Les espaces maritimes dans la mondialisation

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Les territoires dans la mondialisation
Type : Composition | Année : 2013 | Académie : France métropolitaine
Corpus Corpus 1
Les espaces maritimes dans la mondialisation

Les territoires dans la mondialisation

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Géographie

35

France métropolitaine • Septembre 2013

composition

Les clés du sujet

Analysez le sujet

Les termes du sujet

 

Terme

Définition

mondialisation

Mise en relation des différentes parties du monde par des flux. La mondialisation est inséparable du capitalisme qui l’a mise en place.

espaces maritimes

L’expression désigne les mers et les océans. Leur étude est ici à mettre en relation avec la mondialisation. La géostratégie des espaces maritimes est liée à l’évolution des puissances mondiales.

 

La problématique

  • En quoi la mondialisation influe-t-elle sur la géostratégie des espaces maritimes ? Pourquoi leur contrôle est-il essentiel ? En quoi cette géostratégie des espaces maritimes est-elle révélatrice de la hiérarchie des puissances dans la mondialisation ?
  • Dans l’introduction, présentez votre sujet sous un angle original : la Terre, planète océane. Cela permet d’introduire le rapport des mers et océans à la mondialisation.

Utilisez les mots clés


 

Évitez les pièges

  • Attention à rester dans le sujet : vous ne devez étudier le renforcement des façades littorales que comme une conséquence des flux maritimes liés à la mondialisation, et non en tant que telles.
  • Ne débordez pas du sujet en vous lançant dans une analyse environnementale des espaces océaniques, à la mode notamment dans les médias.
Corrigé
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Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

Conseil

Dans la présentation du sujet, un angle original, paradoxal ou utilisant l’actualité permet de susciter l’intérêt du correcteur.

[Présentation] Curieux nom que celui de notre planète : la Terre, alors que 71 % de sa surface sont constitués par les mers et les océans. Des espaces qui ont acquis, depuis quelques décennies, une importance nouvelle, que leur confère la mondialisation.

[Problématique] La mise en relation des espaces mondiaux, dont l’extension témoigne de la constitution d’une économie-monde, se fait fondamentalement par les voies maritimes. Mais il est d’autres raisons qui permettent de comprendre dans quelle mesure la mondialisation a fait des mers et océans des espaces stratégiques.

[Annonce du plan] Mers et océans sont d’abord des espaces au cœur de la mondialisation, reliant les hommes et donc constitutifs de ce système global. Mais ce sont aussi des espaces qui regorgent de ressources que l’enrichissement de l’humanité par la mondialisation a rendues plus rares. De fait, ce sont enfin des espaces géostratégiques, dont les différents acteurs géographiques tentent de s’assurer les rentes.

I. Des espaces au cœur de la mondialisation

1. Un enjeu économique considérable

  • Les espaces maritimes sont d’abord stratégiques parce qu’ils sont au cœur des processus de mondialisation. La division internationale du travail (DIT) a conduit à une dispersion de la chaîne de création de valeur. Les coûts d’acheminement induits ont connu un effondrement grâce à la révolution du transport maritime.
  • Dès lors, la voie maritime assure plus de 80 % du transport de marchandises. Les câbles sous-marins transocéaniques jouent également un rôle essentiel dans les échanges d’informations et de capitaux ; de même que les conduites (pipelines) pour l’acheminement d’hydrocarbures.

2. Des routes maritimes stratégiques

Conseil

Il est important de montrer que vous connaissez les façades principales. N’hésitez pas à les localiser. Vous pouvez aussi le faire sur un schéma sommaire.

  • Les routes maritimes présentent donc un intérêt géo-économique évident. La littoralisationde l’économie mondiale qui en découle a créé de grandes façades maritimes, concentrant hommes et activités : Northern Range européenne, megalopolis est-américaine et japonaise, façade est-asiatique.
  • Des routes maritimes – invisibles mais réelles – relient ces grandes façades, dessinant une sorte d’anneau maritime entre les pôles de la Triade (États-Unis, Japon, Union européenne), sans compter de nombreuses routes secondaires. Plus de 50 000 navires de commerce y transportent annuellement plus de 8 milliards de tonnes de fret.

3. Des routes maritimes vulnérables

  • Pourtant, ces routes maritimes, essentielles au fonctionnement de la mondialisation, sont des plus vulnérables. Elles empruntent des points de passage obligés, pour des raisons de coût ou de simple géographie : les seuils.
  • Certains de ces seuils sont naturels : ce sont les détroits, tels ceux de Gibraltar, de Malacca, d’Ormuz ou du Bosphore. D’autres sont artificiels : ce sont les canaux transocéaniques de Suez et de Panama. À la clé, il existe de réels risques de collision, de piraterie, ou de blocage lié à un conflit.

