Annale corrigée Dissertation

Les difficultés des politiques conjoncturelles dans la zone euro

Asie, juin 2024 • Jour 2

dissertation

Les difficultés des politiques conjoncturelles dans la zone euro

4 heures

20 points

Intérêt du sujet • La crise financière de 2008 et celle des dettes souveraines en Europe en 2011 ont montré les limites de la coordination des politiques conjoncturelles dans la zone euro. Analyser ces dernières est donc essentiel.

 

 Comment expliquer les difficultés des politiques économiques qui agissent sur la conjoncture en zone euro ?

Document 1Dette des administrations publiques (en % du PIB)

sesT_2406_05_00C_01

Source : d’après Eurostat, 2023.

Document 2Déficit ou excédent public de quelques pays de la zone euro en 2022 (en % du PIB)

sesT_2406_05_00C_02

Source : d’après Eurostat, 2023.

Document 3Principaux indicateurs conjoncturels dans quelques pays de la zone euro en 2022

Taux de chômage (en % de la population active)

Taux de croissance annuel du PIB réel (en %)

Taux d’inflation (en %)

Zone euro à 19

6,8

3,5

8,4

Danemark

4,5

3,8

8,5

Allemagne

3,1

1,8

8,7

Grèce

12,5

5,9

9,3

Espagne

12,9

5,5

8,3

France

7,3

2,5

5,9

Italie

8,1

3,7

8,7

Lituanie

6,0

1,9

18,9

Pays-Bas

3,5

4,5

11,6

Source : d’après Eurostat, 2023.

Note : certaines données sont provisoires.

Document 4Principal taux d’intérêt directeur de la Banque centrale européenne entre janvier 2008 et mai 2023 (en %)

sesT_2406_05_00C_03

Source : d’après Banque de France, 2023.

 

Les clés du sujet

Analyser la consigne et dégager une problématique

sesT_2406_05_00C_04

• Problématique. Pourquoi les politiques budgétaires et monétaire dans la zone euro manquent-elles d’efficacité ?

Exploiter les documents

Document 1. Ce graphique porte sur l’évolution de la dette publique de différents pays de l’Union européenne (UE) entre 2004 et 2022. Comment la dette publique impacte-t-elle les politiques conjoncturelles dans la zone euro ?

Document 2. Ce graphique expose la situation du budget de quelques pays de l’UE et la moyenne de la zone euro en 2022. Quelles difficultés pèsent sur les politiques budgétaires de ces pays ?

Document 3. Ce tableau statistique présente l’hétérogénéité des situations économiques des pays de l’UE et la moyenne de la zone euro à travers trois indicateurs. Quels problèmes se posent alors en termes de coordination des politiques conjoncturelles nationales au sein de la zone euro ?

Document 4. Ce graphique montre l’évolution du taux d’intérêt directeur de la Banque centrale européenne (BCE) entre janvier 2008 et mai 2023. Quelles sont les difficultés d’une politique monétaire unique menée par la BCE dans la zone euro ?

Définir le plan

I. Des politiques budgétaires nationales sous contraintes donc peu efficaces

Quelles contraintes pèsent sur les politiques budgétaires dans la zone euro (documents 1 et 2) ?

Pourquoi les politiques budgétaires nationales sont-elles peu efficaces (documents 1, 2 et 3) ?

II. Les défauts de coordination entre politique monétaire unique et politiques budgétaires nationales

Comment fonctionne la politique monétaire européenne (document 4) ?

Pourquoi l’articulation entre la politique monétaire européenne et les politiques budgétaires autonomes est-elle inefficace (documents 1, 2, 3 et 4) ?

Les titres des parties ne doivent pas figurer sur votre copie.

Introduction

[accroche] Le 21 juillet 2020, les États membres de l’Union européenne (UE) se sont accordés sur un plan de relance historique de 750 milliards d’euros pour soutenir la reprise économique. [présentation du sujet] Les politiques conjoncturelles dans la zone euro, à savoir les politiques budgétaires et la politique monétaire, agissent sur l’activité économique afin de lutter contre les déséquilibres macro-économiques. Mais leur articulation est souvent difficile. [problématique] Pourquoi les politiques budgétaires et monétaire dans la zone euro manquent-elle d’efficacité ? [annonce du plan] Nous montrerons tout d’abord que les politiques budgétaires nationales sous contrainte sont peu efficaces, pour ensuite expliquer les défauts de coordination entre une politique monétaire européenne et des politiques budgétaires nationales.

I. Les limites des politiques budgétaires nationales

 Le secret de fabrication

Ce sujet nécessite une parfaite maîtrise des politiques conjoncturelles qui sont de deux ordres : les politiques budgétaires et la politique monétaire. Il est important de bien présenter les mécanismes de leur mise en œuvre dans le cadre de la zone euro.

