Les territoires dans la mondialisation : une inégale intégration

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Les territoires dans la mondialisation
Type : Composition | Année : 2013 | Académie : France métropolitaine
Corpus Corpus 1
Les territoires dans la mondialisation : une inégale intégration

Les territoires dans la mondialisation

hgeT_1306_07_02C

Géographie

34

France métropolitaine • Juin 2013

composition

Les clés du sujet

Analysez le sujet

Les termes du sujet

 

Terme

Définition

mondialisation

Mise en relation des différentes parties du monde par des flux. La mondialisation est inséparable du capitalisme qui l’a mise en place.

territoires

Espace que s’est approprié l’humanité, animé par ses populations, structuré par ses activités et ses flux.

intégration

Le terme renvoie au degré d’appartenance à la mondialisation. L’intégration se mesure par les flux qui relient un territoire au système global. Plus un territoire est connecté, plus il est intégré et plus il joue un rôle moteur dans ce système.

 

La problématique

Quelle typologie des territoires peut-on établir en fonction de leur inégale participation à la mondialisation ? Quelles sont les caractéristiques des pôles et espaces majeurs du système global, et celles des territoires restés en marge ? Quelles sont les conséquences socio-spatiales d’une intégration inégale dans la mondialisation ?

Pour des raisons pratiques, on pourra se limiter à un plan en deux parties, analysant successivement les territoires intégrés et ceux en voie plus ou moins avancée d’intégration.

Utilisez les mots clés


 

Évitez les pièges

  • Attention à rester dans des dimensions raisonnables ! Vous pouvez laisser les espaces maritimes de côté, dans la mesure où ce ne sont pas des « territoires » au sens strict. Si vous pouvez utiliser l’exemple de ville mondiale que vous avez étudié, le sujet est bien centré sur la typologie des territoires en fonction de leur intégration à la mondialisation.
  • Veillez à ne pas limiter votre copie à un plan national. Il faut savoir varier les échelles d’analyse, ce qui est le propre de la géographie. Voyez par exemple comment chaque partie du corrigé en change progressivement.
Corrigé
Corrigé

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche] La mondialisation, ce processus de mise en relation des espaces mondiaux, est un phénomène planétaire. Pourtant, les territoires n’en semblent pas également concernés. La mondialisation n’est peut-être alors pas aussi « globale »…

[Problématique] Les territoires sont en effet caractérisés par une intégration très différenciée à la mondialisation. Cette intégration renvoie au degré d’appartenance au système global, mesuré par les flux. Dès lors, quelle typologie des territoires la mondialisation produit-elle ? Les uniformise-t-elle ou les différencie-t-elle ? Autrement dit, quels en sont les effets géographiques ?

[Annonce du plan] La mondialisation produit des effets à tous les niveaux d’échelle de l’espace. Les territoires bien intégrés ne bénéficient pas du même degré d’appartenance au système global. Quant aux territoires les moins intégrés, leurs dynamiques propres produisent des discontinuités spatiales.

I. Les territoires intégrés à la mondialisation

1. Les mécanismes de l’intégration

Conseil

Vous pouvez développer les caractéristiques des FTN en donnant quelques chiffres.

  • L’intégration à la mondialisation est d’abord et avant tout le fait des firmes transnationales (FTN). Dès lors, il s’agit pour les territoires d’attirer ces FTN par des efforts de compétitivité.
  • Une condition est indispensable pour s’intégrer à un système structuré par les flux : l’accessibilité. La mondialisation est le triomphe des interfaces et des réseaux à hautes performances (hubs et plates-formes multimodales, réseaux à grande vitesse).
  • L’attractivité des territoires détermine leur intégration : marché de consommation puissant, haut niveau de formation, stabilité politique, main-d’œuvre peu coûteuse, matières premières, etc. Ces différents facteurs donnent à chaque territoire sa place spécifique dans la mondialisation.

2. Anciens et nouveaux centres d’impulsion et leurs périphéries

  • Le Nord conserve encore sa suprématie. Les pôles de la Triade (États-Unis, Japon, Union européenne) demeurent les centres d’impulsion de la mondialisation, concentrant les lieux de pouvoir et de création de richesse : sièges des FTN, centres financiers, etc. Accolées à ces pôles de la Triade, des périphéries plus ou moins intégrées : l’Europe orientale pour l’UE par exemple. Parfois, ces périphéries sont en voie d’émergence.
  • Les pays émergents sont sur une trajectoire de convergence avec les pays développés. Ces périphéries émergent grâce à leur intégration dans la mondialisation, et structurent à leur tour d’autres territoires : ainsi les FTN chinoises investissent-elles en Afrique.
  • À d’autres échelles, certains territoires se sont constitués en tant que centres d’impulsion de la mondialisation, comme les paradis fiscaux – les Îles vierges britanniques par exemple – ou les zones franches – tel Panama.

