Les échanges internationaux de marchandises

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Mondialisation et intégration européenne
Type : Dissertation | Année : 2012 | Académie : Sujet zéro
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Les échanges internationaux de marchandises
 
 

Mondialisation, finance internationale et intégration européenne

Corrigé

15

ens. spécifique

sesT_1200_14_02C

 

Sujet zéro

dissertation • 20 points

> Comment peut-on expliquer les échanges internationaux de marchandises ?

Document 1

Croissance du volume du commerce mondial
des marchandises et du PIB mondial
(variation annuelle en pourcentage)


 

Source : Rapport sur le commerce mondial 2011, OMC, 2011.

Document 2

Échanges de marchandises par produit et pour certaines régions en 2009 (en milliards de dollars)

 

Destination

Origine

Monde1

Amérique du Nord

Europe

Afrique

Asie

Monde

Produits agricoles

1 168,85

141,94

545,23

55,81

273,87

Comb. et prod. des ind. ext.2

2 262,88

353,81

795,50

52,65

832,04

Produits manufacturés

8 354,65

1 479,75

3 620,15

271,35

2 008,22

Exportations totales de marchandises3

12 178

2 026,06

5 105,37

390,54

3 197,25

Amérique du Nord

Produits agricoles

178,81

70,49

17,37

6,06

64,61

Comb. et prod. des ind. ext.2

217,55

133,31

30,28

2,59

31,90

Produits manufacturés

1 129,82

534,92

217,58

18,61

218,28

Exportations totales de marchandises3

1 602,42

768,66

291,92

28,30

324,23

Europe

Produits agricoles

528,29

20,58

425,73

17,76

28,66

Comb. et prod. des ind. ext.2

482,55

33,59

380,22

15,95

22,84

Produits manufacturés

3879,20

301,67

2748,10

125,70

367,54

Exportations totales de marchandises3

5 015,95

365,93

3 619,53

161,88

425,98

Afrique

Produits agricoles

39,10

2,09

18,65

8,22

6,47

Comb. et prod. des ind. ext.2

245,75

57,02

94,76

14,49

66,18

Produits manufacturés

73,79

6,24

32,12

18,56

9,30

Exportations totales de marchandises3

383,94

65,68

148,84

44,91

85,27

Asie

Produits agricoles

225,50

27,61

32,94

12,17

129,06

Comb. et prod. des ind. ext.2

385,56

14,44

25,75

5,72

318,41

Produits manufacturés

2 849,53

577,34

550,98

80,59

1 344,05

Exportations totales de marchandises3

3 575,15

627,27

640,53

101,60

1 846,43

 

Source : Statistiques du commerce international, OMC, 2010.

1. Y compris les destinations non spécifiées (Moyen-Orient, Amérique latine…).

2. Combustibles et produits des industries extractives.

3. Y compris les produits non spécifiés.

Lecture : En 2009, les exportations de produits agricoles de l’Europe à destination de l’Amérique du Nord ont représenté 20,58 milliards de dollars.

Document 3

Structure des échanges de la France
au cours de douze mois cumulés
(décembre 2010–novembre 2011)


 

Source : Douanes françaises, 2011.

Document 4

La part des exportations intrafirme dans les exportations totales des filiales manufacturières sous contrôle étranger varie entre 15 % et 60 % dans les pays de l’OCDE pour lesquels ces données sont disponibles.

Tout au long des années 90 et au début de la décennie en cours, cette proportion s’est maintenue régulièrement aux environs de 50 % aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas. […]

En 19991, 73 % des exportations industrielles françaises et 64 % des importations étaient le fait d’entreprises multinationales françaises, et 29 % des exportations et 39 % des importations par des filiales étrangères implantées en France. Le reste des exportations et des importations était le fait d’entreprises non multinationales ou de groupes internationaux non industriels.

La majeure partie des échanges intrafirme des multinationales implantées en France s’effectuait au sein de l’Union européenne (70 %). Ces échanges concernaient surtout le secteur automobile (31 %) et le secteur chimique (13 %). Ces deux secteurs correspondent aussi à la majeure partie des échanges entre la France et l’Union européenne.

