Les États-Unis et le monde depuis 1945

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Les chemins de la puissance : les Etats-Unis et la Chine depuis 1945
Type : Composition | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Les États-Unis et le monde depuis 1945
 
 

Les chemins de la puissance

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Histoire

6

CORRIGE

 

Sujet inédit

composition

  • Le sujet s’inscrit dans la première question du thème 2 du programme intitulée Les chemins de la puissance. De façon implicite, il invite à analyser la puissance des États-Unis, c’est-à-dire leur capacité d’action, ici à l’échelle mondiale. Les limites chronologiques couvrent la période allant du lendemain du second conflit mondial à nos jours.
  • La problématique doit mettre en évidence l’évolution et les manifestations de la puissance états-unienne depuis 1945 (superpuissance puis hyperpuissance).
  • Par souci d’équilibre, votre plan, chronologique, pourra s’organiser autour de deux parties, séparées par la date charnière de 1991. Cette année marque en effet à la fois la fin de la guerre froide et l’entrée dans une période où les États-Unis apparaissent comme l’unique puissance mondiale, néanmoins contestée.
Corrigé

Construire un plan de composition

1 Il existe trois grands types de plans : le plan chronologique (par étapes d’une évolution d’ensemble) ; le plan thématique (par thème ou domaine) ; le plan analytique (caractéristiques, facteurs, conséquences ou limites d’un phénomène).

2Le choix du plan dépend donc du sujet qu’il faut soigneusement analyser : s’agit-il de retracer une évolution ? de décrire une situation ? d’analyser un phénomène ? Ici, le plan chronologique s’impose car il faut présenter l’évolution de la puissance des États-Unis de 1945 à nos jours.

Les titres en couleur servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

 

Définition

La puissance est la capacité d’action d’un État par des moyens coercitifs (hard power) ou non (soft power).

[Accroche] Après avoir, entre 1941 et 1945, mobilisé toutes leurs ressources au service des Alliés contre les forces de l’Axe, les États-Unis auréolés de leur victoire affirment dans le monde une puissance sans équivalent. Cependant, dès 1945, s’amorce une intense rivalité avec l’URSS, autre puissance victorieuse.

[Problématique et annonce du plan] Comment se transforme la puissance des États-Unis dans le monde du lendemain de la Seconde Guerre mondiale à nos jours ? Pour répondre à cette question, nous distinguerons deux périodes : la guerre froide (1947-1991), marquée par l’opposition entre les superpuissances états-unienne et soviétique ; l’après-1991, caractérisé par l’affirmation de l’hyperpuissance états-unienne.

I. L’affirmation d’une superpuissance (1945-1991)

1. En 1945 : une puissance sans égale

  • À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont la première puissance militaire au monde et le seul pays à détenir l’arme atomique. Ils sont aussi une puissance géopolitique : cofondateurs de l’ONU, ils sont membre permanent du Conseil de sécurité. À ce titre, ils contribuent largement à façonner la nouvelle organisation du monde.
  • Leur statut de premièrepuissance économique et financière se renforce : depuis la conférence de Bretton Woods (1944), le dollar est la seule monnaie étalon. Ils sont aussi une puissance culturelle (production cinématographique d’Hollywood).

2. Les leaders du monde libre (1947-1963)

  • Pour le monde entier, les États-Unis incarnent un modèle antagoniste du modèle communiste : il repose sur la démocratie, l’économie capitaliste et la société de consommation, indissociable de l’American way of life.
 

Gagnez des points !

Plutôt que de chercher à raconter toutes les crises de la guerre froide, il est préférable de présenter un exemple significatif.

  • À partir de 1947, les États-Unis luttent contre l’expansion du communisme en se présentant comme les leaders du « monde libre » (politique d’« endiguement »). Le plan Marshall (juin 1947) propose ainsi aux États européens une aide financière pour leur reconstruction. L’URSS prend alors la tête de la lutte contre l’« impérialisme américain ». C’est le début de la guerre froide qui oppose les deux superpuissances et divise le monde en deux blocs (bloc occidental et bloc communiste).
  •  Lors des premières crises, les États-Unis prennent l’avantage. Ainsi, en 1962, ils dissuadent l’URSS d’installer des missiles à Cuba en organisant le blocus de l’île.

