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Les fluctuations économiques

Afrique • Juin 2017

dissertation• 20 points

Les fluctuations économiques

Comment expliquer les fluctuations économiques ?

document 1 Évolution du PIB en volume (en %) et contributions à la croissance du PIB (en points)

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

Dépenses de consommation finale

1,7

1,5

1,8

0,5

0,7

1,3

0,5

0,3

0,6

0,7

1,2

Formation brute de capital fixe

0,6

0,8

1,2

0,2

– 2,1

0,5

0,5

0,1

– 0,2

– 0,1

0,2

Solde extérieur des biens et services

– 0,7

0,0

– 0,8

– 0,3

– 0,3

– 0,1

0,0

0,5

– 0,1

– 0,5

– 0,3

Exportations

0,9

1,5

0,8

0,1

-3,1

2,2

1,8

0,7

0,5

1,0

1,8

Importations

– 1,6

– 1,5

– 1,6

– 0,4

2,7

– 2,3

– 1,8

– 0,2

– 0,5

– 1,4

– 2,1

Variation de stocks

0,0

0,1

0,2

– 0,2

– 1,1

0,3

1,1

– 0,6

0,2

0,5

0,1

Produit intérieur brut

1,6

2,4

2,4

0,2

– 2,9

2,0

2,1

0,2

0,6

0,6

1,3

Source : Insee, 2016.

Champ : France.

document 2

Depuis l'été 2014, les cours du pétrole et du gaz ont chuté avec une ampleur comparable au contre-choc pétrolier de 1985-1986 et à la baisse des prix de 2008-2009. Ainsi, le prix du baril de Brent1 s'est établi en moyenne à 31 dollars en janvier 2016 (soit 28 euros), alors qu'il valait 112 dollars en juin 2014 (82 euros). De même, le prix du gaz importé en Europe a chuté depuis décembre 2014 : le cours du million de British Thermal Unit (mmBTU)2 est passé de 7,98 euros à 4,93 euros en janvier 2016. En effet, le prix du gaz importé en Europe suit celui du Brent […]. En moyenne annuelle, le prix du Brent est passé de 82 euros en 2013 à 47 euros en 2015, soit une baisse de 42 %, et le prix du mmBTU de gaz naturel importé est passé de 8,88 euros à 6,54 euros sur la même période (en moyenne annuelle), soit une baisse de 26 %. Depuis début 2016, le baril de Brent oscille autour de 40 dollars, soit 36 euros, niveau auquel il a été conventionnellement figé en prévision et qui est inférieur de 56 % au prix moyen de 2013. Compte tenu des délais usuels de transmission entre prix du pétrole et prix du gaz naturel importé en Europe, ce dernier devrait continuer de baisser tout au long du premier semestre 2016 : il atteindrait ainsi 4,50 euros par mmBTU en juin, soit un niveau inférieur de 49 % au cours moyen de 2013. […]

La baisse de 42 % du prix du baril de Brent entre le niveau moyen de 2013 et celui de 2015 a représenté une économie d'environ 14,1 milliards d'euros en 2015 pour la nation. De même, la baisse du prix du gaz importé en Europe a généré une économie d'environ 3,9 milliards d'euros.

Insee, « Qui a bénéficié de la chute du prix du pétrole ? », Note de conjoncture, mars 2016.

1. Le Brent est une catégorie de pétrole, dont la cotation sert de prix de référence sur le marché pétrolier au niveau mondial.

2. Le British Thermal Unit est une unité anglo-saxonne d'énergie, définie par la quantité de chaleur nécessaire pour élever la température d'une livre anglaise d'eau d'un degré Fahrenheit, qui est une mesure anglo-saxonne de la température.

document 3 Crédit aux SNF1 dans la zone euro (variation annuelle du montant des crédits accordés aux entreprises, en %)

sesT_1706_01_00C_01

Source : « Le ralentissement du crédit bancaire aux PME en France », Revue d'économie financière, 2014.

1. Sociétés non financières : ensemble des organisations productives marchandes fournissant des biens et des services non financiers.

