Les tensions au Proche-Orient, l’exemple de la Syrie

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : L'épreuve orale
Type : Sujet d'oral | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Les tensions au Proche-Orient, l’exemple de la Syrie
 
 

Oral • Histoire

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ORAL

56

CORRIGE

 

Sujet d’oral no 4

étude de documents

> Faites une étude critique des documents pour montrer le caractère international du conflit et l’expliquer en fonction des enjeux caractéristiques du Proche-Orient.

DOCUMENT 1

 

« On peut dire que le dialogue national est le slogan de la prochaine étape. Certains pensent qu’il y a des atermoiements en ce qui concerne les réformes, qu’il n’y a pas de sérieux. Ce n’est pas vrai, le processus de réformes est une conviction totale dans l’intérêt de la patrie et aucune personne raisonnable ne peut aller à l’encontre de la volonté du peuple [… mais] face au complot1, il faut faire la distinction entre les besoins légitimes de la population et les saboteurs2. […] Il est du devoir de l’État de tenir les saboteurs pour responsables et de les poursuivre. Il n’y a pas de solution politique avec ceux qui ont porté les armes […]. Nous devons résoudre les problèmes de la Syrie nous-mêmes. »

Bachar Al-Assad, discours sur le dialogue national, 20 juin 2011.

1. Bachar Al-Assad accuse des puissances étrangères de manipuler les rebelles.

2. Le terme désigne les rebelles hostiles au régime du président syrien.

DOCUMENT 2

Un pays de plus en plus morcelé (situation en mars 2013)


 

préparation

Entrer dans le sujet

L’énoncé et la consigne renvoient aux tensions au Proche-Orient, question 2 du thème 3 du programme. Le conflit syrien n’est qu’un prétexte pour évoquer les problèmes qui déstabilisent la région.

La consigne impose deux axes de réflexion : le caractère international du conflit et les enjeux du Proche-Orient.

La carte permet de voir comment les pays voisins sont impliqués. Le texte évoque des ingérences étrangères critiquées par le président syrien. Les connaissances personnelles permettent d’exposer le rôle des Russes, des Américains, de l’Iran ou de la Turquie, etc.

La présence de l’Irak sur la carte, la référence au plateau du Golan et au Kurdistan ainsi que le tracé très visible de l’Euphrate sont autant d’indices qui permettent d’expliquer pourquoi le Proche-Orient est une région de tensions.

Organiser l’exposé

Construisez un plan en suivant la consigne. Celle-ci impose deux parties qui permettent de présenter les acteurs impliqués dans la région puis les sources de conflits. Pour démarrer, partez quand même de l’insurrection syrienne.

La formule « étude critique » vous invite à nuancer votre propos en montrant que les acteurs ont tous des raisons à faire valoir. Évitez de prendre parti.

Concluez sur « les tensions au Proche-Orient » et non sur la Syrie qui n’est qu’un exemple.

présentation

Introduction

Entre mer Méditerranée, mer Noire, mer Rouge, golfe Persique et mer Caspienne s’étend le Proche-Orient. Cette région est traversée par d’interminables conflits parmi lesquels la guerre civile en Syrie débutée en 2011. En quoi ce conflit est-il représentatif des tensions de la région ? Un extrait d’un discours du président syrien Bachar Al-Assad prononcé au tout début du conflit et une carte figurant les positions des différents belligérants ou victimes permettent de montrer le caractère international du conflit et d’évoquer les enjeux locaux.

 

Info

En 2014, le conflit est toujours en cours. D’après les Nations unies, il a fait 126 000 victimes en 2013. L’observatoire syrien des Droits de l’homme (OSDH) a établi le bilan à plus de 160 000 en mai 2014.

I. La Syrie, un conflit international

1. Le printemps syrien

  • En continuité avec les printemps arabes qui ont déstabilisé la Libye, la Tunisie et l’Égypte, une partie de la population syrienne s’insurge contre le pouvoir du président Bachar Al-Assad.
  • La guerre civile a fait des dizaines de milliers de morts et de nombreux Syriens ont passé les frontières pour se réfugier dans les pays voisins.
 

Conseil

La dernière phrase du président Assad est une allusion à ces ingérences étrangères. Faites-le remarquer à l’examinateur.

2. De nombreuses ingérences

  • Les États de la région (Iran, Turquie) s’immiscent plus ou moins ouvertement dans le conflit pour défendre l’un ou l’autre des adversaires.
  • Les grandes puissances (UE, Russie, États-Unis) interviennent pour favoriser une solution pacifique (négociations de Montreux en 2014) mais défendent aussi leurs intérêts. ­Protectrice du régime syrien, la Russie s’oppose à toute intervention de l’ONU.
  • Les islamistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) tentent de s’implanter dans le pays.
  • La guerre civile syrienne s’avère très internationalisée. Les intérêts en jeu expliquent ce caractère.

II. Les enjeux croisés de la région

1. Enjeux politiques et idéologiques

  • Irak, Iran, Turquie rivalisent pour imposer leur leadership régional.
  • Chaque État incarne un type de régime qu’il veut voir se répandre ou maintenir : démocratie parlementaire (Israël, Liban), république islamique (Iran), monarchie parlementaire (Jordanie), dictature militaire nationaliste (Syrie).
  • L’existence de l’État d’Israël, fondé en 1948, est contestée par les Palestiniens et les États arabes. Un état de guerre chronique menace en permanence d’embraser la région (à propos du Golan notamment).

2. Le problème des minorités

  • De nombreuses minorités ethniques (Kurdes, Druzes, Arméniens) revendiquent le droit à disposer d’elles-mêmes, à l’autonomie ou à une forme de reconnaissance.
  • Les minorités religieuses (maronites du Liban, chiites en Irak ou Syrie, sunnites en Iran, chrétiens en Syrie) demandent la liberté de culte.
 

Conseil

N’hésitez pas à utiliser la carte pour montrer à l’examinateur que vous savez localiser les sites ou ressources que vous évoquez.

3. Ressources et lieux saints

  • Les réserves de pétrole attisent les convoitises ; les oléoducs qui traversent la région sont des cibles stratégiques sensibles.
  • L’eau est rare et disputée entre riverains des principaux fleuves : Jourdain entre Libanais, Israéliens, Jordaniens et Palestiniens ; Euphrate entre Turcs, Syriens et Irakiens.
  • Le contrôle des lieux saints (Jérusalem) mobilisent musulmans, chrétiens et juifs du monde entier et impliquent les États dont ils sont les ressortissants.

Conclusion

La Syrie est un exemple caractéristique des tensions et conflits qui déstabilisent les pays du Proche-Orient. Les intérêts économiques, religieux et politiques y sont si bien imbriqués qu’ils entretiennent rivalités, guerres, coups d’État ou insurrections, repoussant régulièrement l’instauration d’une paix durable dans la région.