Les États-Unis et le monde, depuis les "14 points du président Wilson" (1918)

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Les chemins de la puissance : les Etats-Unis et la Chine depuis 1918
Type : Composition | Année : 2016 | Académie : Antilles, Guyane


Amérique du Nord • Mai 2017

composition

Les États-Unis et le monde, depuis les « 14 points du président Wilson » (1918)

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Terme

Définition

États-Unis

Le pays doit être considéré comme État (il faut étudier la politique de ses présidents) et Nation (il convient d’évoquer son opinion publique et ses valeurs).

monde

Terme très général qu’il convient d’appréhender par continents (Europe, Asie, Amérique du Sud, etc.) et grands États (URSS, Chine, France, Royaume-Uni, etc.), sans oublier les colonies avant 1950 (Afrique, Moyen-Orient, etc.).

« quatorze points »

L’expression renvoie aux buts de guerre tels que le président Wilson les définit pour justifier l’entrée des États-Unis dans le premier conflit mondial en 1917.

La problématique

Dans le cadre des « chemins de la puissance » (thème 3 du programme), vous devez identifier les étapes conduisant les États-Unis à affirmer leur domination : en quoi tracent-elles ainsi un chemin de puissance ?

Utilisez les mots clés

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Évitez les pièges

Faites attention à ne pas vous concentrer sur l’étude des relations entre grandes puissances.

Mettez en évidence, chaque fois que l’opportunité se présente, les divergences entre les dirigeants américains et leur opinion publique : elles existent en particulier sur l’engagement dans les guerres mondiales ou face à la guerre du Vietnam.

Ne réduisez pas le sujet à la description d’une marche linéaire de l’isolationnisme à la domination américaine. Tout son intérêt repose sur la continuelle hésitation des États-Unis entre ces deux pôles opposés. Ne vous limitez pas à l’analyse de la puissance politique et militaire : relations économiques (rôle du dollar) et culturelles (soft power) doivent être évoquées.

Valorisez votre copie

Puisez des exemples dans tous les espaces mondiaux : l’Amérique latine, le Moyen-Orient, ou encore ceux liés à la décolonisation.

Essayez d’équilibrer les périodes. 1991 est une date qui s’impose a priori, mais vous pouvez rééquilibrer les parties en retenant 1985, date à laquelle les États-Unis s’affirment face à une URSS affaiblie.

Corrigé

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Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

Info

L’isolationnisme renvoie à la doctrine Monroe, soit la non-ingérence des puissances étrangères dans les affaires du continent américain.

[Accroche] En 1917, le président Wilson rompt avec l’isolationnisme traditionnel américain pour voler au secours de ses alliés européens. Un siècle plus tard, les États-Unis se posent en gendarmes du monde.

[Problématique] En quoi les relations que les États-Unis ont établies avec le reste du monde de 1918 jusqu’à nos jours témoignent-elles de la construction de leur puissance ?

[Annonce du plan] Celle-ci s’est établie par étapes : 1918-1941, le temps des hésitations ; 1941-1985, les États-Unis, chefs de file des démocraties libérales ; 1985 à nos jours, l’affirmation contestée d’une puissance hégémonique.

I. 1918-1941 : le temps des hésitations

1. 1917-1919 : Woodrow Wilson expose sa vision du monde

Le président Wilson met en avant des principes à l’opposé de l’isolationnisme traditionnel américain.

Les traités de paix (1919-1920) sont un compromis entre le rêve wilsonien et les intérêts des vainqueurs.

Par refus de la Société des Nations (SDN), le Congrès américain ne ratifie pas le traité de Versailles. Cet isolationnisme fait alors échouer le projet de Woodrow Wilson.

2. 1920-1937 : le retour à l’isolationnisme

Info

Par les plans Dawes (1924) et Young (1929), les États-Unis allègent les réparations allemandes en échange de garanties politiques offertes aux Français et aux Britanniques.

L’Amérique voit dans le monde extérieur la source de tous les maux. Forts du slogan America first, les républicains remportent les élections en 1920.

Les intérêts financiers justifient les plans d’aide à l’Europe. Mais la crise de 1929 accélère le repli des États-Unis sur eux-mêmes.

Excédé par le refus des Européens d’acquitter leurs dettes, le Congrès américain adopte les lois de neutralité (1934-1937).

3. 1937-1941 : les États-Unis, arsenal des démocraties

La montée des totalitarismes inquiète les Américains.

Le président Roosevelt contourne l’isolationnisme : la loi sur la quarantaine (1937) puis la clause du Cash and Carry (1939) favorisent les démocraties.

Le Destroyers for Bases Agreement (1940) et la loi du prêt-bail (1941) font des États-Unis l’« arsenal des démocraties » dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale.

Conseil

La transition donne une réponse à la problématique (ici, la puissance émerge sans dominer), puis la relance dans le cadre de la partie suivante.

