Les fluctuations de la demande

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Croissance, fluctuations et crises
Type : Raisonnement sur un dossier documentaire | Année : 2017 | Académie : Moyen-Orient


Liban • Juin 2017

raisonnement • 10 points

Les fluctuations de la demande

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l’instabilité de la croissance économique peut s’expliquer par les fluctuations de la demande.

document 1 Contributions à la croissance du PIB en volume en 2015 (en points de PIB) et variation annuelle du PIB (en %)

2000

2003

2006

2009

2012

2015

Dépenses de consommation finale

2,4

1,3

1,5

0,7

0,3

1,2

Formation brute de capital fixe

1,4

0,4

0,8

– 2,1

0,1

0,2

Solde extérieur des biens et services

– 0,3

– 0,5

0,0

– 0,3

0,5

– 0,3

Exportations

3,3

0,3

1,5

– 3,1

0,7

1,8

Importations

– 3,6

– 0,2

– 1,5

2,7

– 0,2

– 2,1

Variation de stocks

0,4

– 0,3

0,1

– 1,1

– 0,6

0,1

Produit intérieur brut

3,9

0,8

2,4

– 2,9

0,2

1,3

Source : d’après l’Insee, comptes nationaux, 2015.

Champ : France.

Note : la somme des contributions ne correspond pas toujours à la variation du PIB en volume au regard des arrondis.

document 2

Les trois principaux canaux de transmission de la crise sont les suivants :

l’appauvrissement réel des ménages (essentiellement américains mais aussi britanniques et espagnols) provenant de l’effondrement immobilier et boursier,

le canal du crédit : les banques commerciales, toutes à la reconstitution de leurs fonds propres et de leurs marges, prêtent beaucoup moins,

la crise de défiance. […]

L’impact sur la production de ces trois problèmes est immédiat. Les ménages appauvris consomment moins. Les rares qui sont peu affectés par les pertes de richesse (dévalorisation de leur patrimoine : chute de leur portefeuille d’action, baisse du prix de leur maison) sont méfiants : ils reportent les achats de biens durables, notamment les voitures. Enfin, ceux des agents économiques qui sont épargnés par la défiance et par l’appauvrissement patrimonial ne trouvent le plus souvent que des crédits onéreux pour financer leurs projets […]. La baisse réelle de la production peut être envisagée au travers de deux exemples : l’investissement des entreprises et l’achat de voitures.

L’investissement constitue une variable macroéconomique décisive. Si sa part dans le PIB est trois fois moindre que la consommation, sa volatilité est trois fois plus grande. L’Insee mesure l’investissement productif des entreprises par le concept de FBCF : formation brute de capital fixe. La FBCF a progressé de 7,3 % en 2007, de 1,4 % en 2008 et a reculé de 10,6 % en 2009 : ces amples variations témoignent de la grande volatilité de l’investissement. Ainsi, plus de la moitié de la récession française de 2009 s’expliquerait, selon l’OFCE, par une contraction de l’investissement […].

Dans ce type de crise, l’achat de biens durables recule en premier. L’achat d’automobiles et de maisons avait baissé de 20 % au cours de la seule année 1930. Les achats d’automobiles aux États-Unis avaient baissé des deux tiers entre 1930 et 1933. L’automobile est certainement le secteur industriel le plus touché par la crise des subprimes. Les immatriculations de véhicules neufs dans les pays de l’OCDE ont ainsi reculé de 30 % en glissement annuel au premier trimestre 2009.

Alexis Tremoulinas, Comprendre la crise, 2013.

document 3 Évolution de la demande intérieure et du PIB en volume de la France (en indice base 100 en 1999)

sesT_1706_09_00C_01

Source : Natixis, « Déséquilibre offre-demande intérieure : pourquoi cette différence entre la France et l’Allemagne ? », Flash Économie, 2011.

Les clés du sujet

Entrer dans le sujet

La croissance économique représente l’augmentation de la production mesurée par la variation du PIB réel ou en volume. Par instabilité de la croissance, on entend les variations, à court terme, du taux de croissance économique, et cette instabilité est caractérisée par la notion de fluctuation économique.

La demande sur le marché correspond aux achats effectués par les agents économiques (ménages, entreprises) auprès des producteurs résidant sur le territoire national. On distingue la demande intérieure (consommation, investissement) et la demande extérieure (exportations).

Comprendre les documents

Les données statistiques du document 1 portent sur l’évolution du taux de croissance et de ses composantes en France entre 2000 et 2015. Au cours de la période 2000-2006, la croissance est relativement élevée et elle est surtout alimentée par la croissance de la demande intérieure (consommation finale des ménages et formation brute de capital fixe ou investissement). La récession de 2009 due à la crise financière s’accompagne d’une baisse de l’investissement et des exportations.

Le document 2 explique comment la crise financière de 2007 a pu provoquer une récession. L’auteur du texte insiste sur le rôle de la demande de biens d’équipement des entreprises et la demande d’automobiles des consommateurs.

Le document 3 permet de comparer l’évolution de la demande intérieure et du PIB en volume de la France entre 1999 et 2012. Les deux courbes permettent de constater des évolutions parallèles au cours de cette période, surtout lors de la récession des années 2007-2009.

Définir le plan

Après avoir montré que les fluctuations de la demande intérieure expliquent l’instabilité de la croissance, les effets des variations de la demande extérieure seront mis en évidence.