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Les nouveaux espaces de conquête, des espaces de rivalités entre États ?

Amérique du Nord, mai 2025 • Jour 1

dissertation

Les nouveaux espaces de conquête, des espaces de rivalités entre États ?

2 heures

10 points

Intérêt du sujet • Le sujet invite à réfléchir aux États qui explorent et s’approprient l’espace et les océans. L’intitulé sous forme de question invite à s’intéresser aux États et à leurs relations, et aussi à les mettre en perspective avec d’autres acteurs, de nature et d’intérêts différents.

 

 Les nouveaux espaces de conquête, des espaces de rivalités entre États ?

 

Les clés du sujet

Analyser le sujet

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Dégager la problématique

Pendant longtemps seuls les États très puissants pouvaient envisager de s’investir dans l’espace et les océans.

Cela crée une compétition ou des tensions liées à des enjeux stratégiques, économiques ou militaires, parfois exacerbées par l’absence de règles claires.

Les bouleversements technologiques et géopolitiques voient l’émergence de nouveaux acteurs qui bouleversent l’organisation des relations internationales.

Construire le plan

Il s’agit de dégager les principaux rapports de force et/ou de coopération entre États et de les mettre en perspective avec les autres acteurs.

I. Des espaces stratégiques et convoités, sources de rivalités

Quels intérêts pour les États de s’engager dans des investissements colossaux ?

Quels rapports de force se jouent dans ces espaces ?

II. Des rivalités exacerbées par la compétition

Quels sont les nouveaux acteurs ?

De quels ordres sont les nouvelles conflictualités ?

III. Une gouvernance complexe qui appelle à la coopération

Quelles règles régissent les relations dans ces espaces particuliers ?

Quelle forme de coopération est nécessaire ?

Les titres et les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche] En avril 2021, la Russie provoque la colère des États-Unis avec le test d’un missile antisatellite. En 2025, Donald Trump fait état de ses ambitions d’appropriation du Groenland, provoquant un tollé. [Présentation du sujet] Espace extra-atmosphérique et océans, derniers fronts pionniers de notre planète, sont l’objet de l’appétit des États, entre compétition et tensions, situation qui se complexifie avec l’arrivée récente de nouveaux acteurs. [Problématique­] Comment les nouveaux espaces de conquête sont-ils le théâtre de l’affirmation de la puissance des États ? [Annonce du plan] L’espace et l’océan sont des espaces stratégiques convoités par les États [I], dans un contexte de plus en plus compétitif [II], situation qui exige d’établir pour l’avenir des règles de coopération claires [III].

Le secret de fabrication

Ce sujet invite à mobiliser des connaissances historiques (le programme spatial), des approches géographiques (les échelles) et géopolitiques (les conflits) ainsi que des références de science politique (le droit international).

I. Des espaces stratégiques et convoités, sources de rivalités entre puissances étatiques

1. Un enjeu de puissance et de prestige pour les États…

Le xxe siècle fait passer du rêve à la réalité le désir de dominer des espaces jusque-là méconnus. Ils deviennent les théâtres majeurs d’affrontement entre les puissances, objets de territorialisation. Les États les plus puissants les explorent et tentent d’y imposer leur supériorité, à la recherche de ressources et pour défendre des intérêts stratégiques.

Les derniers fronts pionniers participent du prestige national : la Chine rêve de planter à son tour son drapeau sur la Lune, les États-Unis veulent atteindre Mars, la Russie entreprend de percer la Route maritime du Nord.

Les États ont longtemps été les seuls capables d’investir dans ces mégasciences. Ils financent les missions scientifiques, comme la France avec l’IFREMER­ ou le CNES. Ils y développent des technologies au service de leur puissance, tels les satellites et les câbles sous-marins.

mot clé

Mégascience : secteur de la recherche dans les domaines exigeant des équipements lourds et coûteux, tels l’espace et l’océanographie.

2. … dans une logique d’appropriation et de contrôle

La maîtrise des flux de marchandises et des commu­ni­ca­tions est un facteur de puissance décisif. Cela suppose une domination des routes maritimes, des choke points, des fonds marins et de leurs câbles. Les océans sont passés sous le contrôle militaire et stratégique des flottes navales américaine, britannique et française. Les ressources minérales et halieutiques provoquent une redéfinition des espaces marins, avec la Convention de Montego Bay de 1982 qui délimite les ZEE.