[Transition] De 1918 à 1941, les États-Unis entretiennent des relations difficiles avec le reste du monde. Ils hésitent à s’engager sur la scène internationale qu’ils dominent de plus en plus. Comment la Seconde Guerre mondiale puis la guerre froide ont-elles consolidé leurs positions ?

II. 1941-1985 : les États-Unis, chefs de file des démocraties libérales

1. Les bâtisseurs d’un nouvel ordre mondial

L’agression japonaise (1941) précipite les États-Unis dans la guerre et annihile les dernières résistances du mouvement isolationniste.

Par les accords de Bretton Woods (1944), les États-Unis créent un système à leur main. Promu monnaie de référence, le dollar est alors le symbole d’une Amérique conquérante.

À Yalta (1945), les États-Unis et l’URSS se partagent le monde.

2. Les États-Unis, leaders du bloc de l’Ouest

Info

La doctrine Truman engage les États-Unis à tout faire pour contenir l’impérialisme soviétique dans le monde. Le plan Marshall en est l’arme économique.

Dans le cadre de la doctrine Truman, les États-Unis assument leurs responsabilités : pont aérien à Berlin (1948-1949), intervention en Corée (1950-1953), crise de Cuba (1961-1962).

Pour contenir la menace soviétique en Europe, ils aident les Européens de l’Ouest par le plan Marshall (1947) et soutiennent le projet de la Communauté économique européenne (CEE) à partir de 1957.

La décolonisation les incite à aider leurs alliés quand les Soviétiques menacent de s’étendre (Indochine) ou à faire pression sur eux (Suez, 1956), et à favoriser les nouveaux États indépendants.

3. La lente affirmation d’une puissance hégémonique

Les difficultés économiques, l’émergence de nouveaux acteurs (Chine) puis les échecs répétés à Cuba (1962), au Vietnam (1973), face à l’Iran (1979) ou en Amérique latine (Nicaragua) plongent les États-Unis dans le doute.

Les relations se tendent avec leurs alliés, devenus des concurrents économiques (CEE, Japon), qui quittent l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) comme la France ou qui s’engagent dans des politiques indépendantes, telle l’Ostpolitik de la République fédérale d’Allemagne (RFA).

Info

Le programme IDS a vocation à protéger le territoire des États-Unis de toute attaque nucléaire grâce à un « bouclier spatial antimissiles ».

Dans les années 1980, sous l’impulsion du président Reagan, les États-Unis redressent la tête (euromissiles, IDS, soutien aux guérillas d’Amérique latine ou en Afghanistan). En crise, l’URSS ne peut faire face. Les États-Unis sortent vainqueurs de la guerre froide.

[Transition] Les États-Unis font triompher le camp des démocraties libérales. Parviennent-ils pour autant à imposer au monde le « nouvel ordre » dont ils rêvent ?

III. De 1985 à nos jours, l’affirmation contestée d’une puissance hégémonique

1. L’espoir d’un « nouvel ordre »

Menée sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU), la guerre du Golfe (1991) laisse entrevoir la mise en place d’un monde pacifié, dont les États-Unis seraient les « gendarmes ».

La libéralisation des marchés (Union européenne, ALENA, MERCOSUR) sous le contrôle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) met en place un monde multipolaire qui promet développement et prospérité.

2. L’américanisation du monde

Par le biais du Fonds monétaire international (FMI), les États-Unis imposent des réformes économiques aux pays pauvres surendettés (Mexique, Argentine, Grèce…).

Le soft power américain (culture, contrôle des médias, langue anglaise) tend à modeler la planète à leur image.

Sûrs de la supériorité de leur modèle et au nom de la sécurité, les États-Unis interviennent militairement en prenant parti plutôt que comme gendarme-arbitre, par exemple en faveur d’Israël au Proche-Orient.

3. Un nouveau désordre mondial

De nouveaux conflits (Irak-Iran, Balkans) que les Américains ne peuvent contenir ensanglantent le monde.

L’hégémonie américaine nourrit des formes violentes de rejet. L’islamisme plonge le monde dans la terreur des attentats (2001). Les États-Unis répliquent par des interventions militaires brutales (Afghanistan, Irak) et peu efficaces.

Les printemps arabes (2011) déstabilisent le Moyen-Orient. Les puissances émergentes (Chine, Inde) ou renaissante (Russie) affirment des ambitions qui remettent en cause les équilibres mondiaux.

Conseil

L’ouverture à la fin d’un devoir n’est pas obligatoire, mais elle est un plus qui montre la capacité de questionnement du candidat.

Conclusion

De 1918 à nos jours, le chemin parcouru par les États-Unis a fait d’eux une puissance hégémonique mais contestée. Leur relation au monde balance entre soutien et hostilité selon que les peuples adhèrent ou non à leur modèle. Les résistances et le coût de la puissance pèsent cependant sur le peuple américain, tenté de revenir à son isolationnisme historique. L’élection de Donald Trump (2016) n’est-elle pas l’expression de ce souhait ?