[Transition] Rendues plus appréciables par la concurrence des acteurs étatiques ou transnationaux, les ressources des espaces maritimes font également l’objet de convoitises exacerbées.

II. Les ressources des espaces maritimes

1. Les ressources halieutiques

  • Les ressources halieutiques sont exploitées depuis les temps les plus anciens. Mais dans un contexte de croissance démographique – les prévisions parlent de plus de 9 milliards d’humains vers 2050 –, la fonction nourricière des espaces maritimes prend une acuité nouvelle.
  • 90 millions de tonnes de poissons sont pêchées chaque année, auxquelles il faut ajouter 60 millions de tonnes issues de l’aquaculture. Les grandes zones de pêche – souvent surexploitées – se localisent aujourd’hui surtout dans les océans Pacifique et Atlantique nord et moyen.

2. Les ressources énergétiques et minérales

  • Mers et océans renferment près du quart des réserves pétrolières et du tiers des ressources gazières mondiales. Les technologies d’extraction offshore permettent aujourd’hui d’exploiter de tels gisements sous-marins, au large du Brésil ou de l’Angola par exemple.
  • Les ressources minérales sont considérables : or, cuivre, manganèse, et surtout terres rares – métaux indispensables aux produits de haute technologie – dont les océans concentrent 99 % des réserves. Sans même parler de l’Arctique, que le réchauffement climatique ouvre à la navigation et à l’exploitation économique…

3. Le droit maritime et ses problèmes

  • L’importance de ces ressources a rendu plus nécessaire encore un droit maritime capable de régler les litiges. Depuis son entrée en vigueur en 1994, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer distingue les eaux sous souveraineté, la zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles marins (370 kilomètres) et les eaux internationales.
  • Les États-Unis possèdent la ZEE la plus étendue, suivis par la France grâce à ses possessions d’outre-mer. Chaque État cherche à étendre sa ZEE.

[Transition] Cette nouvelle « course à la mer » débouche parfois sur des règlements à l’amiable, mais génère aussi des tensions géopolitiques sévères.

III. Les espaces d’une géostratégie mondiale

1. La puissance navale

  • La domination de la mer fut la base de la puissance de nombreux États. Aujourd’hui, la militarisation des espaces maritimes passe par des groupes aéronavals centrés sur des porte-avions et relayés par des sous-marins à propulsion nucléaire.
  • Dans ce domaine, les États-Unis constituent une puissance sans rival depuis 1945. Ils détiennent 80 % des porte-avions dans le monde et jouent le rôle de gendarme de l’océan mondial. Au cours des dernières années, la Chine a fourni un effort important afin de combler son retard naval.

2. Le délicat contrôle d’espaces sensibles

  • La libre navigation est une condition sine qua non de la mondialisation. C’est pourquoi les marines de guerre contrôlent les zones sensibles. Les détroits et canaux transocéaniques sont particulièrement sous tension.
  • Les aspects géostratégiques sont tout aussi essentiels. La Ve Flotte américaine opère ainsi en permanence dans le golfe Persique. Quant à la Chine, elle développe un réseau de facilités navales, le « collier de perles », le long de la route du pétrole depuis le Golfe.

3. La permanence des revendications et des conflits

  • On compte plus de 70 litiges opposant des pays riverains, pour des questions de zones de pêche ou de contrôle géopolitique. La maîtrise de la mer de Chine méridionale, aux riches ressources en hydrocarbures, est ainsi revendiquée par Pékin, suscitant des tensions avec ses voisins.
  • L’Arctique fait également l’objet de convoitises de la part de nombreux États, à commencer par la Russie qui demande l’extension de sa ZEE jusqu’au pôle Nord. La Chine, qui défend ses intérêts économiques dans cette zone, a obtenu un statut d’observateur au Conseil arctique.

Conclusion

[Reprise] Mers et océans sont donc des espaces particuliers, ancrés dans la mondialisation en raison des routes maritimes, lesquelles forment un véritable système circulatoire de l’économie globalisée. Leurs ressources, présentes et futures, sont considérables. Et nombreux sont les acteurs qui s’en disputent la propriété, plaçant ces espaces au cœur d’une géostratégie mondiale de plus en plus conflictuelle.

[Réponse] Les espaces maritimes ont donc porté la mondialisation. Mais en retour, celle-ci, tant dans ses aspects géo-économiques que géopolitiques, a fait des mers et des océans des espaces centraux dans la géostratégie duxxiesiècle.

[Remise en perspective] L’évolution de la géopolitique mondiale traduit cette importance des espaces maritimes : le premier porte-avions chinois, racheté à la Russie, est entré en service en 2012. Trois autres sont prévus dans les prochaines années…