France métropolitaine, juin 2025 • Jour 2
Sprint final
35
dissertation
Intérêt du sujet • Ce sujet permet de comprendre comment le changement climatique influence les relations internationales. Il met en lumière le lien entre environnement et stratégies de puissance à l’échelle mondiale.
Le changement climatique, un enjeu géopolitique
Les clés du sujet
Analyser le sujet

Dégager la problématique
Ce sujet ne demande ni un tableau descriptif (ce n’est pas « Quels sont les effets du changement climatique ? »), ni un traitement chronologique (il ne s’agit pas de raconter l’évolution du climat ou de ses fluctuations).
Construire le plan
Depuis l’ère industrielle, le climat connaît d’importants bouleversements qu’il convient de décrire avant d’en présenter les conséquences géopolitiques.
I. Le changement climatique, une réalité… | Quelles sont les données observables du changement climatique ? Quels effets a-t-il sur l’environnement et les sociétés ? |
II. … à l’origine d’une gouvernance climatique… | Quel est le rôle de l’ONU dans cette prise de conscience ? Quels sont les autres acteurs de cette gouvernance ? |
III. …limitée par de nombreuses tensions | Quels sont les intérêts défendus par les différents acteurs ? Quelles tensions diplomatiques le changement climatique entraîne-t-il ? |
Les titres et les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur la copie.
Introduction
[Accroche] En 2024, la COP28 à Dubaï a révélé une fois de plus les divisions entre pays du Nord et du Sud face à l’urgence climatique : les uns réclament des aides pour faire face aux catastrophes, les autres peinent à s’engager clairement. [Présentation du sujet] Le changement climatique est une modification durable des paramètres du climat mondial. Il se caractérise essentiellement par l’augmentation des températures moyennes provoquée par les activités humaines, il renforce les vulnérabilités et impacte les équilibres mondiaux. [Problématique] En quoi le changement climatique redéfinit-il les rapports de force à l’échelle mondiale ? [Annonce du plan] Si le changement climatique est une réalité [I] dont la communauté internationale et de multiples acteurs ont assez vite pris la mesure [II], il suscite néanmoins de nombreuses tensions géopolitiques [III].
I. Le changement climatique, une réalité
Le secret de fabrication
Il est essentiel de comprendre le changement climatique pour en mesurer les enjeux. Cette première partie propose un état des lieux préalable à l’analyse des dynamiques internationales liées à la lutte contre ce phénomène.
1. Des données observables
Depuis les révolutions industrielles, la température moyenne de la planète ne cesse d’augmenter. Le réchauffement climatique pourrait atteindre entre 1,5 (en 2030) et 5 °C (en 2100).
L’origine humaine de ce réchauffement est aujourd’hui reconnue par la communauté scientifique. Cette évolution s’explique par la déforestation et les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère : le dioxyde de carbone issu de la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel), le méthane principalement produit par l’élevage bovin.
2. De nombreux impacts environnementaux et humains
conseil
N’hésitez pas à donner des exemples récents et chiffrés. Ils montrent que vous suivez l’actualité et viennent renforcer votre démonstration. Ils seront valorisés.
L’élévation du niveau des mers – environ 20 cm depuis 1900 – menace de nombreux États du Pacifique. Les phénomènes météorologiques extrêmes (cyclones, inondations ou sécheresses) sont plus fréquents. Par exemple, les vastes incendies survenus au Canada en 2024 semblent en partie lié au dérèglement climatique.
Les États du Sud, les moins responsables des émissions de GES, sont aussi les plus vulnérables. À l’inverse, les pays industrialisés ont les ressources pour s’en protéger et possèdent une plus grande capacité de résilience. Le changement climatique pourrait provoquer des déplacements de population.
[Transition] Face à des effets mondiaux inégalement répartis, le changement climatique pousse les États à une coopération internationale.
II. Un changement à l’origine d’une gouvernance climatique mondiale
1. Le rôle central de l’ONU
C’est en 1972, lors du premier Sommet de la Terre à Stockholm, qu’est créé le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Une prise de conscience de l’urgence climatique émerge.
En 1990, le premier rapport du GIEC conduit à l’adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques au sommet de la Terre à Rio, en 1992. Elle instaure des COP annuelles (Conferences of Parties) et lance l’Agenda 21, un plan d’actions pour le développement durable.
info +
Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), créé en 1988, est une instance chargée d’évaluer l’état des connaissances scientifiques sur le changement climatique.
Lors de la COP3 en 1997, un premier cadre, le protocole de Kyoto est adopté, contraignant les États à réduire les gaz à effet de serre. En 2015, la COP21 aboutit à l’accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement climatique à moins de 2 °C d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle.
2. L’importance d’autres acteurs
Hormis l’ONU, de nombreux acteurs participent à la lutte contre le réchauffement climatique. L’Union européenne, des États fédérés des États-Unis (comme la Californie), de grandes villes (réseau C40-Cities Climate Leadership Group) agissent pour réduire leurs émissions.
Des firmes transnationales, comme Walmart, s’engagent dans la transition écologique promouvant l’utilisation d’énergies renouvelables. Des organisations non gouvernementales comme WWF ou Greenpeace, des mouvements citoyens (Fridays for Future) mènent des actions de sensibilisation et dénoncent l’inaction des gouvernements.
[Transition] Si les efforts de coopération internationale montrent une prise de conscience globale de l’urgence climatique, ils révèlent aussi des désaccords profonds entre États, liés à leurs intérêts économiques et stratégiques.
III. Une gouvernance limitée et source de tensions géopolitiques
1. Des acteurs aux intérêts divergents
Le changement climatique renforce les concurrences entre États autour de l’accès à l’eau, aux terres cultivables et aux ressources stratégiques (hydrocarbures, minerais). Tandis que certains subissent la raréfaction des ressources, d’autres cherchent à exploiter de nouvelles opportunités (routes maritimes, en Arctique), ce qui alimente tensions et rivalités géopolitiques.
Les pays en développement demandent aux pays riches d’assumer l’essentiel des efforts climatiques, invoquant une dette climatique et leur droit au développement.
Les lobbies du pétrole financent des campagnes de climatoscepticisme et exercent une pression sur les gouvernements pour limiter les réglementations et défendre leurs intérêts économiques.
mot clé
Le climatoscepticisme désigne l’attitude de ceux qui nient, minimisent ou mettent en doute la réalité, l’origine humaine ou la gravité du changement climatique.
2. Des tensions diplomatiques
Le retrait des États-Unis de l’accord de Paris en 2017 puis en 2025 désorganise les efforts multilatéraux et renforce les divisions Nord/Sud.
Face à l’inaction de certains pays, d’autres mettent en place des mécanismes de taxation carbone aux frontières, ce qui alimente les frictions.
Certains États se positionnent en leaders de la transition énergétique selon leurs ressources : géothermie en Islande, solaire en Inde et Chine, éolien offshore au Royaume-Uni. En fixant des normes, ils développent un soft power écologique, comme l’Union européenne avec son Pacte vert lancé en 2019, qui vise la neutralité carbone en 2050.
Conclusion
[Réponse à la problématique] Le changement climatique accentue les inégalités entre États et ravive les tensions autour des ressources naturelles. Si des progrès ont été réalisés, notamment avec l’accord de Paris, la diplomatie climatique reste précaire, confrontée à des intérêts contradictoires, au climatoscepticisme et aux priorités nationales. [Ouverture] Dans ce contexte, la transition écologique s’impose comme une urgence. Un collectif de chercheurs a annoncé le 19 juin 2025 que l’objectif fixé par l’accord de Paris ne pourra désormais pas être atteint.