Les espaces maritimes : approche géostratégique

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Les territoires dans la mondialisation
Type : Etude critique de document(s) | Année : 2018 | Académie : Asie

GÉOGRAPHIE

Les territoires dans la mondialisation

36

hgeT_1806_05_01C

Asie • Juin 2018

étude critique de documents

Les espaces maritimes : approche géostratégique

Confrontez les documents pour montrer que les espaces maritimes sont des espaces d’échanges et de tensions à toutes les échelles.

DOCUMENT 1 Les espaces maritimes au cœur d’enjeux géostratégiques

hgeT_1806_05_01C_01

D’après D. Ortolland et J.-P. Pirat, Atlas géopolitique des espaces maritimes, éd. Technip, 2010 ; A. Fremont et A. Frémont-Vanacore, « Géographie des espaces maritimes », Documentation photographique, n° 8104, 4 mars 2015.

dOCUMENT 2 Les tensions en mer de Chine

La mer de Chine du Sud a été de nouveau le théâtre d’affrontements entre pêcheurs philippins et garde-côtes chinois. Ces derniers surveillent l’espace que Pékin revendique comme étant sa propriété et repoussent fermement toute embarcation qui s’aventure dans ces eaux. Un bateau de pêcheurs philippins vient d’en faire de nouveau l’expérience. Bien que se considérant dans les eaux philippines, il raconte avoir été prié de quitter, sur le champ, cette zone poissonneuse. Craignant le recours aux canons à eau, très puissants, l’embarcation philippine a préféré rebrousser chemin et éviter tout risque d’affrontement direct, voire de collision, le rapport de forces étant clairement en faveur du navire chinois.

Manille attend d’un jour à l’autre une décision de la Cour ­permanente d’arbitrage (CPA) de La Haye qui doit statuer sur la légitimité qu’ont chacun de ces deux États, à revendiquer des droits dans cette zone. Manille demande à la CPA de dire que les revendications chinoises violent la Convention de l’ONU sur le droit à la mer, dont les deux pays sont signataires. Les Philippines vont d’ailleurs faire valoir que la Chine n’a aucun « droit historique » sur cette mer sur laquelle transite une grande partie du trafic maritime international. Au passage, Manille en profite pour dénoncer les ravages irréversibles causés à l’environnement par Pékin en rasant des récifs coralliens pour les transformer en îlots dotés de piste d’envol, de port en eau profonde et de station radar.

Quelle que soit la décision du tribunal, Pékin a déjà fait savoir qu’elle ne la respectera pas, jugeant cette cour non compétente. Et comme pour mieux défier les uns et les autres, les autorités chinoises ont décidé d’organiser, à partir de 2020, des croisières réservées à des citoyens chinois autour de l’archipel des Spratleys, l’un des points les plus disputés. Outre les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, Taïwan et le sultanat de Brunei revendiquent aussi une partie de ce territoire. La situation est complexe, car la Chine pratique la politique du fait accompli. Les États-Unis, qui sont liés par des accords de sûreté avec la plupart des pays concernés, envoient des avertissements à Pékin et croisent à proximité des rochers disputés. Les ­Occidentaux observent une neutralité de bon aloi, estimant qu’une fois le droit de navigation préservé, peu importe finalement de savoir à qui appartient tel ou tel rocher.

Les opposants à l’expansionnisme chinois craignent que la Chine n’utilise ses îles artificielles à des fins militaires et n’obtienne, de facto, le contrôle de la mer et des airs d’une région qui, de plus, recèlerait d’importants gisements d’hydrocarbures.

Source : Michel De Grandi, « En mer de Chine du Sud, les tensions restent fortes », Les Échos, 23 juin 2016.

Les clés du sujet

Lisez la consigne

L’énoncé

La géostratégie est « l’étude des rapports entre les problèmes stratégiques et les facteurs géographiques ». Les questions de domination entre les puissances dans l’espace mondial (ici maritime) sont donc au centre du sujet. Mais les enjeux géo-économiques, qui donnent à ces espaces maritimes une grande valeur, sont également à étudier.

La consigne

La consigne invite à « confronter les documents », ceux-ci étant à des échelles différentes : mondiale pour le document 1, régionale pour le document 2. L’analyse multiscalaire (« à toutes les échelles »), rappelons-le, est à la base de la méthode géographique.

Les espaces maritimes sont des lieux où se crée et où passe la richesse. C’est pour cette raison qu’ils suscitent les convoitises et génèrent des tensions entre acteurs à toutes les échelles. L’étude critique des documents devra illustrer et répondre à cette problématique.

Analysez les documents

Le document 1 est une carte (très) schématique, basée sur des ouvrages universitaires. Elle propose une information synthétique sur le sujet, qu’il vous faudra compléter par une bonne connaissance des enjeux liés aux espaces maritimes, issue du cours.

Le document 2 est un article de presse tiré du grand quotidien économique français, Les Échos, en date du 23 juin 2016. Le texte détaille les frictions entre les Philippines et la Chine, en mer de Chine du Sud, l’un des points de tensions les plus chauds du monde actuel.

Définissez les axes de l’étude

Comme vous y invite la consigne, une première partie pourra détailler en quoi les espaces maritimes sont des espaces d’échanges. Une seconde partie s’attachera à montrer que ce sont aussi des espaces de tensions. À l’intérieur de chaque partie, il conviendra d’insister sur les aspects multi­scalaires du sujet.

Ne récitez pas votre cours, partez au contraire de l’analyse des documents, mais sans les paraphraser non plus. Vous soulignerez les limites des documents chaque fois que nécessaire.