Marivaux, Les Fausses Confidences, acte I, scène 2

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : Marivaux, Les Fausses Confidences - Théâtre et stratagème
Type : Sujet d'oral | Année : 2020 | Académie : Inédit

Sujet d’oral • Explication & entretien

Marivaux, Les Fausses Confidences, acte I, scène 2

20 minutes

20 points

1. Lisez le texte à voix haute.
Puis proposez-en une explication.

Document 

Dubois. – Laissons cela, monsieur ; tenez, en un mot, je suis content de vous ; vous m’avez toujours plu ; vous êtes un excellent homme, un homme que j’aime ; et si j’avais bien de l’argent, il serait encore à votre service.

Dorante. – Quand pourrai-je reconnaître tes sentiments pour moi ? Ma fortune serait la tienne ; mais je n’attends rien de notre entreprise, que la honte d’être renvoyé demain.

Dubois. – Eh bien ! vous vous en retournerez.

Dorante. – Cette femme-ci a un rang dans le monde ; elle est liée avec tout ce qu’il y a de mieux, veuve d’un mari qui avait une grande charge dans les finances ; et tu crois qu’elle fera quelque attention à moi, que je l’épouserai, moi qui ne suis rien, moi qui n’ai point de bien ?

Dubois. – Point de bien ! votre bonne mine est un Pérou. Tournez-vous un peu, que je vous considère encore ; allons, monsieur, vous vous moquez ; il n’y a point de plus grand seigneur que vous à Paris ; voilà une taille qui vaut toutes les dignités possibles, et notre affaire est infaillible, absolument infaillible. Il me semble que je vous vois déjà en déshabillé dans l’appartement de madame.

Dorante. – Quelle chimère !

Dubois. – Oui, je le soutiens ; vous êtes actuellement dans votre salle et vos équipages sont sous la remise.

Dorante. – Elle a plus de cinquante mille livres de rente, Dubois.

Dubois. – Ah ! vous en avez bien soixante pour le moins.

Dorante. – Et tu me dis qu’elle est extrêmement raisonnable.

Dubois. – Tant mieux pour vous, et tant pis pour elle. Si vous lui plaisez, elle en sera si honteuse, elle se débattra tant, elle deviendra si faible, qu’elle ne pourra se soutenir qu’en épousant ; vous m’en direz des nouvelles. Vous l’avez vue et vous l’aimez ?

Dorante. – Je l’aime avec passion ; et c’est ce qui fait que je tremble.

Dubois. – Oh ! vous m’impatientez avec vos terreurs. Eh ! que diantre ! un peu de confiance ; vous réussirez, vous dis-je. Je m’en charge, je le veux, je l’ai mis là. Nous sommes convenus de toutes nos actions, toutes nos mesures sont prises ; je connais l’humeur de ma maîtresse ; je sais votre mérite, je sais mes talents, je vous conduis ; et on vous aimera, toute raisonnable qu’on est ; on vous épousera, toute fière qu’on est ; et on vous enrichira, tout ruiné que vous êtes, entendez-vous ? Fierté, raison et richesse, il faudra que tout se rende. Quand l’amour parle, il est le maître ; et il parlera. Adieu, je vous quitte ; j’entends quelqu’un, c’est peut-être M. Remy ; nous voilà embarqués, poursuivons. (Il fait quelques pas, et revient.) À propos, tâchez que Marton prenne un peu de goût pour vous. L’amour et moi, nous ferons le reste.

Marivaux, Les Fausses Confidences, acte I, scène 2, 1737.

2. question de grammaire. Transformez la réplique de Dorante aux lignes 9 à 13 en discours indirect, comme si vous rapportiez ses paroles.

 

Conseils

1. Le texte

Faire une lecture expressive

Faites des pauses entre les répliques, pour que votre examinateur comprenne bien que vous changez de personnage.

Marquez la différence de ton entre Dorante, indécis, et Dubois, qui est sûr de lui.

Situer le texte, en dégager l’enjeu

Précisez que cet extrait constitue une partie de l’exposition : les personnages y dévoilent le stratagème sur lequel se fonde l’intrigue.

Soulignez l’importance de ce passage, qui présente Dorante et Dubois et qui dessine, à travers leur dialogue, un premier portrait d’Araminte, jeune et riche veuve dont Dorante s’est épris.

2. La question de grammaire

Repérez les pronoms personnels : au discours indirect, ils doivent être modifiés.

Réfléchissez aux verbes de parole que vous allez employer. Pour cela, identifiez la modalité des phrases : sont-elles déclaratives, interrogatives, exclamatives ?

Pour lire la suite :