Les inégalités géoéconomiques et géoenvironnementales dans le monde

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Des cartes pour comprendre le monde
Type : Etude critique de document(s) | Année : 2016 | Académie : Nouvelle-Calédonie


Nouvelle-Calédonie • Novembre 2016

étude critique de documents

Les inégalités géoéconomiques et géoenvironnementales dans le monde

Vous montrerez en quoi ces deux documents et leur confrontation permettent d’analyser les inégalités mondiales sur le plan géoéconomique et géoenvironnemental.

Document 1 PIB et PIB/hab. dans le monde

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Source des données : Banque mondiale ; Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Données de 2011.

Document 2 Les émissions de CO2 dans le monde en 2012, en millions de tonnes

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Source des données : Global Carbon Project, communauté scientifique internationale formée en 2001 et spécialisée dans l’observation des émissions de gaz à effet de serre.

Les clés du sujet

Lisez la consigne

Rappel méthodologique : pour bien analyser une consigne, surlignez les mots-clés et inscrivez-les sur votre brouillon. Tout ce qui n’est pas en lien avec eux est hors sujet.

Ici, la consigne commande d’analyser les « inégalités mondiales » vues à travers deux catégories : le plan « géoéconomique » à travers le produit intérieur brut (PIB) et le PIB/habitant ; le plan « géoenvironnemental » à travers les émissions de CO2.

Analysez les documents

Les documents sont des cartes et ne devraient pas vous surprendre : il est même probable que vous ayez déjà travaillé dessus dans l’année avec votre professeur. Les sources sont fiables : Banque mondiale, Programme des Nations unies pour le développement et Global Carbon Project.

Les deux documents sont complémentaires. Le premier présente la richesse des pays (PIB), tempérée par la population (PIB/hab.), ce qui permet une analyse assez fine des inégalités de richesse, voire de développement. Le second concerne les émissions de CO2 par pays – sans les rapporter à la population ! –, ce qui renvoie à la responsabilité de chacun dans le réchauffement climatique, mais aussi rend compte de l’intensité énergétique de chaque économie nationale.

Définissez les axes de l’étude

Un sujet rare, portant sur le thème « Des cartes pour comprendre le monde ». Il est donc fondamental ici de partir des documents proposés, de les analyser et de les confronter l’un à l’autre. Vous ne devez pas réciter votre cours mais utiliser vos connaissances qui permettront d’expliquer les données représentées.

Le plan adopté pour cette étude ne doit pas consister à étudier le document 1 puis le document 2. Il est préférable de partir d’une typologie : pays développés, pays émergents, pays pauvres.

Corrigé

Corrigé

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche] Le xxie siècle est celui du rattrapage des économies développées par les émergentes. Ce « basculement du monde » fait parfois oublier que demeurent de fortes inégalités et que la croissance économique – indispensable pour assurer le développement – est souvent source de pollution.

[Présentation des documents et problématique] C’est ce dont rendent compte les deux documents. La carte par anamorphose (doc. 1) permet d’estimer la puissance économique par le produit intérieur brut (PIB) des États et la richesse des populations par le PIB/habitant. Deux lectures complémentaires sont donc possibles et permettent d’appréhender les inégalités géoéconomiques mondiales. Le document 2 est un cartogramme représentant les aspects géoenvironnementaux (émissions de CO2 par pays). Il met en évidence le caractère diversement polluant des économies mondiales. La confrontation de ces deux cartes pose un problème clé : le rattrapage des inégalités de développement est-il soutenable ?

[Annonce du plan] L’étude comparée des documents permet d’identifier trois groupes de pays dont les caractéristiques sont bien différenciées : les pays développés du Nord, les pays émergents, les pays pauvres.

I. Des pays développés

Les pays du Nord sont des pays riches. Leur poids économique est considérable : ils représentent encore à eux seuls pratiquement la moitié du PIB mondial (doc. 1). Ces pays sont également les premiers au classement du PIB/hab. Leurs populations sont globalement riches, même si on peut distinguer l’Europe occidentale (plus de 25 000 dollars/hab.) et l’Europe orientale (de 15 000 à 25 000). Toutefois, cette carte ne rend pas compte des inégalités infranationales, par exemple sociales.

