Les États-Unis et le monde depuis 1991

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'épreuve orale
Type : Sujet d'oral | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Les États-Unis et le monde depuis 1991
 
 

Oral • Histoire

hgeT_1400_00_44C

ORAL

46

CORRIGE

 

Sujet d’oral n°3

sans document

préparation

Entrer dans le sujet

  • Le sujet est centré sur une notion qui n’est pas explicite dans son libellé : celle de puissance. Il s’agit de la capacité d’un État à agir et imposer ses décisions de façon coercitive (hard power) ou non (soft power), et ce à différentes échelles.
  • Les limites chronologiques retenues correspondent à la période de l’après-guerre froide, qui débute à la disparition de l’URSS (décembre 1991).
  • L’essentiel est de mettre en évidence le renforcement de la puissance des États-Unis depuis cette date (ils deviennent une hyperpuissance) tout en en soulignant les limites.

Mobiliser ses connaissances

  • Le sujet porte sur une partie du cours intitulé Les États-Unis et le monde depuis 1945. En respectant ses limites temporelles, vous devez cependant faire un rappel (en introduction) sur la puissance états-unienne durant la guerre froide (1947-1991).
  • Il vous faudra donner une définition précise de l’hyperpuissance, en précisant les domaines (militaire, géopolitique, économique, culturel) dans lesquelles elle s’exerce.
  • En même temps, sur une période longue d’une vingtaine d’années, vous devrez montrer que cette hyperpuissance connaît une évolution rythmée par différentes phases.

Organiser l’exposé

  • Un plan chronologique est le plus adapté.
  • Une première partie portera sur la période 1991-2000, correspondant à celle d’une hyperpuissanceaméricainetriomphante : durant cette période, l’absence de rival va permettre aux États-Unis d’imposer, de façon multilatérale, leur influence politique mais également économique et culturelle.
  • La seconde couvrira la période débutant en 2001, qui est celle d’une hyperpuissance contestée ; en effet, l’orientation unilatérale de la politique extérieure américaine à la suite des attentats du 11 septembre 2001 soulève critiques et remises en cause, dans un monde qui devient multipolaire.

présentation

Introduction

La guerre froide (1947-1991) s’achève avec la disparition de l’URSS et le triomphe des États-Unis qui sont alors une puissance sans égale dans le monde, autrement dit une hyperpuissance. Comment celle-ci s’est-elle affirmée depuis 1991 ? Pour répondre à cette question, nous distinguerons deux périodes : de 1991 à 2000, l’hyperpuissance triomphe ; depuis 2001, elle est contestée.

I. Une hyperpuissance triomphante (1991-2000)

1. Une puissance complète et inégalée

  • Les États-Unis sont la 1repuissance militaire du monde (nucléaire, aéronavale).
  • Ils sont la puissance géopolitique la plus influente (membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU dont ils sont les fondateurs, premier réseau d’ambassades mondial).
  • Ils restent la 1repuissance économique mondiale, caractérisée par un haut niveau technologique (ex. : informatique, aéronautique).
  • Leur modèle culturel reste très attractif (ex. : premier foyer d’immigration mondial, rayonnement des grandes universités).

2. Une puissance active dans le monde

  • Les États-Unis, dirigés par George Bush (1989-1993) et Bill Clinton (1993-2001) se prétendent les garants du multilatéralisme, sous l’égide de l’ONU.
  • Ils interviennent au nom de la défense de la paix, du respect de la souveraineté des États et des droits de l’homme (ex. : guerre du Golfe en 1990-1991, intervention militaire en Bosnie en 1995, soutien au processus de paix israélo-palestinien à partir de 1992).
  • Cependant, ils n’hésitent pas à rompre avec le multilatéralisme lorsque leurs intérêts sont en jeu (ex. : non-ratification du protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre en 1997 ; du traité de Rome prévoyant la création d’une cour pénale internationale en 1998).

II. Une puissance contestée (depuis 2001)

1. Le choc des attentats du 11 septembre 2001

  • Les attentats du 11 septembre 2001, qui visent le cœur économique (New York) et politique (Washington) des États-Unis, révèlent leur vulnérabilité.
  • Après une riposte militaire en Afghanistan validée par l’ONU (2001), le président George W. Bush (2001-2009) s’engage dans une politique extérieure unilatérale. Au nom de la « guerre contre le terrorisme », les États-Unis dénoncent un « axe du mal » et occupent l’Irak à partir de 2003, sans mandat de l’ONU.
  • Cette intervention militaire divise la communauté internationale (ex. : opposition de la France et de l’Allemagne, hostilité de nombreux pays arabes) ; elle affaiblit aussi la puissance militaire (enlisement en Afghanistan et en Irak) etéconomique du pays (coût financier) ; enfin, elle sape leur prestige international (mort de civils, mauvais traitements à l’égard de prisonniers).

2. Une politique extérieure moins ambitieuse

  • Depuis 2009, le président Barack Obama cherche à apaiser les relations entre les États-Unis et le reste du monde (ex. : discours du Caire en 2009) et entame le retrait des armées américaines des théâtres d’opération militaire en Irak (achevé en 2011) et en Afghanistan (pour 2014).
  • De plus, il mène une politique extérieure prudente en évitant les opérations terrestres de grande envergure (ex. : non-intervention dans le conflit syrien qui a débuté en 2011) sans renoncer à des interventions aéronavales (ex. : frappes de l’OTAN en Libye en 2011).
  • Cependant, il reste ferme dans sa lutte contre le terrorisme (ex. : utilisation de drones) et vigilant à l’égard des États jugés dangereux pour la paix dans le monde (ex. : Corée du Nord, Iran).
  • C’est dans un cadre multilatéral comme celui du G7 que les États-Unis souhaitent désormais agir diplomatiquement (ex. : sanctions économiques et politiques contre la Russie à la suite de l’annexion de la Crimée aux dépens de l’Ukraine en mars 2014).

3. De nouveaux concurrents

  • Depuis le début du xxie siècle, des pays émergents s’affirment comme de sérieux concurrents des États-Unis, en particulier dans le domaine économique.
  • La Chine, 2e puissance économique mondiale, ambitionne de se hisser prochainement au 1er rang, devant les États-Unis. Elle est aussi une puissance géopolitique (membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU), militaire (2e budget militaire mondial) et culturelle (influence de la diaspora chinoise).
  • D’autres États sont davantage des concurrents régionaux (ex. : le Brésil en Amérique latine ; la Russie en Eurasie).

Conclusion

De 1991 à nos jours, nous sommes ainsi passés d’une hyperpuissance triomphante (décennie 1990) à une hyperpuissance contestée (depuis 2001). Cette évolution illustre le passage progressif d’un monde unipolaire, organisé autour des États-Unis, à un monde multipolaire dans lequel s’affirment des pôles émergents.