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Limiter le réchauffement climatique : un enjeu planétaire

étude critique de document Sujet zéro 2020

Limiter le réchauffement climatique : un enjeu planétaire

2 heures

10 points

Intérêt du sujet • Le changement climatique a été assez tôt un sujet d'inquiétude au sein des Nations unies. Ce texte de 1979 montre l'importance de la recherche d'une action mondiale pour préserver l'environnement.

 

En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, répondez à la question suivante : pourquoi et comment le changement climatique devient-il un enjeu des relations internationales ?

DocumentExtrait de la déclaration finale de la Conférence mondiale sur le climat

Du 12 au 23 février 1979, la Conférence mondiale sur le climat a réuni à Genève un groupe d'experts et de scientifiques issus de 50 pays, sous le patronage de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et avec la collaboration de plusieurs organismes internationaux.

Considérant l'influence prédominante que le climat exerce sur la société humaine et compte tenu de l'importance croissante que les facteurs climatiques revêtent pour de nombreux aspects des activités et des entreprises humaines, la conférence estime qu'il est devenu indispensable et urgent que les pays du monde entier :

a) tirent pleinement parti des connaissances actuelles sur le climat ;

b) prennent des mesures pour approfondir sensiblement ces connaissances ;

c) prévoient et préviennent celles des conséquences possibles de l'action de l'homme sur le climat qui pourraient nuire au bien-être de l'humanité.

Le problème

Le climat mondial a lentement évolué au cours des millénaires, des siècles et des décennies écoulés et il continuera de se modifier à l'avenir. Or, si l'homme peut tirer profit de conditions climatiques favorables, il est aussi vulnérable aux changements et aux variations du climat comme aux manifestations de conditions extrêmes telles que les sécheresses et les inondations. L'alimentation, l'eau, l'énergie, l'habitat et la santé sont autant d'aspects de la vie humaine qui dépendent fortement du climat. Les mauvaises récoltes céréalières et le déclin marqué de certains types de pêches qui se sont produits récemment mettent l'accent sur cette vulnérabilité.

Or, même des variations normales et de faibles changements par rapport aux conditions climatiques normales peuvent exercer une influence importante sur les activités de l'homme.

Si tous les pays sont vulnérables aux variations climatiques, les pays en développement, surtout ceux qui sont situés dans des zones arides et semi-arides ou au contraire très pluvieuses, le sont plus particulièrement. Il est toutefois possible d'atténuer les répercussions néfastes de ces variations et même d'en tirer parti en mettant à profit les connaissances climatologiques disponibles. Les climats des différents pays du globe sont interdépendants. C'est pour cette raison, et aussi à cause de la demande croissante de ressources émanant d'une population mondiale en expansion et qui lutte pour améliorer ses conditions de vie, qu'il est urgent d'élaborer une stratégie globale commune visant à mieux comprendre le climat et à l'utiliser de façon plus rationnelle.

Or, sans le vouloir, l'homme moderne modifie le climat à l'échelon local et aussi, dans une moindre mesure, à l'échelle régionale. On peut donc sérieusement craindre qu'en intensifiant sans cesse ses activités l'homme ne provoque des changements climatiques dont l'effet se ferait sentir dans toute une région, voire dans le monde entier. Cette éventualité ne fait qu'accentuer le caractère urgent d'une action mondiale concertée visant à étudier l'évolution possible du climat mondial et à utiliser les nouvelles connaissances ainsi acquises pour organiser le développement futur de notre société.

Organisation météorologique mondiale, Déclaration finale de la Conférence mondiale sur le climat tenue à Genève du 12 au 23 février 1979.

 

Les clés du sujet

Identifier le document

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Comprendre la consigne

Les sociétés humaines sont de plus en plus touchées par des phénomènes climatiques extrêmes. Les acteurs (citoyens, scientifiques, ONG et États) sont désormais sensibilisés à ce problème.

Comment le changement climatique devient-il un enjeu des relations internationales ?

Dégager la problématique et construire le plan

Le document montre l'accélération des dérèglements climatiques, à l'échelle mondiale. La déclaration veut sensibiliser les populations à ces questions en s'appuyant sur les scientifiques.