3. Les processus multiscalaires de la métropolisation

  • Les têtes de la mondialisation sont les grandes métropoles mondiales. Ce sont des centres producteurs de flux, qui concentrent les services de très haut niveau, avec une accessibilité maximale. Quatre villes globales (New York, Londres, Paris, Tokyo) en pilotent le réseau.

Conseil

Vous pouvez citer quelques exemples de métropoles mondiales, voire détailler en exemple l’une d’entre elles.

  • Ces métropoles mondiales sont en effet reliées entre elles. À l’échelle régionale, elles se rassemblent en mégalopoles, telle la megalopolis américaine entre Boston et Washington. À l’échelle mondiale, elles forment l’archipel mégalopolitain mondial, qui domine la planète.
  • À une autre échelle, les centres-villes ou quartiers d’affaires, tel La Défense à Paris, concentrent les fonctions de commandement. Lieux de pouvoir, ce sont donc des espaces qui manient les symboles, tel le gratte-ciel Burj Khalifa à Dubaï…

[Transition] À l’opposé de ces lieux au cœur de la richesse globalisée, se trouvent des territoires peu ou mal intégrés à la mondialisation, souvent synonymes de pauvreté.

II. Les territoires peu ou mal intégrés à la mondialisation

1. Des territoires mal intégrés, mais en voie d’intégration ?

  • À l’échelle de la planète, les pays les moins intégrés à la mondialisation sont également les plus pauvres. Une grande partie d’entre eux se situent en Afrique subsaharienne.
  • Des capitaux sont nécessaires pour investir dans le facteur humain et dans les infrastructures. Aussi le développement ne peut-il venir que de l’ouverture, de l’intégration progressive à la mondialisation, via les investissements directs étrangers (IDE) des FTN.
  • C’est ce qui explique des taux de croissance économique de 5 % par an en moyenne en Afrique subsaharienne dans la dernière décennie. Encore faut-il que cette croissance profite à la population.

2. La production d’un espace intégré discontinu

  • À l’échelle infranationale, l’intégration progressive de zones jusque-là marginalisées produit des distorsions spatiales. Les disparités s’accroissent entre les lieux connectés et ceux qui ne le sont pas.
  • L’intégration se fait par archipels, connectés au reste du système mondialisé, laissant les autres zones à l’écart. Les grandes stations littorales de Bali connaissent ainsi une activité stimulée par les touristes internationaux, mais l’intérieur de l’île demeure misérable.
  • Les villes, là encore, sont les premières bénéficiaires de l’intégration, surtout quand elles sont en position littorale ou frontalière, portuaire ou aéroportuaire. Les populations rurales quant à elles en sont presque toujours exclues.

3. Intégrations et désintégrations sociales

Info

Un indicateur fréquemment utilisé pour mesurer les inégalités sociales est le coefficient de Gini.

  • L’intégration à la mondialisation produit, en même temps qu’un enrichissement global, une augmentation des inégalités sociales. La Chine, par exemple, se situe au 29e rang des pays les plus inégalitaires du monde.
  • Les phénomènes de ségrégation socio-spatiale conduisent à des effets géographiques puissants à l’échelle urbaine, comme l’entassement des populations défavorisées dans des bidonvilles et l’enfermement des riches dans des quartiers protégés (gated communities).
  • Les sociétés du Nord témoignent de phénomènes similaires. Les couches sociales les plus fragiles connaissent parfois un recul de leur niveau de vie, paupérisant des banlieues que les politiques urbaines tentent de rénover. La mondialisation produit aussi de la désintégration sociale

Conclusion

[Bilan] L’intégration des territoires dans la mondialisation est donc le fait d’une mise en concurrence de leurs facteurs d’accessibilité et de compétitivité. La Triade, l’archipel mégalopolitain mondial et les villes globales en constituent les espaces moteurs. Ces centres d’impulsion connectent des périphéries sans cesse plus étendues. Les territoires en marge de la mondialisation sont, quant à eux, amenés à s’intégrer de façon discontinue.

[Réponse] L’intégration des territoires à la mondialisation est donc inégale, même si elle progresse. Cette inégalité institue de fait une hiérarchie des territoires. La mondialisation produit de la différenciation à toutes les échelles, bien loin d’uniformiser l’espace.

[Élargissement] La réponse des sociétés à cette intégration dans la mondialisation est variable. Pourtant, de celle-ci dépend la place de chaque pays, et de ses populations, dans le monde du xxie siècle.