Les fluctuations économiques

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Croissance, fluctuations et crises
Type : Raisonnement sur un dossier documentaire | Année : 2015 | Académie : Amérique du Nord
Corpus Corpus 1
Les fluctuations économiques

Croissance, fluctuations et crises

sesT_1506_02_00C

Ens. spécifique

11

CORRIGE

Amérique du Nord • Juin 2015

raisonnement • 10 points

> À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les fluctuations économiques peuvent trouver leur origine dans les variations de la demande globale.

 DOCUMENT 1

Le gouvernement allemand a profité de la publication de son rapport économique annuel, hier, pour rehausser légèrement ses prévisions de croissance. Berlin n’attend plus une hausse du PIB de 1,7 %, mais de 1,8 % cette année, puis de 2 % l’année prochaine. Par comparaison, le gouvernement français table sur une croissance de 0,9 % cette année et il espère une accélération à 1,7 % l’an prochain. Pour la zone euro, la Banque centrale européenne prévoit une croissance de 1,1 % en 2014 et de 1,5 % en 2015.

Premier moteur de la croissance allemande : la demande intérieure. Grâce à la reprise des investissements et à la consommation des ménages, soutenue par une population active record de 42 millions d’actifs, les importations devraient croître de 5 % en 2014, alors que les exportations – le traditionnel moteur de l’économie allemande – progresseraient de 4,1 %.

« La dynamique de la demande domestique1 allemande n’est pas seulement une bonne nouvelle pour l’Allemagne mais aussi pour nos partenaires en Europe, s’est félicité le ministre de l’Économie, Sigmar Gabriel. Nous nous rapprochons de notre objectif de réduire les déséquilibres dans la zone euro. » La tendance devrait se poursuivre avec l’introduction du salaire minimum et les investissements décidés [par le gouvernement] […].

Destinés notamment à pallier la vétusté2 parfois criante des infrastructures, les investissements doivent augmenter de 5 milliards sur quatre ans […]. Mais les experts estiment que les besoins supplémentaires vont largement au-delà. Le ministre se veut en tout cas volontariste. Pour lui, le but est de renouer avec un taux d’investissement supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE3. Actuellement, la part des investissements publics et privés représente seulement 17 % du PIB allemand, soit environ 4 points de moins que la moyenne des pays de l’OCDE.

[…] Sans investissements, et sur fond de vieillissement démographique, son potentiel de croissance risque de se dégrader. Un danger qui menace de s’accélérer avec le ralentissement de la croissance chinoise et les secousses monétaires des pays émergents, ses principaux clients à l’exportation.

« La demande intérieure muscle la croissance allemande », Thibaut Madelin, Les Échos, 2014.

1. Demande domestique : demande intérieure c’est-à-dire la demande des agents économiques qui résident sur le territoire.

2. Pallier la vétusté : remédier au mauvais état.

3. Pays de l’OCDE : organisation qui regroupe les pays les plus développés.

 DOCUMENT 2 Évolution du volume de la demande intérieure1 en pourcentage

Source : d’après « Pourquoi les entreprises des pays de l’OCDE investissent-elles moins ? », Flash Économie, Banque Natixis, 2014.

1. Demande intérieure : demande des agents économiques qui résident sur le territoire.

 DOCUMENT 3 Évolution en pourcentage du produit intérieur brut et de ses composantes en volume en France


2003


2004


2005


2006


2007


2008


2009


2010


2011


2012


2013


Produit intérieur brut


0,8


2,8


1,6


2,4


2,4


0,2


− 2,9


2,0


2,1


0,3


0,3


Dépense de consummation finale


1,6


2,1


2,1


2,0


2,3


0,6


0,8


1,7


0,6


0,2


0,7


Formation brute de capital fixe1


1,9


3,5


2,9


3,6


5,5


0,9


−9,1


2,1


2,1


0,3


− 1,0


Exportations de biens et de services


− 1,1


5,1


3,5


5,6


2,8


0,4


− 11,3


9,0


6,9


1,1


2,2

Source : d’après Insee, 2014.

1. La formation brute de capital fixe désigne l’investissement des différents agents économiques.

Les clés du sujet

Entrer dans le sujet

  • Les fluctuations économiques désignent les variations à court terme de l’activité économique, mesurées par le taux de variation du produit intérieur brut en volume.
  • La demande globale est la somme de la demande intérieure (consommation finale des ménages, investissement, variation des stocks) et extérieure (exportations).

