Les limites écologiques de la croissance

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Économie du développement durable
Type : Raisonnement sur un dossier documentaire | Année : 2013 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Les limites écologiques de la croissance
 
 

Économie du développement durable

Corrigé

20

Ens. spécifique

sesT_1300_00_01C

 

Sujet inédit

raisonnement • 10 points

> À l’aide du dossier documentaire et de vos connaissances, vous montrerez que la croissance économique se heurte à des limites écologiques.

Document 1

Évolution des émissions mondiales de CO2 liées à la combustion de l’énergie (en milliards de tonnes)

 

1971

2008

États-Unis

4,3

5,6

Reste de l’OCDE

5

7

Chine

0,8

6,5

Reste des pays non-OCDE

3,4

9,2

TOTAL

13,5

28,3

 

Source : Agence internationale de l’énergie.

Document 2

Maria Damanaki, la commissaire en charge du dossier, avait plaidé notamment pour imposer dès 2015 l’application du « rendement maximum durable », un seuil de capture au-delà duquel un stock de poissons décline. Mais à la suite de quelques États membres, le Parlement a proposé en septembre la date de 2020. De même, les députés s’opposent à l’interdiction à brève échéance des rejets en mer de poissons tués mais trop petits pour être commercialisés, plaidant pour des mesures graduelles et des dérogations.

Si les États et les députés européens ne changent pas vraiment de cap, les tendances observées depuis deux décennies ont toutes les chances de se poursuivre : une chute continue des captures par les flottes européennes, et donc des revenus et de l’emploi dans le secteur.

Pendant la dernière décennie, les prises dans les filets européens ont baissé de 22 %, pour tomber à quelque 5 millions de tonnes aujourd’hui. Ce recul concerne pour l’essentiel les deux grandes zones de pêche européennes (l’Atlantique du Nord-Est et la Méditerranée). Il n’a pas été compensé par la pêche au loin (par ailleurs responsable de bien des spoliations le long des côtes africaines), si bien que les consommateurs européens sont de plus en plus dépendants des importations.

La baisse des captures traduit cette dégradation des stocks de poissons, pêchés en eaux de plus en plus profondes au mépris des avis scientifiques et des règles communautaires. Elle renforce d’autant la crise d’un secteur confronté à l’érosion continue de ses revenus, en particulier avec l’envolée des prix de l’énergie.

D’après « L’Europe doit pêcher autrement », Alternatives économiques, n° 318, novembre 2012.

Entrer dans le sujet

  • La croissance économique correspond à la hausse de la production de biens et services pour un pays ; elle est mesurée par l’augmentation en pourcentage du PIB en volume, c’est-à-dire déflaté, à prix constants d’une année sur l’autre.
  • Les limites écologiques renvoient aux contraintes d’épuisement des ressources naturelles disponibles (ressources énergétiques, réserves halieutiques, déforestation…) ainsi qu’aux impacts négatifs (augmentation de la concentration des gaz à effet de serre…) qui accompagnent la croissance économique mondiale.

Comprendre les documents

Document 1

  • C’est un tableau qui illustre la croissance des émissions mondiales de CO2 générées par la combustion de l’énergie en 1971 et 2008. Ce gaz est le principal gaz contribuant à l’effet de serre.
  • Au niveau mondial, on observe une hausse de plus de 100 % des émissions de CO2 sur la période étudiée, mais les contributions des pays varient : celles des pays développés n’augmentent que de 35 % alors que celles des pays non-OCDE connaissent une forte croissance (par exemple, émissions multipliées par 8 pour la Chine).

Document 2

  • Le texte illustre la question de la gestion des réserves halieutiques (baisse des stocks de poissons) en Europe et la difficulté à concilier conservation des ressources naturelles et activités économiques traditionnelles ; c’est donc la problématique du développement durable qui est posée.
  • L’approche de la pêche en Europe apparaît également contraire à la croissance économique et aux intérêts de ce secteur. En effet, les techniques de pêche conduisent à son affaiblissement (en termes de revenus et d’emplois) et au renforcement des importations européennes de poissons.

Définir le plan

La première partie présentera la croissance économique confrontée à un épuisement des ressources naturelles ; la seconde montrera que cette croissance est difficilement conciliable avec un développement durable.

Corrigé

Introduction

  • L’épuisement annoncé des ressources naturelles (ressources énergétiques traditionnelles que constituent les énergies fossiles dont les stocks sont limités, telles que pétrole, charbon, gaz ; ressources halieutiques) invite à mener une réflexion sur la possibilité de concilier croissance économique et développement durable.
  • La croissance économique correspond à la hausse de la production de biens et services pour un pays ; elle est mesurée par l’augmentation en pourcentage du PIB en volume, c’est-à-diredéflaté, à prix constants d’une année sur l’autre.
  • Il s’agit de montrer en quoi la croissance économique est confrontée à un épuisement des ressources naturelles ; ensuite d’observer la difficile compatibilité entre une croissance intensive et énergivore et un développement durable prenant en compte l’intérêt des générations futures.

I. La croissance économique est confrontée à l’épuisement des ressources naturelles

  • La croissance intensive actuelle, basée sur une logique productiviste, conduit à une surexploitation des ressources naturelles disponibles. Ainsi, les activités de pêche, notamment en Europe, outrepassent la réglementation adoptée et entraînent une diminution des stocks de poissons (les prises dans les filets ont chuté de près d’un quart depuis 2000). Cela provoque une remise en cause de cette activité traditionnelle porteuse d’emplois et de revenus. (document 2)
  • L’approvisionnement énergétique du monde repose en large majorité sur les énergies fossiles puisque le pétrole, le charbon et le gaz représentent environ 80 % de la production mondiale d’énergie primaire. Or, le stock de ces sources d’énergie s’épuise, exposant ainsi l’économie mondiale à une pénurie d’énergie, ce qui est un risque pour la croissance.
  • Il en va de même pour l’exploitation forestière dans les pays en développement (Amérique du Sud, Afrique) dont les bois exotiques sont utilisés pour répondre aux besoins de consommation et de production des pays riches.

II. Ainsi la croissance peut se révéler difficilement conciliable avec le développement durable

  • Les réserves forestières constituent un atout pour la planète dans la mesure où elles permettent d’absorber en partie les gaz à effet de serre dont les émissions du principal, le CO2, liées à la combustion de l’énergie, ont augmenté de plus de 100 % entre 1971 et 2008. Cette hausse est d’autant plus inquiétante qu’elle est principalement due à l’activité des pays émergents (émissions multipliées par 8 pour la Chine, par 2,7 pour le reste des pays non-OCDE) qui cherchent à copier les pays riches. (document 1)
  • Dès lors, la croissance n’apparaît pas durable dans la mesure où elle épuise les ressources non renouvelables pour les générations futures à travers l’exploitation intensive des énergies fossiles et le rejet dans l’atmosphère de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, ce qui entraîne un appauvrissement de la biodiversité.
  • De plus, si on comprend le développement durable comme la capacité des générations présentes à satisfaire leurs besoins tout en préservant les possibilités pour les générations futures de satisfaire les leurs, il faut donc que la croissance soit compatible avec la sauvegarde de l’environnement. C’est ce que remettent en cause les comportements de production et de consommation qui se développent à l’échelle mondiale sur le modèle des pays riches, lesquels ne montrent parfois pas l’exemple (difficulté des États-Unis à ratifier le protocole de Kyoto).

Conclusion

Ainsi, la croissance connaît des limites écologiques qui menacent un développement durable, gage de sauvegarde de l’environnement pour les générations futures, sauf à changer radicalement de logique productive et de consommation.