Les clés du sujet

Entrer dans le sujet

Les fluctuations économiques désignent les variations à court terme de l'activité économique, mesurées par le taux de variation du produit intérieur brut réel ou en volume.

Dégager la problématique

Le sujet consiste à chercher les causes des variations de la croissance économique.

Exploiter les documents

Document 1

Ce document permet de connaître la contribution des différentes composantes de la demande globale à la croissance du PIB réel en France entre 2005 et 2015. Les données mettent en évidence le poids de la consommation finale dans la croissance, mais les fluctuations sont également fortement corrélées à la variation de la formation brute de capital fixe qui mesure l'investissement des entreprises et des ménages. Ainsi, en 2009, la contribution de l'investissement à la croissance est négative alors que cette même année le PIB réel diminue.

Ce document illustre l'un des déterminants des fluctuations : la demande globale composée de la demande intérieure (consommation finale et investissement) et de la demande extérieure (exportations).

Document 2

Le texte porte sur la baisse du prix du pétrole et du gaz depuis 2014 et les économies que représente cette baisse pour les économies nationales.

La baisse du prix de ces produits provoque un choc d'offre favorisant une accélération de la croissance économique : choc d'offre positif. A contrario, on pourra également mettre en évidence les effets d'un choc d'offre négatif.

Document 3

Ce document porte sur l'évolution de la variation des crédits accordés aux entreprises non financières entre 2006 et 2014 dans les pays de la zone euro. On observe une forte chute de ces crédits entre 2007 et 2010 suite à la crise financière. Après une légère reprise entre 2010 et 2012, on peut observer une nouvelle baisse entre 2012 et 2014.

Ce document met l'accent sur le rôle du crédit dans les fluctuations économiques, et plus précisément celui du cycle du crédit. En effet, ces crédits accordés par les institutions financières financent l'investissement.

Définir le plan

La réponse à la problématique se fera en trois parties, chacune d'elles développant un déterminant des fluctuations économiques : la demande globale, les chocs d'offre et le cycle du crédit.

Corrigé

Introduction

Depuis la révolution industrielle, la croissance économique est un phénomène de longue période. Cependant, elle connaît d'importantes fluctuations, c'est-à-dire de variations à court terme de l'activité économique, mesurées par le taux de variation du PIB réel ou en volume.

L'existence de ces fluctuations, caractérisées par des périodes d'expansion ou de récession, invite à s'interroger sur leurs déterminants. On peut en distinguer trois : la demande globale, les chocs d'offre et le cycle du crédit.

I. Les variations de la demande globale sont à l'origine des fluctuations économiques

1. Les effets des variations de la demande globale

info

La contribution à la croissance des composantes de la demande globale est calculée en multipliant le poids de chaque composante dans le PIB réel par son taux de variation réelle.

La demande globale est composée de la demande de biens et services des divers agents économiques. On distingue la demande intérieure de la demande extérieure. Sur la période 2005-2015 la croissance est irrégulière : à une croissance de 2,4 % en 2006-2007 succède une récession en 2008 et surtout 2009 (– 2,7 %) avec la crise des subprimes. La reprise observée en 2010 et 2011 faiblit dès 2012 (document 1).

En 2006 et 2007, les moteurs de la croissance sont essentiellement la consommation et l'investissement. En 2009, seule la contribution de la consommation est positive, ce qui se traduit par une sévère récession. La faible croissance à partir de 2012 s'explique surtout par l'investissement alors que la contribution du solde extérieur de biens et services est négative, car le niveau des exportations est insuffisant.

2. Le lien entre fluctuations et demande globale

info

La capacité de production d'une économie est représentée par des ressources disponibles en machines et équipement dont elle dispose.

Toute augmentation de la consommation finale entraîne une hausse des débouchés pour les entreprises. Si celles-ci ont des capacités de production presque totalement utilisées, elles vont créer des emplois pour augmenter leur production et répondre à la hausse de la consommation. Ces emplois vont permettre une augmentation des revenus des ménages se traduisant par une nouvelle hausse de la consommation, mais également de l'investissement. Ce choc de demande positif favorise l'expansion. Inversement, tout ralentissement de la consommation se traduit par un ralentissement de la croissance économique.