Indicateurs de l’OCDE sur la mondialisation économique, OCDE, 2005.

1. Il s’agit de la date de la dernière enquête – à cette date, 41 % des exportations françaises sont des échanges intrafirme.

Entrer dans le sujet, définir les mots clés

Une marchandise est un bien matériel, ayant une existence physique. On parle d’échanges internationaux lorsqu’un bien franchit une frontière : un bien produit dans un pays et utilisé dans un autre constitue une exportation pour le pays de fabrication et une importation pour le pays d’utilisation.

Dégager la problématique

Le sujet invite à rechercher les causes de ces échanges internationaux de biens. Quelles sont les raisons du commerce mondial de marchandises ?

Analyser les documents

Document 1

Entre 2000 et 2010, les échanges mondiaux de marchandises augmentent deux fois plus vite que le PIB ; particulièrement en période d’expansion comme entre 2002 et 2004. Au contraire, le ralentissement de l’activité mondiale (2001, 2008) s’accompagne d’une baisse du rythme de croissance des échanges mondiaux de biens. Les échanges internationaux de marchandises sont donc corrélés positivement avec la croissance du PIB mondial : le dynamisme du PIB mondial contribue à un développement des échanges internationaux de marchandises.

Document 2

Il indique le montant en milliards de dollars de chaque type de marchandises dans le commerce mondial, ainsi que leur provenance et leur destination en 2009. L’Europe exporte quasiment autant de marchandises qu’elle en importe, avec un solde positif pour les biens manufacturés et un déficit pour les produits de l’énergie. L’Amérique du Nord importe un quart de plus de marchandises qu’elle en exporte, en produits manufacturés et énergétiques particulièrement. L’Asie a un solde globalement positif, spécifique aux biens manufacturés et un déficit dans les autres postes. L’Afrique obtient un solde quasi équilibré grâce aux exportations énergétiques, mais sur des volumes restreints.

Document 3

Entre décembre 2008 et novembre 2009, la France n’est exportatrice nette de marchandises que pour les produits des industries agroalimentaires, agricoles et de matériel militaire (faibles excédents), alors qu’elle importe davantage qu’elle n’exporte pour tous les autres postes. La balance globale est négative, avec des échanges intrabranches : la France exporte chez ses clients des produits de même nature que ceux qu’elle importe.

Document 4

Depuis les années 1990, le commerce intrafirmes (vente de produits entre filiales d’une même firme multinationale) s’est développé jusqu’à représenter la majorité des échanges de marchandises dans les pays développés. En France, ils sont concentrés dans les secteurs de l’automobile et de la chimie, correspondant à la majorité des échanges intraeuropéens.

Définir le plan

La recherche des causes du commerce mondial de marchandises incite à construire un plan en deux parties : d’abord, les échanges internationaux de marchandises s’expliquent par les différences entre les économies ; ensuite, le commerce international de biens repose aussi sur la demande globale adressée à l’extérieur.

Corrigé

Introduction

  • Les échanges internationaux de marchandises sont en progression constante au niveau mondial, ce qui nous invite à nous intéresser à la progression de ce segment du commerce mondial.
  • Une marchandise est un bien matériel, ayant une existence physique. Les échanges internationaux se produisent dès lors qu’un bien franchit une frontière : un bien produit dans un pays et utilisé dans un autre pays constitue une exportation pour le pays de fabrication et une importation pour le pays d’utilisation. Quelles sont les raisons du commerce mondial de marchandises ? D’une part, les échanges internationaux de marchandises s’expliquent par des différences entre les économies ; d’autre part, il convient de s’intéresser aussi à la demande adressée à l’extérieur.

I. Les échanges internationaux de marchandises s’expliquent par les différences entre les économies

1. Les économies se spécialisent en fonction
de leurs avantages comparatifs

  • La matrice des échanges internationaux de marchandises (document 2) met en évidence les spécialisations des différentes régions du monde. En 2009, l’Afrique réalise 74 % de ses exportations de marchandises dans les produits primaires, alors que, au niveau mondial, la part des « produits manufacturés » représente 68,6 %, et que toutes les autres régions du monde dépassent les 70 %. Les pays qui disposent d’une maîtrise technologique et d’une main-d’œuvre qualifiée se sont spécialisés dans les produits manufacturés, de même que l’Asie, qui s’appuie sur de faibles coûts salariaux.
  • Se trouve ainsi appliquée la théorie de l’avantage comparatif initiée par D. Ricardo : un pays se spécialise en fonction de sa dotation en facteurs de production.

