en place artificiellement par les entreprises, mais certaines activités, de par leur nature, créent naturellement ces barrières à l’entrée.
  • Après avoir étudié les barrières à l’entrée résultant des stratégies d’entreprises, les barrières naturelles seront développées dans une seconde partie.

Développement

  • Les entreprises peuvent construire des barrières à l’entrée s’inscrivant dans une stratégie concurrentielle. C’est souvent le cas lorsque des monopoles se sentent menacés par l’arrivée de nouveaux concurrents. Pour évincer ces nouveaux concurrents, les entreprises peuvent décider de mener une stratégie de prix inférieurs au coût de production ou ne permettant pas de maximiser leur profit. Une autre stratégie est de différencier les produits pour obtenir une situation de monopole temporaire. Cette stratégie est rendue possible par la réglementation sur les brevets. Ainsi, l’activité « moteurs, pompes, turbines » a connu une forte augmentation des demandes de brevets en 2012 par rapport à 2011, + 20 %. Inversement, l’activité « chimie organique fine » connaît une baisse non négligeable de ces demandes (document 2).
  • Toutes les barrières à l’entrée ne résultent pas de stratégies d’entreprises. Certaines sont naturelles, car indépendantes de la volonté des producteurs. C’est le cas des activités qui ont des coûts fixes élevés comme les unités de fabrication d’écrans plats qui nécessitent, selon le document 1, un investissement de 2 milliards de dollars. Les barrières à l’entrée peuvent être également la conséquence de la réglementation propre à une activité. Ainsi, les autorités encadrant l’activité des banques commerciales leur imposent un « niveau minimal de capital » pour éviter les faillites bancaires qui pourraient avoir des conséquences désastreuses sur le financement de l’économie (document 1).

Conclusion

Toutes les barrières à l’entrée ne résultent pas de stratégies d’entreprises. Il existe également des barrières à l’entrée naturelles, qui sont indépendantes de la volonté des producteurs.