Les exportations qui constituent la demande extérieure sont tributaires de la croissance économique des pays importateurs. Ainsi, tout ralentissement de la demande mondiale a des effets négatifs sur la croissance (choc de demande négatif). De plus, si la croissance d'un pays est supérieure à celle des autres pays, le solde extérieur de biens et services est négatif, ce qui ralentit la croissance économique (document 1).

II. Les fluctuations économiques s'expliquent par des chocs d'offre

1. Les chocs d'offre positifs

Les fluctuations économiques peuvent être la conséquence de chocs économiques ayant un effet positif ou négatif sur l'offre. Ainsi, la baisse du prix du pétrole et du gaz amorcée lors de l'été 2014 a favorisé la reprise économique. La baisse du prix du pétrole de 42 % a permis, pour l'économie française, une baisse des dépenses en énergie de 14,1 milliards d'euros en 2015 (document 2). Cette économie permet de réduire, en partie, les importations et donc l'effet négatif du déficit extérieur sur la croissance et accroît la consommation des ménages.

conseil

Expliquez les constats effectués grâce aux documents et utilisez vos connaissances personnelles.

Des chocs d'offre positifs peuvent avoir, également, pour origine des innovations de produit ou de procédé qui accélèrent la croissance. Ainsi, la diffusion des innovations de procédé permet des gains de productivité favorisant l'expansion économique grâce à la baisse des coûts unitaires de production.

2. Les chocs d'offre négatifs

À l'inverse, une hausse des prix des matières premières ou de l'énergie provoque un choc d'offre négatif, car ces augmentations provoquent une hausse des coûts de production. Ce fut le cas lors des crises pétrolières au cours des années 1970, mais également au cours des années 2000.

Pour les pays importateurs d'énergie et de matières premières, la hausse du prix de ces produits constitue un choc d'offre exogène, car elle a pour cause des événements extérieurs à l'activité économique, comme l'accident nucléaire de Fukushima ou la guerre entre Israël et les pays arabes.

III. Il existe une relation entre le cycle du crédit et les fluctuations économiques

1. Des crédits abondants favorisent les phases d'expansion

Les fluctuations économiques peuvent être amplifiées par les activités monétaires et financières. En effet, celles-ci sont soumises à des cycles, qualifiés de cycles de crédit. En période d'expansion, les banques sont incitées à accorder des crédits aux agents économiques à des taux d'intérêt peu élevés, car les risques de non-remboursement sont faibles. La faiblesse des taux d'intérêt encourage les ménages et les entreprises à s'endetter.

L'abondance du crédit favorise la consommation des ménages et l'investissement des entreprises. Ainsi, une augmentation de plus de 10 % des crédits accordés aux sociétés non financières françaises en 2006 et 2007 a favorisé l'accélération de la croissance économique (document 3). Au cours de cette période d'expansion, l'euphorie financière se traduit par une hausse auto-entretenue du cours des titres financiers.

2. La crise financière marque l'entrée dans une phase de récession-dépression

Lors des périodes d'euphorie financière, les agents économiques ont tendance à trop s'endetter ou adoptent, sur les marchés financiers, des comportements spéculatifs. Dès lors, des bulles financières se forment et les cours des titres financiers sont surévalués par rapport aux profits que peut générer l'activité productive. Il arrive un moment où ces bulles éclatent, entraînant une crise financière, moment de retournement du cycle du crédit.

La crise financière qui débute en 2007 aux États-Unis a eu pour effet une contraction des crédits accordés aux ménages et surtout aux entreprises. Ainsi, en 2009, les crédits ont chuté de 5 % dans la zone euro pour les sociétés non financières (document 3), aggravant ainsi la récession.

Conclusion

Les fluctuations économiques peuvent s'expliquer principalement par les variations de la demande globale, les chocs d'offre et les crises financières qui s'inscrivent dans le cadre du cycle du crédit.

attention !

Il est conseillé de terminer la conclusion par une ouverture, mais celle-ci doit être en relation avec le sujet.

Cependant, ces fluctuations posent la question des politiques économiques qui doivent être menées pour les atténuer.

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