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Les libertés fondamentales sous la IIIe République

La IIIe République

Les libertés fondamentales sous la IIIe République

question problématisée

1 heure

10 points

Intérêt du sujet • La France, patrie des droits de l'homme et pays des libertés. Quelle en est la réalité concrète pour les Français de la IIIe République ? Comment le régime concilie-t-il la liberté des uns avec celle des autres ?

 

Comment se manifestent les libertés en France entre 1870 et 1914 ? Vous présenterez ces libertés et leurs limites à travers les valeurs du régime, les lois qu'il adopte et les institutions (école, armée, presse…) qui les incarnent.

 

Les clés du sujet

Analyser le sujet

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Dégager les enjeux du sujet

Le sujet porte sur les « libertés » : leurs modalités théoriques (les « valeurs » ou principes officiels) et pratiques (les « lois ») ainsi que le cadre (les « institutions ») qui en permet l'exercice.

Le « comment » invite à présenter ces libertés. Mais il faut aussi déterminer celles qui manquent ou évaluer les règles qui en empêchent le plein exercice (les « limites »).

Organiser la réponse

Le plan thématique est donné par la seconde partie de la consigne. Suivez-le en prenant bien soin de consacrer un paragraphe aux limites chaque fois que cela est possible.

Tableau de 3 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 3 lignes ;Ligne 1 : I. La liberté, valeur fondamentale du régime; Quels symboles traduisent les libertés républicaines ?Quelles sont les libertés fondamentales ?Explicitez ce qu'elles autorisent de faire, ou pas.; Ligne 2 : II. Les lois, cadres effectifs des libertés; Quelles lois sont établies en 1881-1884 ? Quelles en sont les limites ?Quelles lois marquent les années 1901 et 1905 ?Quelle loi garantit la liberté de vote en 1913 ? Rappelez qui n'a pas cette liberté.; Ligne 3 : III. Des institutions garantes des libertés; En quoi l'école sert-elle la liberté ? Montrez que la « guerre scolaire » pose la question de la liberté.De quelle liberté use la presse ? Quelles règles en limitent l'usage ?Comment l'armée peut-elle garantir la liberté ? Le fait-elle toujours ?;

Les titres et les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche] La chute du Second Empire et la proclamation de la IIIe République le 4 septembre 1870 apparaissent aux Français comme une promesse de plus grandes libertés. [Problématique] Comment celles-ci se manifestent-elles jusqu'à la déclaration de guerre de 1914 ? [Annonce du plan] Nous présenterons ces libertés et leurs limites à travers les valeurs de la République [I], les lois qui en définissent l'exercice [II] et les institutions qui les garantissent [III].

I. La liberté, valeur fondamentale du régime

1. Des symboles, incarnations de la liberté

Figure de la République, la Marianne porte le bonnet phrygien : cette coiffe était portée à Rome par les esclaves affranchis en signe de leur émancipation.

La fête nationale du 14 juillet rappelle la prise de la Bastille, symbole de l'arbitraire royal dont les Français se sont libérés. La Marseillaise est un chant de guerre qui appelle à lutter contre la tyrannie.

à noter

La Marseillaise dénonce l'étendard « contre nous de la tyrannie » (1er couplet) et appelle à la victoire de la « Liberté, liberté chérie » du peuple (6e couplet).

2. La liberté, cœur des droits de l'homme et de la devise nationale

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) proclame les Français libres dès leur naissance (article 1) et de façon imprescriptible (article 2).

La valeur d'égalité limite cependant la liberté de chacun : le citoyen est libre sous réserve de ne pas nuire à autrui (article 4 de la DDHC).

3. Les libertés fondamentales

La DDHC accorde à chaque citoyen la possibilité de dire son opinion (liberté d'expression, article 11) et de croire (liberté religieuse, article 10), sous réserve de ne pas en abuser et que soit préservé l'ordre public.

Le citoyen est libre de choisir ses représentants (droit et liberté de vote). Il peut même se présenter au choix de ses concitoyens (droit d'éligibilité).

[Transition] Sur le plan des principes, la République accorde aux citoyens toutes les libertés fondamentales. Mais qu'en est-il dans la pratique ?