L’espace a été l’objet d’une course géopolitique, économique et technologique effrénée entre les États-Unis et l’URSS pendant la guerre froide, de Spoutnik aux missions Apollo. Ces deux États restent les deux hyperpuissances spatiales, concurrencées désormais par la Chine et l’Union européenne, notamment pour le contrôle des zones orbitales.

[Transition] Cette domination des puissances historiques est bouleversée par l’arrivée de nouveaux acteurs concurrents qui exacerbent les rivalités.

II. Des rivalités exacerbées par une compétition croissante entre acteurs

1. De nouvelles puissances émergentes concurrentes

« Nouvelle frontière » pour le rayonnement national, ces espaces attirent les nouvelles convoitises d’États qui y voient un accès au « club des puissances ». Ainsi la Chine ambitionne un space power avec sa station Tiangong en 2021 ou déploie une politique agressive dans le Pacifique pour augmenter sa ZEE.

mot clé

Space power : capacité d’un État à se projeter dans l’espace pour satisfaire ses besoins en termes d’applications civiles et militaires.

Les États engagés se multiplient et constituent autant de nouveaux rivaux : les Européens s’imposent avec Ariane espace, le projet Galileo ou leurs géants des mers (CMA CGM, Maersk), l’Inde et la Turquie lancent chacune un plan spatial national.

2. L’arrivée du secteur privé

Aujourd’hui les océans sont aussi convoités par le secteur privé, telles des start-up du New Space comme Ocean Infinity dans l’exploration minière. De même pour l’espace avec SpaceX ou Blue Origin, qui ont un rôle central dans les lancements. À la pointe de l’innovation, ces entreprises sont capables d’investissements colossaux que les États ne consentent plus, motivées par les profits escomptés dans une logique de marchandisation.

Les rivalités entre États s’en trouvent exacerbées : la course aux ressources stratégiques, telles les terres rares lunaires ou les nodules polymétalliques océaniques, entraîne une concurrence, source de tensions, comme les incidents en Arctique ou en mer de Chine méridionale.

[Transition] La multiplication des acteurs rend la coordination et la régulation essentielle mais difficile.

III. Une gouvernance complexe qui appelle à la coopération

1. Des tentatives de gouvernance et de coopération

Pour éviter des dérives, les États s’accordent sur des réglementations, tel le Traité l’espace de 1967 qui institue l’espace comme bien commun de l’humanité, ou le Traité international de protection de la haute mer (2023).

La logique d’appropriation croissante exige une gestion concertée et la définition d’un cadre légal qui intègre tous les acteurs à la gouvernance. Cela permet des coopérations réussies, comme l’ISS, ou les récents accords bilatéraux sur les plateaux continentaux.

La compétition entre États a pour limite la finitude de la planète : l’espace et l’océan, encore largement inexplorés, sont les derniers poumons et réservoirs de la Terre, il est nécessaire de les préserver. Des organisations internationales tentent d’imposer des règles, telle l’ONU pour réguler les orbites (ITU) ou des ONG comme Sea Shepherd qui lutte contre la pêche illégale.

2. Les rivalités entre les États poussant à la dérégulation

Les rivalités de puissances et l’absence d’un droit contraignant universel mettent cependant ces espaces sous pression. Le nombre de conflictualités ne baisse pas, entre militarisation de l’espace et sabotages des câbles comme en mer Baltique.

La réglementation internationale souffre de failles : les États les interprètent à leur profit, refusent parfois de les signer, comme les États-Unis à Montego Bay, ou rechignent à les étendre à de nouveaux enjeux, comme pour le minage spatial ou les prospections océaniques.

Conclusion

[Réponse à la problématique] La conquête des espaces maritimes et extra-atmosphériques engage les États dans une compétition qui met en péril leur sauvegarde. [Ouverture] Il est pourtant indispensable d’en réguler l’accès­ car notre avenir en dépend, l’espace étant dangereusement encombré et arsenalisé et les océans garants de notre équilibre écologique.

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