Dans quelle mesure cette déclaration sur le climat en 1979 tente-t-elle de sensibiliser les dirigeants et l'opinion publique au changement climatique ? Un plan analytique en trois parties s'impose pour répondre à cette question.

Tableau de 1 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 1 lignes ;Ligne 1 : I. L'augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes; Comment les sociétés ont été marquées par les fluctuations climatiques ? Quels sont les phénomènes météorologiques extrêmes ?Dans quelle mesure les pays sont-ils inégaux face au changement climatique ?;
Tableau de 2 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 2 lignes ;Ligne 1 : II. Le monde face au changement climatique; Pourquoi le changement climatique est-il un phénomène mondial ?Comment lutter contre le réchauffement climatique ?; Ligne 2 : III. Le rôle des scientifiques et de la société; Quel est le rôle des scientifiques ?Quel rôle peut jouer la société ?;

Les titres et les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche] L'ancien secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a dit : « Le changement climatique s'est produit à cause du comportement humain, il est donc naturel que ce soit aux êtres humains de résoudre ce problème ». [Présentation du sujet] Ban Ki-moon souligne qu'il est temps de passer du constat aux actes. Le document proposé revient sur cette question puisqu'il s'agit d'extraits de la déclaration finale de la Conférence mondiale sur le climat organisée à Genève en février 1979. Elle montre que les sociétés ont une parfaite connaissance du changement climatique et qu'il convient désormais d'agir à différentes échelles pour y remédier.

mot clé

Le changement climatique désigne l'ensemble des modifications du climat, caractérisées depuis la fin du xixe siècle par un réchauffement.

[Problématique] Dans quelle mesure cette déclaration sur le climat en 1979 tente-t-elle de sensibiliser les dirigeants et l'opinion publique au changement climatique ? [Annonce du plan] La déclaration constate d'abord une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes, [I] elle affirme ensuite que l'ensemble des espaces sont concernés par cette question, [II] avant de développer un discours scientifique qui doit constituer la base de toute action. [III].

I. L'augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes

1. Un phénomène global

Les changements climatiques ont marqué les sociétés à travers l'histoire : « Le climat mondial a lentement évolué au cours des millénaires, des siècles et des décennies écoulés » (l. 13-14). En effet, des périodes de réchauffement comme l'optimum climatique médiéval, au Moyen Âge, ont alterné avec des phases de refroidissement, comme le Petit Âge glaciaire à l'époque moderne.

L'ensemble du globe est concerné, à des degrés divers par les variations climatiques : « Les climats des différents pays du globe sont interdépendants » (l. 31-32). Ce qui se passe dans un lieu a des répercussions à des milliers de kilomètres. C'est le cas de la fonte des glaces qui provoque une hausse du niveau des mers, dont les espaces insulaires sont les premières victimes.

2. Les inégalités face aux changements climatiques

Les principales victimes vivent dans l'hémisphère sud, dans des pays pauvres ou émergents : « Si tous les pays sont vulnérables aux variations climatiques, les pays en développement […] le sont plus particulièrement » (l. 26-29). Une région touchée par des phénomènes métérorologiques extrêmes est d'autant plus vulnérable qu'elle est pauvre. Ainsi, le Japon se remet plus rapidement des catastrophes qui le touchent régulièrement qu'Haïti du séisme de 2010.

Le secret de fabrication

La comparaison est particulièrement appréciée pour mener votre raisonnement. En prenant ici le contraste entre un pays riche et un pays pauvre, vous montrez que la vulnérabilité dépend de la situation économique du pays.

Toutefois, ce sont les pays du Nord qui dirigent les débats puisque la conférence se tient à Genève et les 50 représentants de gouvernements appartiennent essentiellement à des pays riches. En outre, en 1979, une partie des pays africains et asiatiques, qui ont gagné leur indépendance depuis peu, ont du mal à s'insérer dans les organisations internationales.

[Transition] L'observation du réchauffement climatique montre qu'il s'agit d'un phénomène mondial et multiscalaire.

