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Les guerres au Moyen-Orient

Étude critique de document

Les guerres au Moyen-Orient

2 heures

10 points

Intérêt du sujet • Ce sujet vous permettra de mobiliser vos connaissances des conflits au Moyen-Orient. Pensez à porter un regard critique sur ce document.

 

DocumentLes grands conflits au Moyen-Orient depuis 1948

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D'après le document proposé, vous montrerez la diversité des conflits au Moyen-Orient depuis 1948.

 

Les clés du sujet

Identifier le document

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Comprendre la consigne

Depuis 1948, année de la fondation de l'État d'Israël, le Moyen-Orient est un foyer majeur de conflits.

La légende de la carte vous en propose une typologie. Celle-ci est un des éléments de la diversité des conflits. Vos connaissances doivent vous permettre d'en trouver d'autres.

Dégager la problématique et construire le plan

Depuis 1948, les conflits au Moyen-Orient sont à la fois nombreux, de différents types et fondés sur des enjeux qui s'enchevêtrent. Il s'agit pour vous d'en souligner la diversité tout en brossant un tableau d'ensemble.

La problématique de votre étude peut être ainsi formulée : Qu'est-ce qui fait la diversité des conflits au Moyen-Orient depuis 1948 ?

Tableau de 3 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 3 lignes ;Ligne 1 : I. De multiples enjeux; Quels sont les différents enjeux des conflits ?À quelles échelles se déroulent ces conflits ?; Ligne 2 : II. Des acteurs divers; Quels sont les acteurs étatiques et non étatiques de ces conflits ?Comment interviennent-ils dans les conflits ?; Ligne 3 : III. Différents modes de résolution; Quels conflits ont été résolus ?Quels conflits sont en attente de résolution ?;

Les titres et les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche] Le document proposé est une carte thématique géopolitique extraite de l'Atlas du Moyen-Orient réalisé par les géographes Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud en 2019 durant les guerres civiles en Syrie, en Irak et au Yémen. À l'échelle régionale, il localise les différents types de conflits au Moyen-Orient depuis 1948, année de la création de l'État d'Israël. [Problématique] Nous analyserons ce document pour montrer ce qui fait la diversité des conflits dans cette région du monde. [Annonce du plan] Aussi présenterons-nous d'abord les différents enjeux des conflits [I] puis les acteurs, étatiques et non étatiques qui y participent [II] ; enfin, nous aborderons les modes de résolution de ces conflits [III].

I. Des conflits aux multiples enjeux

1. Des enjeux économiques

Le Moyen-Orient détient 50 % des réserves de pétrole et 40 % des réserves de gaz mondiales. Le contrôle de ces ressources en hydrocarbures a été l'enjeu majeur de la première guerre du Golfe en 1991 (numéro 4 sur la carte) : en effet, les États-Unis ne peuvent accepter qu'à la suite de l'annexion du Koweït par l'Irak, ce dernier contrôle à lui seul 20 % des réserves mondiales de pétrole.

conseil

Pour justifier votre propos, faites régulièrement référence au document.

Le Moyen-Orient est un lieu de passage stratégique pour le trafic maritime mondial, notamment pour le transport de pétrole. Le détroit d'Ormuz est une zone particulièrement sensible. Lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), l'Iran menace à plusieurs reprises de fermer le détroit pour faire pression sur les alliés occidentaux de l'Irak.

L'accès à l'eau dans cette région aride est aussi un facteur de conflits : ainsi, le conflit israélo-palestinien s'explique en partie par la tutelle hydraulique d'Israël qui prive les Palestiniens d'une grande partie de leurs ressources.

2. Des enjeux politiques

À l'échelle mondiale, les guerres israélo-arabes de 1967 et de 1973 peuvent être lues comme une traduction de la rivalité américano-soviétique (Israël étant soutenu par les États-Unis, et ses adversaires arabes par l'Union soviétique).

À l'échelle régionale, la guerre civile au Yémen (depuis 2013) est un des théâtres de l'affrontement entre l'Arabie saoudite et l'Iran.

À l'échelle nationale, la lutte de peuples sans État est aussi une source de conflits. C'est le cas de la guerre menée par la Turquie contre les Kurdes du PKK (A sur la carte).

mot clé

Le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) est une organisation armée considérée comme terroriste par la Turquie.

