Les migrations internationales

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : La mondialisation, fonctionnement et territoires
Type : Analyse de document | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Les migrations internationales
 
 

La mondialisation, fonctionnement et territoires

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Géographie

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CORRIGE

 

Sujet inédit

analyse de document

> Analysez ce document pour montrer en quoi les migrations internationales sont représentatives de la mondialisation.

Document

D’un peuple migrant à une population mobile

Les 7 milliards d’humains que compte la planète […] sont de plus en plus mobiles. Immigration du travail, réfugiés climatiques, regroupements familiaux, séjours étudiants, rescapés des conflits ?

Les hommes, les femmes, les enfants aussi, bougent au rythme de la mondialisation, des caprices du climat ou de la violence des guerres. On estime à 1 milliard le nombre d’humains en situation de mobilité. Les trois quarts d’entre eux migrent à l’intérieur même de leur pays, les autres franchissent les frontières. Un flux qui, un temps perturbé par la crise économique qui a débuté fin 2007 et qui a modifié en partie le choix des destinations, reste orienté à la hausse. En 1975, ils étaient 77 millions d’individus engagés dans cette migration internationale, 190 millions au début du nouveau millénaire et 220 millions en 2012. […]

« Les évolutions de la croissance et du déclin démographique, de la richesse et de la pauvreté, de la démocratie et des régimes autoritaires, des progrès des nouvelles technologies de l’information et de la communication, soulignent la contradiction entre un droit de sortie presque généralisé depuis vingt ans et la fermeture des frontières des traditionnels pays d’immigration », souligne la spécialiste Catherine Wihtol de Wenden, professeure à Science Po et directrice de recherche au CNRS. […]

Au traditionnel mouvement Sud-Nord qui représentait 63 millions d’individus en 2011, il faut ajouter l’importante migration Sud-Sud (62 millions), voire des mouvements des pays du Nord vers ceux du Sud. […]

L’enjeu pour toutes les organisations qui s’intéressent aux migrations – Nations unies, OCDE, Banque mondiale, Organisation internationale pour les migrations (OIM) – est d’organiser ces flux. Alors que de nombreux pays, en Europe notamment, sont tentés par le renforcement du contrôle ou des politiques sélectives de « migration choisie », le seul déficit démographique de ces pays indique que le recours aux migrants va s’intensifier. […]

L’immigration, objet de phantasmes et présentée comme une menace par les forces d’extrême droite, nationalistes ou populistes en plein essor en Europe, représente une chance pour le développement économique, professent tant la Banque mondiale que l’OCDE.

Rémi Barroux, Le Monde, Dossiers et documents, n° 432, juillet-août 2013.

  • La consigne vous invite à mettre en relation deux éléments : les migrations internationales, qui désignent les flux humains (à l’exclusion des touristes) entre les États ; la mondialisation qui est un processus de mise en relation des territoires et des sociétés à l’échelle mondiale. L’échelle mondiale est donc ici privilégiée.
  • La problématique doit mettre en évidence, de façon nuancée, le fait que les migrations internationales sont une traduction de la mondialisation.
  • L’analyse du document peut être organisée suivant un plan analytique. Il présentera les caractéristiques, les facteurs puis les limites des migrations internationales, en lien avec la mondialisation.
Corrigé

Les titres en couleur servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Présentation du document] Le document proposé est un extrait d’article de presse tiré du Monde, Dossiers et documents paru en juillet-août 2013. Il souligne la forte mobilité de la population mondiale.

[Problématique et annonce du plan] Son analyse nous permettra de répondre à la question suivante : dans quelle mesure les migrations internationales sont-elles représentatives de la mondialisation ? Pour ce faire, nous présenterons leurs caractéristiques, leurs facteurs puis leurs limites.

I. Les caractéristiques des migrations internationales

1. Des flux massifs et en forte croissance (1er et 2e paragraphes)

  • Sur 7 milliards d’humains, 1 milliard sont « en situation de mobilité », dont 220 millions hors de leurs frontières (soit environ 25 % des migrants). Il s’agit d’hommes, de femmes et d’enfants.
 

Gagnez des points !

Une valeur relative exprimant un rythme de croissance est souvent plus parlante qu’une valeur absolue.

  • De 1975 à 2012, le nombre de migrants a triplé : il est passé de 77 millions à 220 millions d’individus.

2. Des flux planétaires (4e paragraphe)

  • Plus d’un quart de ces flux reste traditionnellement orienté Sud-Nord (ex. : du Mexique vers les États-Unis).
  • Cependant, près de trois quarts des flux ont une orientation différente : Sud-Sud (ex. : d’Afrique vers les États du golfe Persique), Nord-Sud (ex. : du Portugal vers le Brésil) et Nord-Nord (ex. : de l’Union européenne vers l’Amérique du nord).

II. Les facteurs des migrations internationales

1. Des facteurs économiques et démographiques (1er et 3e paragraphes)

 

Info

Femmes et enfants rejoignent alors les hommes partis chercher du travail à l’étranger.

  • Les inégalités de développement et de croissance démographique entre pays en développement et pays développés alimentent les flux migratoires Sud-Nord. Il faut y ajouter le regroupement familial. Ces flux peuvent constituer une solution au vieillissement démographique des pays du Nord.
  • L’émergence économique de certains États (Chine, Inde, Brésil, pays pétroliers du golfe Persique) génère des flux Sud-Sud et Nord-Sud.

2. D’autres facteurs (1re phrase)

  • Les populations fuient les conflits et les persécutions pour gagner des États en paix et démocratiques (ex. : Union européenne).
  • Depuis 2009, des populations fuient l’élévation du niveau de la mer : ce sont les premiers réfugiés climatiques (ex. : habitants des îles Tuvalu dans le Pacifique).
  • Les étudiants du monde entier participent aussi aux flux migratoires (vers les États-Unis ou l’Europe).

III. Les limites des migrations internationales

1. La domination des migrations internes (2e paragraphe)

 

Attention !

Vous envisagez ici une échelle intermédiaire entre l’échelle mondiale et l’échelle nationale.

  • Les trois quarts des migrants se déplacent à l’intérieur de leurs frontières : il s’agit de migrations depuis des zones rurales ou en crise vers des régions métropolitaines dynamiques (ex. : États-Unis, Chine).
  •  On peut y ajouter d’intenses migrations continentales (ex. : en Afrique, vers le Maghreb ou l’Afrique du Sud).

2. Des obstacles aux migrations internationales (5e et 6e paragraphes)

  • Dans les pays d’accueil, les frontières se ferment à l’immigration avec la mise en place de politiques d’immigration sélective qui favorisent l’arrivée des travailleurs les plus qualifiés (ex. : Union européenne, États-Unis).
  • La xénophobie favorise le repli des États sur eux-mêmes (ex. : essor des partis nationalistes en Europe).

Conclusion

[Réponse à la problématique] Mettant en relation des sociétés et des territoires du monde entier, les migrations internationales sont bien représentatives de la mondialisation, tant dans leurs caractéristiques que dans leurs causes. Cependant, elles illustrent également l’inachèvement de la mondialisation.

[Critique du document] L’intérêt de cet article est de souligner les enjeux démographiques et économiques de l’immigration pour les pays d’accueil. Toutefois, il n’évoque pas les migrations entre pays développés.