2. Les entreprises mettent en place une division internationale des processus de production

  • Les firmes multinationales réalisent une part significative et croissante des échanges internationaux de marchandises sous forme de commerce intrafirmes (document 4). Les échanges intrafirmes découlent de l’internationalisation des entreprises, qui pratiquent des investissements directs à l’étranger afin de pouvoir s’installer sur des territoires pour profiter de leurs avantages relatifs.
  • Ainsi, cette division internationale des processus de production se traduit par une répartition des tâches productives au niveau mondial de façon à maximiser le gain permis par chaque territoire : les activités de recherche et développement sont souvent localisées dans des pays développés car elles nécessitent du personnel à haut niveau de formation ; la fabrication des pièces est effectuée dans des pays à faible coût salarial ; l’assemblage est enfin réalisé dans des pays où la main-d’œuvre est mieux formée.

Ces explications sont fondées sur l’offre, mais la demande doit également être prise en compte.

II. Le commerce international de biens repose
aussi sur la demande globale adressée à l’extérieur

1. Le dynamisme économique stimule les échanges mondiaux de marchandises

  • Sur le document 1, entre 2000 et 2010, les échanges mondiaux de marchandises augmentent en moyenne de 5,8 % par an, soit 2 fois plus vite environ que le PIB (TCAM de presque 3 %) ; c’est particulièrement vrai en période d’expansion (entre 1998 et 2000 ou entre 2002 et 2004). Au contraire, en 2001 ou en 2008, le ralentissement de l’activité mondiale s’accompagne d’une baisse du rythme de croissance des échanges mondiaux de biens : le dynamisme du PIB mondial contribue donc à un développement des échanges internationaux de marchandises.
  • La croissance économique se traduit par une création accrue de richesses, qui permet une distribution de revenus supplémentaires. Ainsi, la demande de biens de consommation augmente et se tourne parfois vers des produits importés, stimulant le commerce mondial de marchandises. Les entreprises qui doivent produire plus doivent également se doter de biens d’équipement, qui peuvent être importés, comme le montre l’exemple de la France dans le document 3. De même, une production en hausse nécessite de se procurer davantage d’énergie, dont tous les pays ne sont pas pourvus.

2. La demande contribue également aux échanges intrabranches

  • La France exporte chez ses clients des produits de même nature qu’elle en importe (document 3). Il s’agit alors d’échanges intrabranches, des échanges croisés de produits similaires entre des économies de niveau de développement proche, par exemple des produits d’industries agroalimentaires, des automobiles, des produits agricoles ou des biens de consommation. Ce sont alors les similitudes entre les économies qui peuvent être à l’origine de ces échanges intrabranches.
  • L’origine de ces échanges intrabranches réside dans la volonté des consommateurs des différents pays de se différencier des autres en utilisant les produits étrangers comme des consommations ostentatoires, pour afficher leur statut social, leurs références culturelles. L’uniformisation culturelle participe à ce processus : les consommateurs de tous les pays souhaitent accéder au standard occidental de consommation partagé par les autres.

Conclusion

  • Les échanges internationaux résultent de la complémentarité entre pays découlant d’une spécialisation des économies, fondée sur des avantages comparatifs dont profitent les firmes multinationales dans leur stratégie mondiale. Le commerce international de biens est aussi explicable par l’accroissement de la demande mondiale de biens, elle-même conséquence de l’enrichissement des pays et de leurs habitants, et de leur volonté d’améliorer leurs conditions de vie par la consommation de marchandises.
  • Compte tenu du renchérissement des coûts de transport, liés aux prix croissants des carburants, on pourrait alors assister à une relocalisation des productions, freinant l’évolution du commerce mondial de marchandises.