3. Des enjeux culturels et idéologiques

Jérusalem, ville sainte du judaïsme et de l'islam, est le lieu de fortes tensions religieuses. L'occupation militaire israélienne de la partie est de la ville consécutive à la guerre des Six-Jours (1967) est un point d'achoppement entre Palestiniens musulmans et Juifs.

Le nationalisme est aussi une source de conflits : ainsi, l'occupation turque du nord de Chypre depuis 1974 (numéro 2 sur la carte) cristallise les tensions gréco-turques.

II. Des acteurs étatiques et non étatiques

1. Les États, acteurs traditionnels des conflits

La carte mentionne de nombreux conflits interétatiques depuis 1948. Ils opposent soit deux États entre eux (ex. : guerre Iran-Irak), soit un État à une coalition (guerres israélo-arabes ; première guerre du Golfe). En dehors des puissances régionales, de grandes puissances en sont parties prenantes comme les États-Unis qui envahissent l'Irak en 2003 (numéro 5 sur la carte).

à noter

De 1948 à 1973, quatre guerres opposent Israël à ses voisins arabes qui refusent l'existence d'un État hébreu en terre arabe.

L'Organisation des Nations unies, non mentionnée sur la carte, est aussi un acteur des conflits. En 1956, des Casques bleus sont envoyés à la frontière israélo-égyptienne à la suite de la crise de Suez.

2. L'affirmation d'acteurs non étatiques

Les organisations terroristes internationales sont impliquées dans les conflits : de 2014 à 2017, l'organisation État islamique affronte l'armée du président syrien Bachar El-Assad ; depuis 2013, Al-Qaida agit au Yémen contre les intérêts saoudiens.

Les combattants irréguliers mènent une guerre asymétrique contre des forces militaires étatiques (« conflits asymétriques » en légende) : le Hamas, à Gaza (C sur la carte) ; le Hezbollah, au Liban, contre l'armée israélienne (B sur la carte) ; le PKK contre l'armée turque (A sur la carte).

Le secret de fabrication

Pour rédiger le paragraphe qui précède, vous vous appuyez sur une des parties de la légende (conflits asymétriques). Ainsi, vous montrez au correcteur que vous partez du document tout en valorisant des connaissances personnelles mises au service de la réponse à la problématique. Le lien que vous établissez entre acteurs non étatiques et conflits asymétriques est particulièrement pertinent.

III. Différents modes de résolution

1. Quelques traités de paix

En 1979, Israël et l'Égypte signent un traité de paix mettant fin à trois décennies d'affrontement. En échange de la reconnaissance de l'État hébreu, l'Égypte récupère le Sinaï.

En 1994, un traité normalise les relations et confirme les frontières entre Israël et la Jordanie.

à noter

Ce traité de paix israélo-jordanien s'inscrit dans la continuité du processus de paix israélo-palestinien, entamé à partir de 1993 sous l'impulsion des États-Unis.

2. Des conflits partiellement ou non résolus

Des cessez-le-feu ont mis un terme provisoire à certains conflits. C'est le cas de la guerre Iran-Irak : en 1988, le Conseil de sécurité de l'ONU parvient à imposer aux belligérants un cessez-le-feu et le respect des frontières initiales ; c'est aussi le cas à la suite de la guerre menée par Israël au Liban en 2006.

Un processus de paix israélo-palestinien a été enclenché par les accords d'Oslo de 1993 et 1995. Depuis, il a été remis en cause par l'opposition du Hamas, la seconde intifada et la reprise de la colonisation israélienne en Cisjordanie.

De nombreux conflits sont encore non résolus, comme les guerres civiles en Syrie (2011), en Irak (depuis 2011) et au Yémen (depuis 2013). La multiplicité des acteurs impliqués (grandes puissances, puissances régionales, État, organisations terroristes, combattants irréguliers) rend d'éventuelles négociations de paix très improbables ; d'autant que ces différents acteurs ont plus à perdre qu'à gagner en cas de paix.

Conclusion

[Réponse à la problématique] Les conflits au Moyen-Orient depuis 1948 se caractérisent par une grande diversité : de par leurs enjeux, économiques, politiques et culturels ; de par leurs acteurs, étatiques ou non ; de par leurs modes de résolution. [Ouverture] C'est l'ensemble de tous ces paramètres qu'il faut considérer pour rendre compte de la complexité de ces conflits.

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