Les conflits au Proche-Orient et au Moyen‑Orient depuis 1918

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale
Type : Composition | Année : 2012 | Académie : Inédit
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Les conflits au Proche-Orient et au Moyen‑Orient depuis 1918

Un foyer de conflits

Corrigé

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Histoire

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Sujet inédit

composition

Entrer dans le sujet, définir les mots clés

  • Vous devez traiter de la guerre mais aussi de la paix au Proche et au Moyen-Orient. Le point de départ est la fin de la Première Guerre mondiale, qui marque la chute de l’Empire ottoman. Les relations complexes que les Anglais entretiennent avec les nations arabes conduisent rapidement à une grande confusion dans la région.
  • La période à étudier est longue et voit diverses influences s’exercer sur la région, à la fois internes (Turquie, Iran, Irak…) et externes (Royaume-Uni, France, États-Unis, URSS…). Il convient de montrer comment ces différentes influences se succèdent, se superposent et parfois s’affrontent jusqu’à nos jours.
  • Pour valoriser votre copie, illustrez au maximum vos arguments par des exemples et des données chiffrées tirés de votre cours.

Dégager la problématique

Dans quelle mesure peut-on analyser l’histoire du Proche et du Moyen-Orient sous le double angle de la paix et de la guerre ?

Définir le plan

  • Votre devoir doit proposer une argumentation cohérente sur une large période chronologique (plus de 90 ans). Il vous faut pour cela dégager les thèmes principaux du sujet pour construire un plan.
  • Le plan chronologique peut s’adapter à ce type de sujet, mais le plan thématique est aussi cohérent. C’est ce que nous vous proposons ici. À l’intérieur de chaque sous-partie, vous pouvez développer une analyse qui aborde chronologiquement les événements.

I. Les bases politiques des conflits

II. Les bases géostratégiques des conflits

III. Les difficultés de la mise en œuvre de la paix

Corrigé

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie. Certains exemples doivent être développés à l’aide de vos connaissances.

Introduction

[Contexte] L’expression « Proche-Orient » naît dans les années 1880 pour distinguer la bordure orientale de la Méditerranée de l’espace que le géopoliticien Alfred Mahan dénommera « Moyen-Orient » pour qualifier la partie non méditerranéenne des routes terrestres et maritimes de l’Inde. Dès la fin de la Première Guerre mondiale, l’équilibre politique dans ces régions est bouleversé d’une part par la chute de l’Empire ottoman et d’autre part par les difficultés de gestion auxquelles les Européens sont vite confrontés dans ces régions. Entre domination et indépendance, la région voit dès lors alterner conflits et paix précaires.

[Problématique et annonce du plan] Dans quelle mesure peut-on analyser l’histoire du Proche et du Moyen-Orient sous le double angle de la paix et de la guerre ? Il convient tout d’abord d’étudier les bases politiques puis géostratégiques des conflits avant de s’interroger sur les difficultés de la mise en œuvre de la paix.

Les bases politiques des conflits

1. Entre tutelles, indépendances et influences étrangères

  • À l’issue de la Première Guerre mondiale, les puissances occidentales se disputent le contrôle de la région. Le partage des territoires issu de la conférence de Paris (1919) se fait au mépris des nationalismes locaux et provoque une « balkanisation du Proche-Orient » en morcelant toute la région en de petites identités politiques. Depuis ce partage colonial totalement arbitraire en faveur des grandes puissances, les frontières sont instables et sans cesse discutées dans cette région (Liban créé en 1920).
  • Une succession de présences et d’influences se succèdent dans la région : française et anglaise notamment grâce aux mandats de l’ONU (du début du xxe siècle au milieu des années 1950), américaine et russe (durant la guerre froide), américaine (années 1990) et de nouveau multinationale (depuis 2010).
  • Des équilibres dangereux sont ensuite mis en place : des dictatures sont établies pour faire rempart à l’islamisme notamment en Égypte, Syrie, Irak (années 1960 à 1980). La région peine à établir de véritables démocraties.

2. Le nœud gordien du conflit israélo-arabe

  • La création d’Israël en 1948, suite au Plan de partage voté par l’ONU en novembre 1947, est le résultat d’un difficile compromis entre Juifs et Palestiniens pour le partage d’un même territoire.
  • La création d’Israël marque le début d’un conflit aux multiples rebondissements (différentes attaques des pays arabes, territoires occupés…) et toujours actuel.
  • Jérusalem, lieu saint des trois grands monothéismes, est au cœur des revendications politiques et illustre bien les tensions de cette région à la diversité ethnique, culturelle et religieuse exceptionnelle.

Les bases géostratégiques des conflits

  • Le carrefour de trois continents. Le Proche et le Moyen-Orient mettent historiquement en contact l’Europe et l’Asie, puis l’Afrique.
  • L’enjeu pétrolier au cœur des tensions. Le Moyen-Orient est la région qui détient les principales sources de richesse planétaires d’hydrocarbures : elle dispose aujourd’hui des deux tiers des réserves pétrolières mondiales, 40 % des gazières et couvre ainsi une part essentielle des besoins énergétiques mondiaux. Le pétrole est d’abord un enjeu énergétique mais devient immédiatement un enjeu sécuritaire et politico-militaire qui nécessite la sécurité des approvisionnements et de son acheminement (d’où la présence américaine dans la région et ses liens avec l’Arabie saoudite). Son contrôle est devenu un enjeu majeur pour les grandes puissances et une arme pour les pays producteurs (exemple des conséquences sur la croissance économique mondiale du choc pétrolier de 1973 suite à la guerre du Kippour). Les sociétés transnationales pétrolières jouent également un rôle crucial dans l’organisation de la géopolitique pétrolière.
  • L’accès aux ressources : le cas de l’eau. La population du Proche et du Moyen-Orient est très jeune et en forte croissance, ce qui pose la question du développement économique et de la forte pression qu’exerce cette population sur les ressources, et en particulier sur l’eau. Cette forte pression démographique les pousse à collaborer (exemple du Jourdain), mais est à l’origine le plus souvent de tensions régionales.

Les difficultés de la mise en œuvre de la paix

  • Les conflits religieux compliquent le processus. C’est depuis la révolution iranienne de 1979 que la région a vu se développer l’islamisme politique, même si l’intégrisme était déjà présent dans la région avec le wahhabisme saoudien. Quel avenir pour un islam identitaire ? Les idéologies laïcisantes qui s’étaient incarnées dans le nationalisme entre les années quarante et quatre-vingt dans la région (notamment en Turquie) disparaissent.
  • La radicalisation du conflit au Proche-Orient. L’arrivée au pouvoir du Hamas en Palestine et la victoire de Kadima en Israël ont considérablement modifié la donne politique au Proche-Orient. Depuis 1948, les échecs répétés du processus de paix (accords d’Oslo, intifadas…) questionnent sur la possibilité de l’instauration de la paix.

Conclusion

[Réponse à la problématique] L’histoire du Proche et du Moyen-Orient est donc marquée par des conflits de différents types (du nationalisme au religieux, en passant par l’économie) tout en ayant été constamment à la recherche d’une paix qui resta fragile, faute d’un consensus général.

[Ouverture] Les différentes révolutions populaires qui ont éclaté au cours de l’année 2011 dans quelques pays arabes ajoutent encore à la confusion dans la région. La question est de savoir qui est le plus à même d’ouvrir les voies d’une paix durable.