II. Le monde face au changement climatique

1. Les changements à l'échelle locale

En 1979, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) constate que l'homme par ses activités agit sur les territoires du quotidien : « sans le vouloir, l'homme moderne modifie le climat à l'échelon local et aussi, dans une moindre mesure, à l'échelle régionale » (l. 38-39). Des activités comme la surpêche en mer de Chine agissent ainsi sur l'équilibre mondial.

conseil

Le texte est très théorique, n'hésitez donc pas à l'illustrer par des exemples concrets issus de vos connaissances.

Cette vulnérabilité impacte les besoins primaires dans ces pays souvent en difficulté : « L'alimentation, l'eau, l'énergie, l'habitat et la santé sont autant d'aspects de la vie humaine qui dépendent fortement du climat » (l. 18-20). Le changement climatique provoque sécheresse et mauvaises récoltes, ce qui entraîne par exemple la sous-alimentation et le difficile accès à l'eau potable dans des pays comme le Congo.

2. Du local au global

Si les effets du changement climatique se ressentent à l'échelle locale, le texte essaie habilement de créer une cause commune à plusieurs endroits : « la société humaine » (l. 1-2), « une population mondiale » (l. 33-34), « le monde entier » (l. 42-43) et « notre société » (l. 46). Les auteurs essaient donc de rassembler l'ensemble des pays par l'usage progressif du « nous ».

Le secret de fabrication

Les copies qui étudient le type de langage employé, l'usage des pronoms personnels et les répétitions sont assez rares. C'est pourtant un bon moyen de comprendre les objectifs de l'auteur, surtout lorsqu'il s'agit d'une déclaration aspirant à avoir un rayonnement mondial.

Pour accélérer le rassemblement et la prise de conscience, les auteurs de la déclaration insistent sur « le caractère urgent d'une action mondiale » (l. 43-44). Après avoir sensibilisé aux impacts des changements climatiques, le texte appelle ici à une action mondiale et rapide.

[Transition] La déclaration, solidement construite, aspire à montrer l'interconnexion du monde et le fait que le changement climatique concerne tous les humains. Pour répondre à ce problème global, il faut s'appuyer sur la communauté scientifique.

III. Le rôle des scientifiques et de la société civile

1. De meilleures connaissances

Le texte insiste particulièrement sur le travail des scientifiques, il souhaite que les pays « tirent pleinement parti des connaissances actuelles sur le climat » (l. 6) et des « nouvelles connaissances ainsi acquises » (l. 45-46). Si les réflexions sur le climat ont commencé dès l'époque moderne, notamment avec Buffon au xviiie siècle, les travaux s'accentuent depuis 1945.

Cette connaissance doit cependant encore s'affiner : il faut « approfondir sensiblement ces connaissances » (l. 7-8). Cet appel a été entendu puisqu'en 1988 est créé le GIEC qui dépend de l'OMM.

mot clé

Le GIEC (Groupe international d'experts sur l'évolution du climat), qui rassemble 195 pays, est chargé d'évaluer les risques liés au réchauffement climatique d'origine humaine.

2. L'urgence de l'action

Cette connaissance approfondie a pour but d'aboutir à une action globale pour limiter les changements climatiques, car il est « possible d'atténuer les répercussions néfastes de ces variations » (l. 29-30). L'OMM aspire donc à limiter les bouleversements climatiques mondiaux, dont le réchauffement au premier rang, par une gouvernance mondiale.

Cette action des États et des Nations unies ne peut toutefois fonctionner qu'en s'appuyant sur des citoyens sensibilisés à ce problème. C'est pour cela que la déclaration rappelle que le climat concerne le « bien-être de l'humanité » (l. 10-11) et « le développement futur de notre société » (l. 46). La société doit s'emparer de ces questions pour favoriser une véritable action à l'échelle mondiale.

Conclusion

[Réponse à la problématique] La déclaration de 1979 constitue une sorte d'acte fondateur de la lutte contre le réchauffement climatique lié aux activités humaines. Cependant, ce texte ne montre pas la réception de ces idées au sein de l'opinion publique. Il serait sans doute intéressant de consulter un article de presse ou une caricature de l'époque pour savoir si la population s'est intéressée à cette conférence. [Ouverture] Ce texte date de 1979 ; pourtant, les Nations unies, quatre décennies plus tard, ne parviennent pas à imposer une lutte ambitieuse contre le réchauffement climatique, comme le montrent les limites de l'accord de Paris signé en 2015.

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