Conseil

Il est utile de compléter votre analyse par des éléments absents des documents, car leur étude doit être critique. Mais ne faites pas un cours au lieu d’étudier les documents !

Globalement, les économies du Nord sont fortement émettrices de CO2 (2e rang pour les États-Unis) en raison du modèle productiviste qui a fait leur réussite. On peut toutefois noter des différences : ainsi la France, qui dispose d’un vaste parc nucléaire en activité, pollue moins que l’Allemagne ou le Japon, qui ont tous deux abandonné le nucléaire après l’accident de Fukushima – posant la question du modèle énergétique. Plus largement, l’image offerte par le document 2 ne confirme pas exactement celle du document 1. Leur analyse comparée permet ainsi de discerner les progrès des économies développées en matière d’efficacité énergétique.

[Transition] Ce n’est pas encore le cas des pays émergents, dont le développement est fortement consommateur d’énergie, donc polluant.

II. Des pays émergents

Les pays émergents tiennent à présent une place importante dans l’économie mondiale. On peut comparer la Chine aux États-Unis, l’Inde au Japon, le Brésil à la France, trois binômes dont les termes sont proches les uns des autres. Toutefois, leurs niveaux de PIB/hab. sont loin d’égaler ceux des pays les plus développés. Le document 1 établit ainsi la pauvreté résiduelle, en Inde par exemple. Mais son caractère figé ne permet pas d’évaluer les dynamiques récentes. Or, le niveau de richesse de ces pays émergents a beaucoup progressé depuis trente ans : le PIB/hab. chinois n’est par exemple plus aujourd’hui dans la même classe que celui de l’Inde tant il a augmenté.

Conseil

Vous pouvez citer l’exemple des pays pétroliers du Golfe, riches et pollueurs.

Cette croissance effrénée se paie au prix fort en matière environnementale. La Chine est en 2012 le premier émetteur de CO2 au monde (deux fois le niveau américain). Cependant la pollution au CO2 mériterait d’être relativisée par le nombre d’habitants : un rapide calcul montre que les émissions par habitant des États-Unis sont deux fois supérieures à celles de la Chine. Toutefois, l’émergence obéit clairement au modèle de développement productiviste et pose la question du caractère durable de ce modèle.

[Transition] C’est une question fondamentale, d’autant qu’une grande partie de l’humanité n’a pas encore accédé à un niveau de développement satisfaisant, en particulier dans les pays pauvres.

III. Des pays pauvres

L’anamorphose de leur PIB rend les pays pauvres pratiquement invisibles sur le document 1. Ils ne représentent que 1 % de l’économie mondiale ! Leur PIB/hab. accentue encore cette invisibilité ; c’est le cas en Afrique subsaharienne. On mesure d’autant mieux l’inégalité qui les frappe quand on se rappelle que la population des pays pauvres dépasse le milliard, soit plus de trois fois celle des États-Unis.

Conseil

Vous pouvez citer l’exemple de l’Afrique subsaharienne, des pays méso-américains ou andins ou des archipels du Pacifique.

Sur le document 2, la faiblesse des émissions de CO2 des pays pauvres est remarquable. Leur peu de poids économique l’explique. Mais leur développement à venir ne pourra qu’aggraver le caractère insoutenable de la croissance.

Conclusion

Les documents permettent donc d’établir l’extrême inégalité entre les différents groupes de pays, en particulier entre les pays les moins avancés (PMA) et les autres. La question du caractère durable du développement de l’humanité est posée, notamment dans sa composante sociale. Le modèle de développement actuel semble encore inséparable d’une consommation considérable d’énergie fossile, laquelle ne peut qu’accentuer un réchauffement climatique dont les pauvres seront les plus affectés.