Le conseil de méthode

Faites la distinction entre théorie et pratique. La théorie expose un état d'esprit mais sans garantie de mise en œuvre [I]. La pratique se lit dans les lois qui disent les conditions d'application [II]. Mais ces règles ne fonctionnent que s'il existe des moyens de protection [III].

II. Les lois, cadres effectifs des libertés

1. L'affirmation des libertés entre 1881 et 1884

Dès 1881, les républicains rétablissent la liberté de la presse et celle de réunion. La loi Waldeck-Rousseau (1884) donne la liberté aux ouvriers de s'associer (créer des syndicats) pour défendre leurs intérêts. Ils doivent cependant respecter la liberté de travailler.

La loi Naquet (1884) établit le droit au divorce. La liberté individuelle des conjoints au sein d'un couple marié s'affirme, mais les conditions (qu'il y ait faute prouvée) en limitent l'usage.

2. La liberté d'association et la laïcité

La loi de 1901 institue la liberté d'association. Elle permet la création des partis politiques, renforçant la liberté d'expression.

La loi de séparation des Églises et de l'État (1905) établit l'égalité entre les confessions et renforce la liberté religieuse. Énoncée au nom de la laïcité, elle suscite cependant la crainte des catholiques de voir leur liberté affaiblie.

3. Renforcement et limites des libertés politiques

En 1913, une loi institue l'usage de l'isoloir lors des élections. Il protège les électeurs des pressions, favorisant la liberté de vote.

Mais le suffrage n'est universel qu'en théorie. Les femmes, les plus jeunes (moins de 21 ans) et les étrangers restent exclu.e.s de la liberté de voter.

[Transition] Malgré de sérieuses limites, les lois de la République confirment l'extension des libertés. Mais quelles institutions en assurent la pérennité ?

Le conseil de méthode

Le raisonnement antithétique ne doit pas se contenter d'opposer le « pour » au « contre ». La démarche doit préciser quelle thèse l'emporte sur l'autre. Plusieurs moyens peuvent être utilisés : l'effet de nombre au profit d'une thèse (voir le § 1 du II), les termes qui permettent la nuance (« sous réserve… », § 3 du I) ou l'ordre des thèses qui consiste à terminer par celle que l'on soutient (§ 3 du III).

III. Des institutions garantes des libertés

1. L'école, instrument de la liberté

Par les lois scolaires de Jules Ferry (1881-1882), l'école élémentaire (de 6 à 13 ans) devient obligatoire, gratuite et laïque. L'école donne aux jeunes ­Français les moyens de s'émanciper par la connaissance.

Cependant la guerre scolaire entre école publique et école confessionnelle témoigne des désaccords sur le contenu des enseignements, avec au cœur du débat la liberté de conscience.

2. La presse, arme de la liberté

La presse se développe et touche un lectorat toujours plus large. Censure et délit d'opinion sont supprimés. En 1898, cette liberté triomphe sous la plume d'Émile Zola (J'accuse).

La liberté d'expression n'autorise pas toutes les opinions : la diffamation est passible de poursuites ; l'insulte au chef de l'État ou l'atteinte aux « bonnes mœurs » ne permettent pas de tout dire.

3. L'armée des citoyens libres ?

Avec le service militaire obligatoire (1889), l'armée est l'incarnation du principe d'égalité. Cette armée de citoyens a mission de protéger la République contre les ennemis de la liberté.

Cependant l'armée trahit parfois les libertés fondamentales par abus de pouvoir (affaire Dreyfus) ou en réprimant violemment les mouvements ouvriers (fusillade de Fourmies).

à noter

La fusillade de Fourmies, le 1er mai 1891, est un drame au cours duquel neuf des manifestants qui réclamaient la journée de 8 heures sont tués par l'armée.

Conclusion

[Réponse à la problématique] Entre 1870 et 1914, les libertés s'affirment en France. Malgré des limites, les lois et les institutions se combinent pour en assurer le bon exercice. [Ouverture] Après la parenthèse de la Grande Guerre, la République saura-t-elle étendre les libertés à ceux qui n'en bénéficient pas encore pleinement ?

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