Comprendre les documents

  • Le document 1 présente des éléments d’explication de la reprise de l’économie européenne et de celle de l’Allemagne en 2014-2015. C’est l’augmentation de la consommation des ménages allemands et le dynamisme des investissements qui expliqueraient à la fois la reprise allemande et celle de ses partenaires européens. Mais si les exportations allemandes tirent toujours l’économie, le ralentissement attendu de l’économie chinoise pourrait freiner la croissance de son produit intérieur brut (PIB).
  • Le document 2 nous donne les évolutions annuelles de la demande intérieure en pourcentage de 2002 à 2014 pour quatre pays de l’Union européenne. Différentes phases se succèdent : une croissance modérée de la demande intérieure sur la période 2002-2005 précède une croissance plus soutenue de 2005 à 2008. En 2008-2009, la demande intérieure diminue fortement (dans une moindre mesure en Allemagne) puis est instable de 2010 à 2014.
  • Le document 3 est un tableau statistique de l’Insee mettant en évidence l’évolution réelle en pourcentage du PIB français et de ses composantes de 2003 à 2013. L’augmentation du PIB en volume de 2003 à 2007 évoque une période d’expansion alimentée par les hausses de la consommation finale des ménages et de l’investissement. La récession de 2009 due à la crise financière s’accompagne d’une forte baisse en euros constants de l’investissement (demande intérieure) et des exportations (demande extérieure).

Définir le plan

Après avoir montré que la demande intérieure influence le rythme de l’activité économique, nous préciserons le rôle que peut jouer la demande extérieure.

Corrigé
Corrigé

Introduction

La croissance est instable, c’est-à-dire qu’on observe des variations à court terme de l’activité économique, appelées fluctuations économiques. D’après l’équilibre emplois-ressources, on a une égalité entre la somme de la production et des importations constituant les ressources disponibles et leur utilisation possible qui correspond à la demande globale composée de la demande intérieure en biens de consommation et en biens de production et de la demande extérieure. On peut dès lors faire un lien entre les variations de la demande globale et celles de l’activité économique, ce qui suppose d’examiner successivement l’influence des différentes composantes de la demande globale sur les fluctuations.

I. Les fluctuations économiques peuvent s’expliquer par les variations de la demande intérieure

  • L’accroissement de la demande intérieure, composée de la consommation finale des ménages et de l’investissement, alimente les phases d’expansion tandis que son ralentissement, voire sa baisse, alimente les phases de récession. De 2004 à 2007, la demande intérieure en France augmente d’au moins 2 % par an en volume tandis qu’en 2009 elle diminue de 2,4 % (document 2).
  • La consommation des ménages joue ainsi un rôle sur l’activité économique. Quand elle augmente, elle constitue des débouchés pour les entreprises et les administrations qui vont alors augmenter leur volume de production. Par exemple, en 2010 en France, les dépenses de consommation finale qui ont augmenté de 1,7 % en volume représentent une des explications de la reprise : après une année de récession, le PIB réel augmente de 2 % (document 3). En Allemagne, la création du salaire minimum, qu’on peut analyser comme un choc de demande positif, est un des éléments explicatifs de l’expansion (document 1).
  • L’investissement mesuré par la formation brute du capital fixe (FBCF) est également déterminant. Les années d’expansion ou de reprise coïncident en France avec de fortes augmentations de la FBCF alors que la récession de 2009 s’accompagne d’une diminution des investissements de 9,1 % en volume (document 3). A contrario, leur augmentation en Allemagne devrait jouer un rôle moteur sur l’activité économique (document 1).

II. Les fluctuations économiques peuvent aussi résulter des variations de la demande extérieure

  • L’interdépendance croissante des économies renforce le rôle de la demande extérieure sur l’activité économique. Au sein de l’UE, la reprise allemande est ainsi accueillie comme une « bonne nouvelle ». En effet, l’augmentation de 4 % des importations allemandes se traduit par une hausse des débouchés pour ses pays partenaires (document 3). Quant à la reprise de l’économie française après la crise, elle est en partie liée à la hausse de 9 % des exportations de biens et de services en euros constants en 2010 (document 2).
  • La réduction de la demande extérieure constitue symétriquement un frein à l’activité économique. Ainsi, le ralentissement de la croissance de pays clients de l’Allemagne comme la Chine pourrait constituer un choc de demande négatif altérant la hausse de la production allemande (document 3).

Conclusion

Les évolutions de la demande intérieure et de la demande extérieure constituant la demande globale ont des effets récessionnistes ou expansionnistes sur l’activité économique. Ces chocs de demande sont par conséquent déterminants pour expliquer les fluctuations économiques.