3. Une puissance contestée puis victorieuse (1964-1991)

  • Durant les années 1960-1970, la puissance des États-Unis est fragilisée : engagement militaire au Vietnam (1964-1973) ; graves difficultés économiques (dévaluation du dollar en 1971). À la fin des années 1970, l’URSS en profite pour étendre son influence dans le monde (invasion de l’Afghanistan en 1979).
  • Sous la présidence de Ronald Reagan (1981-1989), les États-Unis décident de stopper cette expansion en relançant la course aux armements (programme IDS) ; l’URSS, essoufflée économiquement, est contrainte au dialogue.
  • Lorsque l’URSS disparaît en décembre 1991, les États-Unis restent l’unique puissance mondiale.

II. Forces et faiblesses d’une hyperpuissance (depuis 1991)

1. L’apogée de l’hyperpuissance (1991-2001)

 

Définition

L’expression « nouvel ordre mondial » a été employée par le président George Bush (père) au début de l’offensive armée contre l’Irak en janvier 1991, pour désigner la vision américaine de l’après-guerre froide.

  • À la suite de la guerre du Golfe (janvier-février 1991) et de la disparition de l’URSS, les États-Unis entendent instaurer un « nouvel ordre mondial » fondé sur la coopération et le respect du droit international, garanti par l’ONU. Ils se posent en « gendarmes du monde » ; ils favorisent aussi la diffusion de la démocratie et du capitalisme.
  • Leurs interventions diplomatiques et militaires sont couronnées de succès : amorce du processus de paix au Proche-Orient (accords d’Oslo, 1993) ; cessez-le-feu dans le conflit yougoslave (accords de Dayton, 1995).
  • Cependant, les États-Unis dérogent parfois au multilatéralisme pour défendre leurs intérêts (refus de ratifier la convention sur la Cour pénale internationale en 1998).

2. Les difficultés de l’hyperpuissance (depuis 2001)

  • Les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington révèlent la vulnérabilité de l’hyperpuissance américaine. Ils conduisent le président George W. Bush (2001-2009) à se lancer dans une « guerre contre le terrorisme » : intervention militaire en Afghanistan en 2001 (avec mandat de l’ONU) et en Irak en 2003 (unilatérale).
  • Cette politique suscite les critiques des alliés des États-Unis (France, Allemagne) et un fort antiaméricanisme dans le monde arabe, sans déboucher sur des succès militaires (enlisement et lourdes pertes humaines). Barack Obama, qui succède à George W. Bush en 2009, décide l’évacuation de l’Irak (achevée en 2011) et de l’Afghanistan (pour 2014). Cependant, les États-Unis poursuivent leur lutte contre le terrorisme (exécution de Ben Laden en 2011) et restent vigilants à l’égard d’États menaçants pour la paix (Corée du Nord, Iran).
 

Attention !

Il faut utiliser des notions précises et synthétiques qui valorisent vos connaissances et évitent des longueurs.

  • Par ailleurs, depuis le début du xxie siècle, s’esquisse un monde multipolaire dans lequel les États-Unis doivent composer avec des puissances émergentes (BRICS). Dans le domaine économique, la Chine, deuxième puissance mondiale depuis 2010, devient un redoutable concurrent (1er exportateur mondial de produits industriels). Dans le domaine géopolitique, la Russie et la Chine font obstacle aux initiatives américaines (ex. : refus d’une intervention militaire en Syrie en 2013).
  • Enfin, les États-Unis doivent faire face à de graves problèmes financiers (ex. : endettement vis-à-vis de la Chine) et économiques (depuis la crise des subprimes qui débute en 2007).

Conclusion

[Réponse à la problématique] De 1945 à nos jours, les États-Unis réussissent à consolider leur puissance dans différents contextes : durant la guerre froide, en véritable superpuissance, ils résistent et triomphent face à l’URSS ; depuis 1991, après la disparition de leur rival, ils s’affirment rapidement comme une hyperpuissance ; mais dans un monde multipolaire, celle-ci se heurte à de nombreux obstacles.

[Ouverture] Actuellement, les États-Unis sont confrontés à un dilemme : ils sont conscients qu’ils ne peuvent plus être les seuls « gendarmes du monde » ; mais, la relève n’étant pas assurée, ils doivent encore assumer de lourdes responsabilités internationales.