Les États-Unis et le monde depuis les « Quatorze points » (1918) du président Wilson jusqu’à la fin de la guerre froide (1991)

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Les chemins de la puissance : les Etats-Unis et la Chine depuis 1918
Type : Composition | Année : 2014 | Académie : Moyen-Orient
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Les États-Unis et le monde depuis les « Quatorze points » (1918) du président Wilson jusqu’à la fin de la guerre froide (1991)
 
 

Les chemins de la puissance

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Histoire

12

CORRIGE

 

Liban • Mai 2014

composition

Entrer dans le sujet

L’énoncé comporte deux indices importants qui permettent de bien cerner le sujet.

  • La conjonction de coordination « et » qui relie les États-Unis au reste du monde définit le sujet proprement dit. Celui-ci ne porte pas sur les États-Unis seuls ; il faut centrer la réflexion sur les liens d’hostilité ou d’alliance tissés entre ce pays et d’autres États ou des entités internationales. Derrière la notion de « monde », il faut principalement distinguer (en fonction des périodes) l’Europe, l’URSS, les puissances de l’Axe, le tiers-monde, le Japon ou encore la Chine.
  • Par ailleurs, l’énoncé propose des limites chronologiques précises : d’un côté, les « Quatorze points » de Wilson, énoncés en 1918, qui définissent une politique étrangère globale (paix mondiale, droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, libéralisme économique) et, de l’autre, la fin de la guerre froide, en 1991, moment où les États-Unis se retrouvent en position de puissance hégémonique face au reste du monde.

Dégager la problématique

Dans le cadre des « chemins de la puissance » (thème 3 du programme), l’énoncé est une invitation à mesurer l’évolution de la politique étrangère américaine et à définir les étapes conduisant à l’affirmation de la puissance des États-Unis. Dès lors, la problématique peut se formuler de la manière suivante : en quoi l’étude des relations entre les États-Unis et le monde de 1918 à 1991 témoigne-t-elle de la lente mais irrésistible construction de la puissance américaine ?

Définir le plan

L’ampleur de la période couverte (73 ans) et le passage des États-Unis de l’isolationnisme à l’interventionnisme conduit à choisir un plan chronologique. La définition des périodes peut se discuter. Dans un souci d’équilibre, elles peuvent être délimitées comme suit :

I. 1918-1941 : les États-Unis entre isolationnisme et intervention, le temps des hésitations ;

II. 1941-1962 : les États-Unis chefs de file des démocraties libérales ;

III. 1963-1991 : la lente et difficile affirmation d’une puissance hégémonique.

Corrigé

Ce corrigé est rédigé sous la forme d’un plan détaillé. Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

 

Info

L’isolationnisme renvoie à la doctrine Monroe (non ingérence des puissances non américaines dans les affaires du continent américain) et au corollaire Roosevelt.

[Accroche] En 1917, le président Wilson rompt avec l’isolationnisme traditionnel américain pour voler au secours de ses alliés européens. En 1918, il expose sa vision du monde à construire. Soixante-treize ans plus tard, en 1991, la disparition de l’URSS laisse espérer la réalisation du rêve wilsonien : l’établissement d’un nouvel ordre mondial fondé sur la paix, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le libéralisme économique. Cette année est aussi l’avènement d’une puissance qui aura construit son chemin pendant toute la durée du xxe siècle.

[Problématique] En quoi les relations que les États-Unis ont établies avec le reste du monde de 1918 à 1991 témoignent-elles de la construction de leur puissance ?

[Annonce du plan] Celle-ci s’est établie par étapes : 1918-1941, le temps des hésitations ; 1941-1962, les États-Unis chefs de file des démocraties ; 1963-1991, l’affirmation de la puissance hégémonique américaine.

I. 1918-1941 : le temps des hésitations

1. 1917-1919 : Wilson expose sa vision du monde

  • Le président préconise des principes à l’opposé de l’isolationnisme américain.
  • Les traités de paix (1919-1920) sont un compromis entre le rêve wilsonien et les intérêts des vainqueurs.
  • Par refus de la SDN, le Congrès ne ratifie pas le traité de Versailles. L’isolationnisme américain fait échouer le projet de Wilson.

2. 1920-1937 : le retour à l’isolationnisme

 

Info

Par les plans Dawes (1924) et Young (1929), les États-Unis allègent les réparations allemandes en échange de garanties politiques offertes aux Français et aux Britanniques.

  • L’Amérique voit dans le monde extérieur la source de tous les maux. Forts du slogan America first, les républicains remportent les élections (1920).
  • Les intérêts financiers justifient les plans d’aide à l’Europe. Mais la crise de 1929 accélère le repli des États-Unis sur eux-mêmes.
  • Excédé par le refus des Européens d’acquitter leurs dettes, le Congrès adopte les lois de neutralité (1934-1937).

3. 1937-1941 : les États-Unis arsenal des démocraties

  • La montée des totalitarismes inquiète les Américains. Les idéologies fascistes et communistes menacent leur vision du monde.
  • Roosevelt contourne l’isolationnisme américain : la loi sur la quarantaine (1937) puis la clause du Cash and Carry (1939) favorisent les démocraties.
  • Le Destroyers for Bases Agreement (1940) et la loi du prêt-bail (1941) font des États-Unis l’« arsenal des démocraties » dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale.
 