1. Des politiques budgétaires sous contraintes

Les politiques budgétaires visent à agir sur la conjoncture économique en intervenant sur les dépenses publiques et les recettes fiscales. Dans la zone euro, elles sont du ressort des États mais sont contraintes par les règles du Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Ainsi, la dette publique des pays membres ne doit pas excéder 60 % du produit intérieur brut (PIB) et leurs déficits publics doivent rester inférieurs à 3 % du PIB sauf en cas de « circonstance exceptionnelle et temporaire ».

à noter

La zone euro comprend­ 20 pays depuis le 1er janvier 2023 et l’adhésion de la Croatie. Le Danemark n’en fait pas partie.

Des niveaux de déficit ou de dette jugés excessifs dans un des États membres entraîneraient une hausse de l’inflation et des taux d’intérêt dans toute la zone euro. Ainsi, les politiques conjoncturelles mises en place depuis la création de l’euro ont été souvent restrictives afin de respecter les contraintes budgétaires fixées par le PSC. Il en a été ainsi en Grèce où la dette publique représentait plus de 200 % du PIB en 2020 (document 1) et en Italie qui connaît un déficit de 8 % du PIB en 2022 (document 2).

2. L’inefficacité des politiques budgétaires autonomes

Le PSC limite les pays de la zone euro dans l’utilisation des politiques budgétaires, ce qui réduit fortement les marges de manœuvre des États membres souhaitant relancer leur activité économique et faire face à des chocs. Avec le ralentissement économique depuis 2008, ces contraintes budgétaires pèsent lourdement sur l’activité.

Chaque pays membre étant responsable de sa dette, chacun peut attendre de ses partenaires qu’ils relancent leurs économies afin de bénéficier des effets positifs de leur politique budgétaire grâce aux exportations vers ces pays sans en supporter le coût. Cela peut être le cas de l’Italie dont la dette publique atteint près de 150 % du PIB en 2022 selon Eurostat (document 1).

Les politiques budgétaires nationales sont censées permettre de faire face aux différences en termes de croissance économique et de chômage entre les pays membres, et aussi aux chocs asymétriques. Mais elles se révèlent peu efficaces car la disparité des situations économiques rend leur coordination difficile (document 3).

mot clé

Les chocs asymétriques sont les chocs économiques touchant de manière différente les pays au sein de l’Union économique et monétaire (UEM).

II. Des défauts de coordination

1. Une politique monétaire européenne

La Banque centrale européenne (BCE) a pour objectif la stabilité des prix, soit un taux d’inflation avoisinant les 2 %. Sa politique monétaire s’applique aux pays de la zone euro, quelle que soit leur situation économique.

Pour atteindre cet objectif, la BCE pilote principalement son taux d’intérêt directeur. En 2023, elle l’a relevé à 3,75 % pour faire face à une inflation trop élevée, ce qui freine l’octroi de crédits des banques donc la consommation et l’investissement des agents économiques, et ralentit l’activité et l’inflation. À l’inverse, la BCE peut aussi baisser son taux d’intérêt directeur pour faciliter l’accès au crédit et faire augmenter la demande globale, afin de relancer l’activité économique et lutter contre la déflation. C’est le cas entre 2016 et début 2022 : le taux d’intérêt directeur était alors égal à 0 % (document 4).

2. Un manque de coordination avec les politiques budgétaires nationales

La politique monétaire unique n’est donc pas adaptée à tous les États membres qui rencontrent des situations économiques hétérogènes : en 2022, l’Espagne connaît ainsi un taux de chômage quatre fois plus élevé que celui de l’Allemagne (document 3). La BCE ne peut donc pas répondre aux chocs asymétriques que rencontrent les pays de la zone euro.

La politique monétaire européenne reposant sur la stabilité des prix et sur une banque centrale indépendante ne peut pas être articulée efficacement avec les politiques budgétaires nationales. La mise en œuvre d’une policy mix cohérente pour relancer la croissance économique est donc impossible, les situations économiques étant hétérogènes dans la zone euro.

mot clé

La policy mix est la combinaison des politiques budgétaires et de la politique monétaire.

La politique monétaire européenne peut même entrer en contradiction avec les politiques budgétaires des États membres. En effet, une hausse du taux d’intérêt directeur de la BCE entraîne celle des taux d’intérêt des banques commerciales, ce qui peut pénaliser la croissance économique de certains pays de la zone euro et creuser leur déficit budgétaire en augmentant la charge de leur dette publique.

Conclusion

[bilan] La politique monétaire unique et les contraintes qui pèsent sur les politiques budgétaires ont montré leurs limites face aux crises de 2008 et 2011 qui ont affecté les pays de la zone euro. Ces crises ont mis en évidence des difficultés dans la gestion des chocs asymétriques et des défauts de coordination des politiques budgétaires et de la politique monétaire. [ouverture] Ainsi, une véritable coopération entre les pays et la prise en compte des intérêts collectifs de la zone euro apparaît nécessaire aujourd’hui.

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