Conseil

La transition donne une réponse à la problématique (ici, la puissance émerge sans dominer), puis relance cette problématique dans le cadre de la partie à suivre (ici, on repose la question).

[Transition] De 1918 à 1941, les États-Unis entretiennent des relations difficiles avec le reste du monde. Ils hésitent à s’engager sur la scène internationale où ils s’affirment. Comment la Seconde Guerre mondiale et le début de la guerre froide ont-elles consolidé leurs positions ?

II. 1941-1962 : les États-Unis chefs de file des démocraties libérales

1. L’intervention directe dans la Seconde Guerre mondiale

  • L’agression japonaise (1941) précipite les États-Unis dans le conflit ; elle annihile les dernières résistances du mouvement isolationniste.
  • L’Amérique s’engage sur tous les fronts : à l’Ouest, au secours des démocraties libérales ; à l’Est, aux côtés de l’URSS à partir de 1943, qu’elle aide mais dont elle s’efforce de contenir l’impérialisme ; dans le Pacifique, contre le Japon.
  • Les colonies lui servent de bases militaires. Les États-Unis y étendent leur influence.

2. Les États-Unis bâtisseurs d’un nouvel ordre mondial

  • Par les accords de Bretton Woods (1944), les États-Unis créent un système à leur main. Promu monnaie de référence, le dollar est le symbole d’une Amérique conquérante.
  • À Yalta (1945), les États-Unis composent avec l’URSS pour se partager le monde.
  • La victoire les propulse sur l’avant-scène mondiale mais ils échouent dans la mise en œuvre d’un nouvel ordre sous l’égide de l’ONU.

3. Leaders du bloc de l’Ouest, les États-Unis s’impliquent dans les affaires du monde

 

Info

Doctrine par laquelle les États-Unis s’engagent à tout faire pour contenir l’impérialisme soviétique dans le monde. Le plan Marshall en est l’arme économique.

  • Dans le cadre de la doctrine Truman, les États-Unis assument leurs responsabilités : pont aérien à Berlin (1948), intervention en Corée (1950-1953), crise de Cuba (1962).
  • Pour contenir la menace soviétique en Europe, ils aident les Européens de l’Ouest par le plan Marshall (1947) et les encouragent à s’unir dans le cadre de la CEE (1957).
  • La question de la décolonisation les incite à soutenir leurs alliés quand les Soviétiques menacent de s’étendre (Indochine) ou à faire pression sur eux (Suez, 1956) et à aider les nouveaux États indépendants.

[Transition] De 1941 à 1962, les États-Unis s’affirment comme leader du bloc de l’Ouest. Leurs relations avec le reste du monde se définissent en fonction de la bipolarisation qui s’installe. Mais après 1962, la donne internationale change. Comment le pays s’adapte-t-il à l’évolution des relations internationales jusqu’en 1991 ?

III. 1963-1991 : la lente affirmation d’une puissance hégémonique

1. Une victoire sur l’URSS longue à se dessiner

  • Les difficultés économiques et l’émergence de nouveaux acteurs internationaux conduisent les États-Unis à accepter la détente et à nouer de nouvelles alliances.
 

Info

Le programme IDS avait vocation à protéger le territoire des États-Unis de toute attaque nucléaire grâce à un « bouclier spatial anti-missiles ».

  • Des échecs répétés (Vietnam, Iran, Amérique latine) plongent les États-Unis dans le doute.
  • « America is back ». Avec ce slogan, le président Reagan relance l’offensive : guerre des euromissiles, IDS, soutien aux guérillas antimarxistes en Amérique centrale.

2. Des relations compliquées avec leurs alliés

  • Reconstruits, l’Europe et le Japon deviennent des concurrents économiques qui menacent les intérêts américains.
  • Les relations se tendent avec la France qui sort de l’OTAN et la République fédérale d’Allemagne (RFA) qui se lance dans l’Ostpolitik.

3. L’affirmation d’un gendarme mondial

  • L’effondrement soviétique laisse les États-Unis seuls face à eux-mêmes.
  • La guerre du Golfe (1991), menée sous l’égide de l’ONU, laisse espérer la mise en place d’un nouvel ordre mondial.
  • Première puissance dans tous les domaines, les États-Unis espèrent imposer leur modèle au reste du monde.

Conclusion

 

Conseil

L’ouverture à la fin d’un devoir n’est pas obligatoire, mais elle est un plus qui montre la capacité de questionnement du candidat. Elle formule une problématique que peut soulever la résolution du sujet.

De 1918 à 1991, le chemin parcouru par les États-Unis pour asseoir leur domination a été long et difficile. Propulsés au terme de cette période dans une position de « gendarme mondial », ils rêvent d’un monde à leur mesure. Mais leur domination nourrit des réactions de rejet. Dans quelle mesure leur succès n’est-il pas la source de nouvelles difficultés ?